Repères sur l’histoire de la Thaïlande

Les 4 cartes ci-dessous (source : Wikipedia) montrent la division de l’Asie du sud-est à quatre époques différentes :

  • en haut à gauche, entre 1000 et 1100
  • en haut à droite, autour de 1300
  • en bas à gauche, autour de 1400
  • en bas à droite, époque contemporaine

Ces cartes permettent de constater que les frontières dans la région ont subi de nombreuses évolutions. Toutefois, il est possible de percevoir des héritages principaux par pays. Le Vietnam est l’héritier des royaumes de Dai Viet et de Champa. Le Cambodge a gardé dans ses frontières les anciennes capitales de l’empire Khmer. Luang Prabang, l’ancienne capitale du Lan Xang se trouve au Laos. Quant à la Thaïlande elle est l’héritière des royaumes de Sukhothai, Ayutthaya et Lanna.

Autour de l’an 1000, alors que la puissance dominante de la région est l’empire Khmer, des premiers groupes de thaïs, venant de Chine méridionale, s’installent dans le nord de l’actuelle Thaïlande. Dans les deux siècles qui suivent, ils deviennent progressivement majoritaires dans la région. En 1238, ils s’affranchissent de la domination Khmer, en élisant un premier roi et en créant le royaume de Sukhothai. Le fils de ce roi est Ramkhamhaeng. Son existence est attestée par une stèle datée de 1292. Les thaïlandais considèrent cette date comme la naissance de leur nation. A sa mort, le royaume de Sukhothai décline au profit du royaume thaï d’Ayutthaya qui dominera la région jusqu’en 1767. Deux autres royaumes thaï coexistèrent au moment de la domination de Sukhothai : Lanna (capitale : Chian Mai) et Phayao.


Le roi Ramkhamhaeng


En 1350, le premier roi d’Ayutthaya, Ramathibodi I, fonde le Royaume de Siam. Il promeut le bouddhisme theravāda comme religion officielle, marquant sa singularité avec le royaume hindou voisin d’Angkor. La fin de la dynastie correspond à la chute de la ville d’Ayutthaya, tombée aux mains des birmans en 1767.

Le général Taksin parvient à réunifier le Siam à partir de sa nouvelle capitale Thonburi. Il se fait proclamer roi en 1769. Il est déclaré fou, dépossédé de son titre, emprisonné et exécuté en 1782. Le général Chakri lui succède en 1782 en devenant le premier roi de la nouvelle dynastie Chakri. La même année, il fonde une nouvelle capitale, Bangkok, sur la rive de la Chao Phraya, en face de Thonburi.


Le roi Taksin


Buddha Yodfa Chulaloke ou Rama Ier, fondateur de la dynastie Chakri


En 1790, les siamois reconquièrent les terres perdues face aux birmans, y compris le royaume de Lanna.

Afin d’endiguer la montée en puissance des européens dans la région et se prémunir d’une invasion, les siamois signent en 1826, un traité d’amitié avec le Royaume-Uni (traite de Burney). Au XIXème siècle, l’avancée de l’influence française dans la région est source de tensions et aboutit in fine à la guerre franco-siamoise de 1893. Contrairement à ce qu’ils escomptaient les siamois n’obtiennent pas le soutien de l’armée britannique et sont contraints de céder à la France des territoires en litige, dont le Laos (traité du 3 octobre 1893). Les britanniques de leur côté contraignent le Siam à céder des territoires à la Birmanie à l’est, et à la Malaisie au sud. Au total, sous le règne de Rama V, Chulalongkorn, le Siam perd 456.000 km2 de territoires.


Le roi Chulalongkorn


Le Siam participe à la première guerre mondiale aux côtés des alliés.

Le coup d’Etat du 24 juin 1932, sans effusion de sang, marque la transition d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle. L’un des conspirateurs du coup d’Etat, Phibun, devient premier ministre en 1938. Admirateur de Mussolini, il instaure une dictature en faisant arrêter et exécuter plusieurs opposants. Il fait changer le nom du pays en Thaïlande, dans l’espoir d’y rattacher les territoires à majorité thaï du Laos et de la Birmanie. C’est aussi une manière d’ostraciser la minorité chinoise présