5 jours à Tbilissi

La capitale géorgienne a donc été la dernière étape de notre tour du Monde. Nous sommes arrivés très tôt le matin après un vol de seulement une demi-heure depuis Erevan. Nous aurions pu choisir la voie terrestre. Mais il fallait compter environ 7 heures de route. Nous avions loué une nuit de plus à Tbilissi pour disposer de notre appartement dès notre arrivée. A 7 heures, nous étions dans notre nouvelle location. Et nous nous sommes recouchés à peine arrivés…

L’appartement était situé avenue David Aghmashenebeli sur la rive gauche du fleuve Koura (débouchant en Azerbaïdjan sur la Caspienne). C’est une très belle avenue bordée de petits immeubles au style néo-classique rappelant fortement certaines avenues de Saint-Pétersbourg. Notre appartement, à l’allure de loft d’artiste, était au dernier étage d’un immeuble réhabilité.

Quelques heures après notre arrivée, nous sommes partis à la découverte du quartier. Nous avons immédiatement été saisis du fort contraste avec Erevan. Autant à Erevan, nous avions l’impression d’être dans une ville très fermée avec une population austère, froide et désagréable. Autant à Tbilissi, nous avons eu le sentiment de découvrir une capitale moderne, ouverte sur le Monde. Les gens avaient un comportement normal avec nous. Ils nous croisaient dans la rue sans se retourner sur nous ou nous jeter des regards noirs. Dans les commerces, les gens nous disaient « bonjour », « au revoir », « merci » et même nous souriaient parfois. Tout cela paraît sans doute normal. Et pourtant nous avons été surpris après la froideur rencontrée dans le pays voisin.

Tbilissi est une très belle ville qui donne une impression de dynamisme, mélange d’un important patrimoine historique et de bâtiments modernes à l’architecture élégante. Les bords du fleuve sont joliment aménagés.

 

6 jours passés en Arménie

Erevan a été la première étape de notre court séjour dans le Caucase, entre Arménie et Géorgie. Après un voyage de 24 heures un peu éprouvant pour sa longueur, mais finalement confortable dans les avions d’Aeroflot, nous sommes arrivés à Erevan à 1 heure du matin. Nous avions demandé à notre hôte de nous organiser un transfert depuis l’aéroport jusqu’à l’appartement car c’est un luxe appréciable de savoir que quelqu’un nous attend quand nous arrivons dans un nouveau pays, surtout quand c’est en pleine nuit.

Les bagages récupérés, nous nous sommes dirigés vers la sortie. Nous attendait un homme pas très rassurant de prime à bord, trapu, les cheveux presque rasés, avec des tatouages sur tout le corps jusqu’au visage. Il était accompagné d’un acolyte, grand et mince. Les deux, ensemble, donnaient l’impression d’être des hommes de main de la mafia locale. En fait, le premier était notre hôte, Eric. Il nous a accueillis avec le sourire et nous a mis à l’aise tout de suite. Après 20 minutes de route, nous avons découvert le superbe appartement où nous allions loger, nous sommes allés au supermarché en bas de l’immeuble (ouvert 24h sur 24) pour acheter quelques boissons et de quoi faire un petit-déjeuner le lendemain et puis, à notre grand soulagement, nous nous sommes allongés pour profiter d’un sommeil réparateur.

Le lendemain en nous levant, nous avons découvert la superbe vue sur la cathédrale Saint-Grégoire, située à 50 m de l’immeuble. Le temps était ensoleillé. Notre façade étant exposée à l’ouest, la cathédrale était illuminée de la douce lumière matinale. Derrière elle, un large panorama de la ville en terrasse d’Erevan s’offrait à nos yeux. Et au fond, nous apercevions le mont Aragats enneigé (4090 m). Erevan se situe elle-même à peu près à 1000 m d’altitude. Notre appartement était magnifique, bien équipé et nous bénéficions d’un support permanent du staff de l’immeuble : une jeune fille présente toute la journée pour nous donner des conseils, Eric qui passait de temps en temps, les gardiens en bas de l’immeuble. Tous étaient souriants, sympathiques et dévoués.

Malheureusement, ce sont à peu près les seules personnes sympathiques que nous ayons rencontrées durant notre séjour. Je me rappelle encore de trois dames souriantes à l’accueil du musée de l’Arménie et encore une autre à l’entrée du mémorial du génocide arménien. Et voilà, c’est à peu près tout. Pour le reste, je ne me pas rappelle pas d’avoir été dans un lieu avec une telle impression désagréable d’être persona non grata. Dans la rue, dans les supermarchés, à l’entrée des musées, dans les églises, au restaurant, dans les transports, les gens nous toisaient avec des regards scrutateurs et ouvertement hostiles. Répondre à ces regards noirs par des sourires ne changeaient en rien leur attitude. Même les filles s’en sont rendues compte. Pas de sourire, mais pas de « bonjour », de « merci », ni de quelque mot que ce soit, juste une attitude glaciale. Quelle en est la raison? J’avoue l’ignorer totalement. Pourtant, partout la relation forte entre l’Arménie et la France est vantée. Charles Aznavour, le franco-arménien, est un héros national. J’ai pensé un temps que c’était leur façon d’être y compris entre eux. Mais au bout du compte, je pense qu’il y a autre chose. Est-ce une fermeture de principe à tout ce qui vient de l’étranger et aux touristes? Est-ce une souffrance par rapport à leur histoire dont ils n’arrivent pas à se départir? Est-ce de la jalousie? Cela reste un mystère à mes yeux. J’ai beaucoup aimé la ville d’Erevan et la campagne alentour que nous avons eu l’occasion de visiter en voiture. Mais cette attitude des arméniens nous a un peu gâché le plaisir. Je me rends compte qu’en écrivant ces lignes, je peux blesser certaines personnes qui les liront. Je m’en excuse par avance auprès d’elles. Malheureusement, la sincérité de ce que j’écris est réelle. Et cela m’attriste.

Evidemment, après le Japon où les gens étaient aussi aimables et souriants, cela a été un choc. Mais nous avons fait contre mauvaise fortune bon coeur, en nous intéressant à la ville et au pays. Heureusement, en rentrant de nos escapades nous retrouvions le staff charmant de l’immeuble ainsi que notre très bel appartement.

La ville n’est pas très grande. Nous avons emprunté plusieurs fois le métro pour nous rapprocher des centres d’intérêts, situés à une ou deux stations de chez nous. Le métro date de l’époque soviétique. Il ressemble dans sa conception aux métros de Moscou et Saint-Pétersbourg, mais en beaucoup moins luxueux. Sa construction a été terminée dans les années 80. Mais, il semble avoir été construit au début du siècle dernier tant il est vétuste, bruyant, humide. Les filles riaient beaucoup avec les escalators extrêmement rapides, les plus rapides que je n’ai jamais vus.


Vue sur la cathédrale Saint-Grégoire depuis notre appartement, matin


Vue sur la cathédrale Saint-Grégoire depuis notre appartement, début d’après-midi

 

Tokyo

L’ère urbaine de Tokyo compte près de 43 millions d’habitants, ce qui fait d’elle la plus grande mégapole du Monde. Au recensement de juin 2018, la population de Tokyo même atteignait 13,8 millions d’habitants. Les images associées à la ville sont généralement celles d’une ville ultra-moderne, d’un urbanisme effréné, de tours enchevêtrées, de rues et de transports en commun surpeuplés. J’ai été surpris de découvrir une ville différente et bien plus complexe. Dans l’ensemble, la ville est plutôt calme et presque silencieuse en comparaison des villes d’Asie du sud-est. Elle ne compte qu’une vingtaine d’immeubles dépassant les 200 mètres et seulement deux structures au-dessus de 300 mètres : la tour de Tokyo (forme de Tour Eiffel de 322 m de haut construite entre 1957 et 1958), et la Tokyo Sky tree (qui est une tour d’observation de 634 m inaugurée en 2012). Sorti des quartiers d’affaires et du centre, l’habitat est plutôt de taille modeste. Par exemple, dans le quartier où nous sommes, les immeubles dépassent rarement 3 niveaux et l’habitat est constitué principalement de maisons de villes, les rues sont étroites et on croise beaucoup plus de personnes à pied ou en vélo que de voitures. En outre, les tokyoïtes ont la chance de disposer de nombreux espaces verts dans le centre de la ville.

Sur le plan culturel, Tokyo a su préserver un riche patrimoine. La ville qui se dénommait auparavant Edo (« porte de la rivière », en référence à la rivière Sumida qui la traverse), est devenue capitale au début de l’ère Meiji (1868), lorsque l’empereur décida de s’y installer. Elle prit le nom de Tokyo signifiant « capitale de l’est » par opposition à Kyoto, l’ancienne « ville capitale ». Sans atteindre la richesse architecturale de Kyoto, Tokyo compte aussi de beaux exemples de temples japonais, shintoïstes ou bouddhistes, qui montrent l’attachement des tokyoïtes à leur histoire et à leurs traditions. Evidemment, Tokyo dispose de nombreux musées, ce qui nous aura permis d’occuper les quelques journées pluvieuses de notre séjour. Mais je ne serai pas complet, si je ne parlais pas des robots et des mangas. Ils sont très présents sur les panneaux publicitaires et dans les vitrines des boutiques. Cette fascination pour ces objets kitsch restent à mes yeux un mystère tant ils tranchent avec la sobriété et même l’austérité de la culture japonaise classique. Peut-être est-ce une forme de réaction vis-à-vis de la pression sociale qui pèse sur les individus en matière d’image, confinant à une forme de conformisme.

 

Kyoto

Kyoto fut capitale du Japon entre 794 et 1868. La ville a gardé de cette longue période, des trésors architecturaux et un patrimoine culturel inestimables. Elle semble souvent baignée dans la nostalgie de ces temps révolus. Les habitants se plaisent à entretenir cette relation avec le passé. C’est, par exemple, la ville où nous avons vu le plus de personnes déambuler en kimonos dans les rues. C’est particulièrement vrai sur les sites culturels où les femmes sont souvent parées de somptueux kimonos fleuris et colorés. Mais Kyoto est également une grande ville moderne qui compte 1,5 millions d’habitants.

Durant les 11 jours que nous avons passé à Kyoto, nous avons pu ressentir cette ambivalence entre tradition et modernité. Nous avons séjourné dans un petit appartement décoré de nombreux objets japonais : samouraïs miniatures, masques traditionnels, éventail, kimono accroché au mur, linge ornemental sur les lits et la table décoré d’estampes japonaises… L’appartement était petit mais extrêmement bien agencé avec tout le confort moderne. Nous avons eu la surprise de constater qu’il était également très bien équipé en ustensiles de cuisine. Comme il y avait un supermarché à quelques centaines de mètres de chez nous, nous avons cuisiné tous les jours. Tous les produits alimentaires étaient d’une qualité remarquable : viande délicieuse, poisson de grande fraîcheur, légumes et fruits savoureux. Sans voiture, nous ne pouvions pas faire de « plein de courses ». Du coup, nous y allions tous les jours. Nous étions devenus des habitués. Ce qui nous a frappés, c’est que tous les produits sont disponibles en petites quantités.

Nous étions situés à une station de train de la gare centrale de Kyoto, soit environ 15 minutes de porte à porte. Pour visiter la ville, nous avons jonglé entre les 2 lignes de métros, les lignes de train qui quadrillent la ville et le réseau de bus. En effet, contrairement à Osaka, le métro de Kyoto n’est pas très développé et il n’est pas suffisant pour se rendre sur les sites d’intérêt de la ville. La première fois où nous sommes arrivés dans l’immense gare de Kyoto, nous avons eu un peu de mal à nous repérer. Mais nous sommes vite devenus des habitués. Au bout de quelques jours, nous circulions quasiment les yeux fermés entre les correspondances multiples.

Nous avons passé 11 jours de rêve à Kyoto. Tout était parfait : l’appartement, la gentillesse des gens, les merveilles de la ville, un temps ensoleillé…

 

Nara

Nara est une ville de 360.000 habitants, située à une heure de train d’Osaka. Il est possible de faire l’aller et retour dans la journée depuis Osaka. Mais l’ambiance de la ville est si douce et il y a tant à voir qu’il serait dommage de ne pas y séjourner quelques jours. Nous y sommes restés 3 nuits et 2 jours. Nous aurions pu y rester le double de temps sans nous ennuyer.

Nara a été capitale entre 710 et 784, sous le nom d’Heijo-kyo. La ville a d’ailleurs donné son nom à cette époque, réputée pour l’intense activité culturelle qui l’a accompagnée. Elle fut la première capitale fixe du pays. Auparavant, les croyances attachées au shintoïsme conduisaient à détruire les palais des rois à leurs morts et à les reconstruire en un autre lieu.

Nara possède un patrimoine culturel exceptionnel constitué de nombreux temples bouddhistes et shintoïstes classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Etant donné que notre séjour était court, nous avons choisi un hôtel près de la gare et près du centre historique pour pouvoir tout faire à pied. Nous avons eu la chance de bénéficier d’un temps ensoleillé avec des températures idéales autour de 25°C. Le premier jour, nous avons marché 15 km (ce qui est notre record depuis notre départ). Et le lendemain, nous avons encore marché 9 km. Bien sûr nous étions fatigués. Mais nous avons fait ces distances sans nous en rendre compte, tant le temps était idéal et le paysage idyllique. J’imagine qu’à la période de la floraison des cerisiers ou en automne, le décor doit être encore plus incroyable.

Nous avons fait l’impasse sur les visites de musées et nous n’avons vu qu’une partie des monuments de la ville, ceux qui sont situés autour du parc. Ce parc est le lieu de vie de plus d’un milliers de daims qui s’y promènent en totale liberté et font le bonheur des visiteurs. Selon la tradition shintoïste, le dieu de la guerre Takemikazuchi vint sur le mont Mikasa, proche de Nara, chevauchant un daim, pour protéger la cité impériale. Depuis, les daims sont considérés comme des messagers des dieux. Pendant des siècles, les passants étaient tenus de s’incliner devant eux et la peine de mort était la condamnation prévue jusqu’en 1637 pour toute personne qui tuait un daim. Leur nombre déclina fortement pendant la seconde guerre mondiale du fait de la chasse. Après la seconde guerre mondiale, ils perdirent leur caractère divin au moment de la séparation de la religion et de l’Etat. En revanche, depuis 1957, ils sont protégés en tant que « trésor naturel ».

 

Osaka

Osaka compte 2,7 millions d’habitants selon le recensement de 2015, ce qui fait d’elle la troisième ville du pays après Tokyo et Yokohama. Bâtie au IIIème siècle, la ville a depuis son origine tiré sa richesse de son port. Elle a longtemps été le centre économique du pays. Ce n’est qu’au milieu du XXème siècle que Tokyo l’a supplantée.

Bien que moins touristique que Kyoto ou Tokyo, Osaka compte plusieurs sites qui justifient d’y séjourner. La ville est réputée pour sa cuisine. L’expression kuidaore (“manger jusqu’à en tomber”) est d’ailleurs sa devise. L’une des spécialités d’Osaka est l’okonomiyaki, forme de crêpe ou d’omelette remplie d’ingrédients salés et cuite sur une plaque chauffante.

Nous avons séjourné dans un quartier calme, bien que très proche du centre-ville. Notre appartement était situé près de la station de métro Hanazonocho. Les habitations étaient un mélange de petits immeubles et maisons individuelles. Le quartier comptait de nombreux petits commerces et restaurants. Souvent les gens nous saluaient en souriant dans la rue. Parfois, ils plaçaient les quelques mots d’anglais qu’ils connaissaient. A ce sujet, nous avons été surpris de constater que peu de japonais parlaient anglais. Beaucoup ne le comprennent pas, quelques uns le comprennent un peu mais ne le parlent pratiquement pas et rares sont ceux qui parviennent à tenir une conversation simple. Mais la communication parvient tant bien que mal à se faire. Leur gentillesse est si remarquable qu’elle compense la barrière linguistique.

Quand nous allons au restaurant, nous essayons d’en sélectionner qui ont des menus en anglais ou avec des photos. Il est, en effet, compliqué de choisir quelque chose, quand la carte est uniquement écrite en japonais et ne contient pas de photos. Quelques fois, les plats sont reconstitués en vitrine. Dans ce cas, on peut prendre une photo de la vitrine pour montrer ce que l’on désire. On finit toujours pas trouver une solution…

Nous avons aimé passé cette semaine dans ce quartier si calme et si dépaysant. L’espace de ces quelques jours, nous avons eu le sentiment d’être devenus des habitants du quartier.



 

Taichung (台中)

Taichung est la dernière étape que nous ayons faite à Taïwan avant de reprendre l’avion à Taipei. C’est une ville de près de 3 millions d’habitants.

Nous avons dormi 3 nuits à Taichung dans un hôtel très agréable en centre-ville. Baptisé, Airline Inn, sa décoration évoquait celle d’un avion : des écrans en forme d’hublots projetaient des images de la ville et du pays ; les lits des chambres étaient bordés de tablettes qui rappelaient celles des business class d’Air France ; une immense photo aérienne d’une ville de nuit décorait le mur derrière les lits… Nous n’avons pas payé la chambre très chère en regard du standing de l’hôtel (99,5€ pour 4 avec les petits-déjeuners compris) car des travaux occasionnaient une légère gêne sonore en journée, la semaine. Mais, vu que nous sommes arrivés un vendredi soir et que nous sommes repartis un lundi, cela nous a peu gênés! Un centre commercial à quelques dizaines de mètres de l’hôtel, nous offrait un impressionnant éventail de restaurants à bons prix.

Taichung ne dispose pas de métro. Nous avons donc utilisé la voiture pour circuler dans la ville. La conduite ne m’a posé aucune difficulté.

Nous avons beaucoup apprécié ce week-end ensoleillé, ces derniers jours à Taïwan.

 

Arrivée à Kaohsiung (高雄)

Taitung, sur la côte est, et, Kaohsiung, sur la côte ouest, sont distantes d’environ 80 km à vol d’oiseau. Mais par la route, la distance est d’environ 170 km. La route contourne les monts les plus élevés de la chaîne de montagne par le sud. Elle est faite de nombreux lacets. Il faut trois heures et demie de conduite pour boucler le trajet. Nous sommes arrivés à Kaohsiung en début d’après-midi.

Nous avions choisi un hôtel avec parking et près d’une station de métro pour pouvoir circuler sans la voiture le temps de notre court séjour (2 nuits). Kaohsiung est la deuxième ville du pays.

Elle compte près de 3 millions d’habitants. C’est aussi le premier port industriel de Taïwan. C’est une ville dynamique sur le plan économique. Elle est reliée à Taipei par un train à grande vitesse depuis 2007. Son métro très moderne a ouvert en 2008 et compte aujourd’hui 3 lignes.

 

Taitung (台東)

Taitung est une ville d’un peu plus de 100.000 habitants. Elle présente peu d’intérêt. Nous y avons fait étape une seule nuit, en dormant dans un très bel hôtel, proche de la mer. Avant de reprendre la route le lendemain, nous avons visité le principal temple de la ville : le temple taoïste dédié à Tianhou, la déesse de la mer. Je ne sais pas dire combien de temples nous avions déjà vus avant celui-ci. Au bout d’un moment, une certaine lassitude s’installe. Nous sommes loin des premières réactions d’émerveillement ressentis lorsque je suis entré dans le petit temple taoïste à Kuala Lumpur, qui était pourtant bien modeste, au regard de tout ce que nous avons visité depuis. Mais le temple de Taitung, m’a surpris par ses dimensions importantes et la richesse de sa décoration. Je crois que j’aurais pu y passer des heures à le photographier…







 

Hualien et la communauté Tzu Chi

Hualien est une ville qui compte environ 120.000 habitants. La ville en elle-même présente peu d’intérêt, mais elle constitue l’étape idéale pour visiter le parc national de Taroko. Hualien dispose d’une importante base militaire, peut-être la plus importante du pays? On comprend aisément que le lieu sur la côte est, à l’abri de la chaîne de montagne, loin des grandes agglomérations, est le lieu idéal sur le plan stratégique, pour implanter une telle base. Nous avons souvent entendu les chasseurs volés au-dessus de nos têtes. Mise à part cela, la ville n’est pas désagréable. Elle a un côté provincial qui nous a changé de Taipei. Hualien compte un nombre incroyable de restaurants pour une ville de cette taille. Tripadvisor en recense près de 600!

Nous avons dormi 3 nuits à Hualien, de façon à consacrer deux jours au parc de Taroko. Malheureusement, il a plu le second jour et nous avons eu la flemme de sortir en randonnée dans ces conditions. Le bon côté des choses est que nous avions anticipé ce risque la veille, en voyant les prévisions météorologiques. Nous avons donc profité du beau temps pour voir le maximum de choses.

Pour le second jour, j’avais fait la liste des 3 ou 4 choses à voir dans la ville, sans grande conviction. Nous avons commencé par un temple bouddhiste : le hall de méditation Tzu Chi. Nous avons eu dû mal à nous garer dans les alentours. Je me rappelle avoir dit à Elise et aux filles, que nous n’en avions pas pour longtemps: 10-15 minutes peut-être. En fait, je pense que nous y avons passé plus d’une heure et demie. En arrivant dans le hall de ce grand bâtiment, des hôtesses sont venues vers nous avec des grands sourires, nous invitant à nous déchausser pour visiter. Ensuite, elles nous ont proposé de regarder un petit film sur l’histoire de la communauté Tzu Chi, puis de suivre une guide qui parlait un anglais impeccable. Un couple et leur grande fille, avaient déjà débuté la visite. Ils étaient sûrement indiens. Nous avons donc pris la visite en cours. La guide nous a présenté le travail de secours qu’effectue la communauté quand des catastrophes naturelles surviennent dans le Monde. Nous avons découvert un travail impressionnant qui va des premiers secours, à l’assistance alimentaire et médicale, à la construction d’habitats d’urgence, à la reconstruction… La guide nous décrivait avec force détails tout ce travail en s’appuyant sur les panneaux d’exposition présents dans le bâtiment principal. Le lieu était luxueux, l’exposition remarquable par son graphisme et ses photos. Mais la présentation a duré longtemps, très longtemps. Je traduisais un peu pour les filles. Mais elles ont rapidement trouvé que c’était un peu trop long. J’ai cru au début que nos hôtes nous voyaient comme de futurs donateurs. En fait, non. Cette présentation était faite simplement avec fierté, pour le bonheur de faire-savoir et de partager leurs oeuvres. La guide semblait comme habitée. Je suis sorti impressionné par la visite et par la capacité d’empathie que certaines personnes développent. Il était déjà tard, et nous avons arrêté là notre visite de Hualien.

Le hall principal de la communauté Tzu Chi (notez le svastika).

 

Premier contact avec Taïwan

Après 3 heures de vol, nous sommes arrivés à 18h00 à Taoyuan, l’aéroport de Taipei. Un taxi réservé par notre hôte nous attendait. Mais nous avons eu un peu de mal à le trouver. La communication n’est pas aisée quand on arrive dans un pays sans possibilité de téléphoner! Nous nous en sommes sortis en envoyant des messages à notre hôte sur l’application Airbnb, accessible grâce au wifi de l’aéroport. Heureusement, celui-ci était réactif, et, après quelques échanges de messages, nous avons fini par retrouver notre taxi. C’est un peu luxueux de réserver un taxi à l’avance, mais c’est bien appréciable d’être accueilli ainsi dans un nouveau pays.

A Taipei, où nous sommes restés 6 jours, nous avons préféré louer un petit appartement en centre-ville à proximité du métro plutôt qu’un appartement plus grand mais nécessairement plus éloigné. Le taxi a mis environ 50 minutes pour faire le trajet de l’aéroport international au centre de Taipei. Il faisait nuit. Cette route m’a immédiatement fait ressentir la différence avec les trois derniers pays visités. Les infrastructures sont de grande qualité, avec de nombreux viaducs et des échangeurs impressionnants. La ville est constituée d’immeubles modernes qui brillent de mille feux dans la nuit taïwanaise. Les nombreuses enseignes publicitaires dans le centre-ville évoquent les images des villes japonaises. Nul doute que nous sommes arrivés dans un pays bien plus riche et développé que les précédents. Cette première impression n’a cessé de se confirmer depuis.

Notre appartement se situait dans une toute petite rue du centre ville dans le quartier animé de Zhongzheng. Nous avons d’ailleurs été surpris de voir le taxi pénétrer dans des rues aussi étroites où de nombreuses personnes marchaient sur la chaussée. Ces rues étaient jalonnées d’innombrables restaurants qui débordaient sur la voie publique. Finalement, le taxi nous déposa devant la porte d’un immeuble verrouillée par un digicode. Il était déjà parti quand je réalisai que notre hôte ne nous avait pas envoyé les instructions pour entrer dans l’appartement. Et il se mit subitement à pleuvoir des trombes d’eau. Nous nous abritâmes sous le porche de la maison d’en-face avec tous nos bagages. Nous scrutâmes la rue autour de nous, à la recherche d’une solution pour trouver un wifi afin de communiquer avec notre hôte. Nous découvrîmes qu’il n’y avait que des bars obscurs et des clubs aux devantures noires avec quelques femmes qui attendaient devant. Manifestement, il s’agissait de clubs pour adultes. Je me décidai à pénétrer dans le lounge à côté du porche, qui me semblait le lieu le plus accessible pour un touriste non averti. Deux jeunes hommes buvaient un verre et furent surpris de me voir entrer. La patronne ne parlait pas anglais. Finalement, l’un des jeunes vint à son secours et lui expliqua que je souhaitais utiliser le wifi pour contacter quelqu’un. Elle accepta avec gentillesse. Je pus ainsi contacter notre hôte et lui demander comment nous pouvions accéder dans l’appartement. Il me donna toutes les explications. Il y avait sur le côté de la porte de l’immeuble une petite boîte à clés avec un code, où se trouvait la carte magnétique qui ouvrait la porte extérieure, la porte principale de l’immeuble, actionnait l’ascenseur et ouvrait la porte de notre appartement. Un peu mouillés par la pluie, nous arrivâmes à l’appartement.

Il s’agissait d’un studio avec deux lits doubles qui remplissaient la quasi totalité de la pièce. A gauche de la porte d’entrée se trouvait une cuisinette avec une plaque électrique, un réfrigérateur et un lave-linge. Je pouvais toucher les meubles de la cuisine depuis mon lit en étendant simplement le bras. Nous n’avons pas utilisé la plaque électrique et nous n’avons pas cuisiné. Tout juste avons-nous utilisé le réfrigérateur pour stocker des boissons fraîches, du beurre, du lait, etc., pour pouvoir faire un petit-déjeuner sur le pouce le matin. La pièce unique se prolongeait par un balcon qui augmentait un peu l’impression d’espace. La salle de bain était impeccable avec des toilettes à la japonaise (jet d’eau automatique et système de séchage pour les fesses…). L’appartement était d’une propreté remarquable, avec des chaussons disponibles à l’entrée pour ne pas salir, des claquettes en plastique dans les toilettes et d’autres claquettes en plastique sur le balcon. En dépit de la petite taille de l’appartement, nous avons passé un très bon séjour dans cette location.

Après avoir posé les valises, nous sommes sortis pour aller dîner. Les taïwanais dînent tôt. 20h c’est un peu l’heure limite, même si les restaurants sont parfois ouverts jusqu’à 22h. Nous avons marché un peu et nous sommes entrés dans un restaurant de quartier, spécialisé en cuisine japonaise. Notre quartier en comptait des dizaines! Pour la première depuis notre départ de Paris, nous avons lutté pour choisir quelque chose car les menus étaient écrits uniquement en chinois. Les petites photos nous aidaient à comprendre à peu près ce qui était servi, mais pas complètement! Quel poisson? Quelle viande? Quel légume? Ce genre de questions ne trouve pas toujours de réponses évidentes avec des petites photos où tous les aliments sont présentés coupés en petits morceaux. Les personnes du restaurant étaient très accueillantes. Nous étions les seuls clients, sans doute parce qu’il était déjà tard pour les habitudes locales.

Dans les jours qui ont suivi, nous avons pu tester de nombreux restaurants : plusieurs japonais et un taïwanais. Nous avons très bien mangé à Taipei. Nous avons eu également confirmation que nous étions dans un quartier « chaud » de la ville. « Chaud » pour sa vie nocturne et ses clubs pour adultes. Mais d’une tranquillité et d’une sécurité, fort appréciables. Partout, nous avons été accueillis avec les mêmes sourires, la même gentillesse. Nous avons rencontré très peu de touristes. Depuis le début de notre tour du Monde, c’est la première fois que j’ai eu à ce point un sentiment de dépaysement. Et cette impression de s’être un peu perdu est un grand plaisir en voyage.

 

Arrivée à Hanoï

Après un dernier voyage en train de 3 heures, qui se déroula dans de bonnes conditions, dans une voiture plus propre que les précédentes, nous arrivâmes dans la capitale vietnamienne. Le choix du taxi en gare d’Hanoï fut pénible, tant les taxis se battaient pour nous proposer leurs services, pour la plupart dans des voitures bien trop petites pour nous transporter dans de bonnes conditions avec tous nos bagages. Finalement, avec un peu de discussion, nous finîmes par trouver un taxi avec une grande voiture.

Nous avions réservé un appartement via Airbnb pour 7 nuits. Ca peut paraître un peu long. En fait, au milieu du séjour, nous avions prévu une croisière de 2 jours dans la baie de Bai Tu Long. Or, pour une seule nuit en mer, il nous semblait plus simple de conserver notre appartement à Hanoï pour éviter de transporter tous nos bagages jusqu’en de baie de Bai Tu Long. Dans ce cas de figure, il n’y a pas de surcoût, car la location de 7 nuits consécutives, permet généralement de bénéficier d’une remise, compensant la nuit « payée en double ».

Nous fûmes très déçus en arrivant à l’appartement. De nombreux détails rendaient l’ensemble peu accueillant : les rideaux opaques des chambres ne pouvaient pas se lever, une odeur insoutenable rendait l’un des cabinets de toilettes inutilisable, la climatisation de la chambre des enfants ne fonctionnait pas, le réfrigérateur était tellement faible que nous crûmes qu’il ne fonctionnait pas, il n’y avait pas de fer à repasser contrairement à ce qui était prévu, les couverts et les casseroles de la cuisine étaient répugnants, la salle de bains n’était pas très propre… Chaque détail pris individuellement n’était pas si grave, mais mis ensemble donnait une impression déplaisante. Lorsque nous commençâmes à énoncer la liste des problèmes au propriétaire, celui-ci nous proposa d’annuler la réservation dès le lendemain matin, sans doute par provocation ou par dépit. Quoi qu’il en fût, nous nous empressâmes d’accepter sa proposition. L’offre Airbnb étant importante à Hanoï, nous trouvâmes rapidement un très bel appartement à la propreté irréprochable et décoré avec beaucoup de goût. Nous emménageâmes dans cet appartement dès le lendemain, en début d’après-midi.

Le surlendemain, nous partions déjà en excursion pour la baie de Bai Tu Long.

 

Arrivée à Tam Coc après un long voyage en train

Après Phong Nha, nous avons poursuivi notre séjour dans le Vietnam rural en faisant étape à Tam Coc, surnommée la « baie d’Ha Long terrestre » pour ses paysages karstiques qui rappellent ceux de la baie la plus visitée du Vietnam.

Nous fîmes 8 heures de train, en journée. Ce fut notre trajet le plus pénible du fait de sa longueur mais aussi du fait de la saleté de la voiture où nous étions installés. Quand nous montâmes à Dong Hoi, la voiture était pleine de gens qui venaient de passer la nuit dans le train sur des sièges assis. Le sol était jonché de papiers sales et détritus en tout genre. Les portes-bagages au-dessus des sièges étaient trop petits pour pouvoir accueillir nos gros sacs, ce qui n’était pas arrivé lors des précédents voyages. Heureusement, deux sièges derrière les nôtres étaient disponibles. Nous glissâmes donc nos deux gros sacs sur ces sièges. Les passagers semblaient cette fois-ci plutôt surpris de nous voir. Beaucoup de gens mangeaient. L’un de nos voisins nous proposa même quelque chose d’indéterminé que nous refusâmes poliment. La climatisation ne semblait pas bien marcher. Toutes les toilettes dans notre voiture et celles qui l’entouraient, étaient répugnantes et sans papier. Le voyage fut long. Tout juste fûmes-nous surpris de voir un rat courir entre les fauteuils, une heure avant d’arriver. Elise n’osa plus mettre les pieds par terre et finit le trajet les pieds posés sur le rebord du fauteuil de devant.

Heureusement, un chauffeur nous attendait à Ninh Binh, la gare voisine de Tam Coc. Il traversa la ville de Ninh Binh, plutôt laide, et nous conduisit jusqu’au paysage splendide de Tam Coc. La route traversa des rizières et pénétra au fond d’une vallée où se trouvait notre hôtel. Le paysage était magnifique.

Dans les jours qui ont suivi, nous avons été déçus de l’hôtel. La chambre était vraiment petite, le débit d’eau dans la douche était très faible et plusieurs fois nous avons eu des problèmes avec le chauffe-eau nécessitant l’intervention d’un plombier, et, pour couronner le tout, la cuisine du restaurant était très moyenne pour la première fois depuis notre arrivée au Vietnam. Malgré ces désagréments, malgré un temps couvert et même pluvieux par moment, je garderai un souvenir émerveillé de ce coin du Vietnam et de ses paysages oniriques.

 

Voyage en train entre Hué et Dong Hoi, et arrivée à Phong Nha

Pour poursuivre notre remontée vers le nord du Vietnam, nous avons de nouveau pris le train. Le voyage entre Hué et Dong Hoi dura 3 heures, en milieu de journée. La voiture où nous étions était sale et décevante par rapport à la première impression que nous avions eue lors de notre voyage en train couchettes.

Le train en gare de Hué

Un taxi nous attendait à la gare de Dong Hoi, pour nous emmener à Phong Nha à environ trois quarts d’heure de route.

Phong Nha est une destination qui a connu un essor touristique important depuis quelques années car le parc national voisin (créé en 2001) offre un paysage karstique spectaculaire et abrite quelques unes des plus grandes grottes du monde. Toutefois, les infrastructures touristiques ne sont pas encore très développées et plusieurs grottes ne sont accessibles qu’après des treks de une ou plusieurs journées, ce qui limite l’affluence de touristes. Nous étions logés un peu en-dehors de la ville, en face de la rivière Côn.

Nous avons séjourné 3 nuits à Phong Nha et avons visité deux grottes : Phong Nha cave (une grotte accessible en bateau depuis la rivière Côn) et Paradise cave (une grotte sèche à 30 km de Phong Nha, aux dimensions exceptionnelles et accessible après une heure de marche dans la forêt et la montagne).

Vue sur la rivière Côn et les formations karstiques du parc, depuis notre hôtel

 

Hội An

La ville de Hoi An compte aujourd’hui 120.000 habitants. Elle est située à 30 km au sud de Da Nang, la 3ème ville du Vietnam.

Hoi An fut longtemps une ville importante et une étape prisée par les commerçants chinois et japonais, sur la route de la soie. Elle connut une forte expansion à partir du XVème siècle jusqu’à devenir l’un des principaux ports d’Asie du sud-est. Au XIXème siècle, l’assèchement de la rivière Thu Bon qui traverse la ville rendit l’accès au port compliqué pour les bateaux de grande taille. La ville déclina progressivement au profit de Da Nang. Au XXème siècle, Hoi An, échappa miraculeusement aux destructions occasionnées par les différentes guerres.

La vieille ville fut inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999. 844 bâtiments sont aujourd’hui répertoriés par l’UNESCO pour leurs intérêts historique et architectural. Le coeur de la vieille ville est interdit aux véhicules à moteur. Toutefois, il est fortement recommandé de visiter la ville tôt dans la journée car l’après-midi elle est envahie par les touristes déversés par cars entiers. A la nuit tombée, la ville retrouve un peu de son calme.

Un après-midi nous avons emprunté des vélos que l’hôtel tenait à notre disposition. L’accès à la vieille ville a été périlleux car nous avons dû affronter la terrible circulation vietnamienne où les croisements se font sans feu rouge. C’est une épreuve redoutable pour les nerfs. Mais une fois arrivés à la vieille ville, nous avons eu la surprise de découvrir des rues tellement encombrées de touristes qu’il était quasiment impossible de circuler en vélo, même en avançant au pas.


Photo de notre hôtel, où nous avons reçu un accueil exceptionnel de chaleur et d’attention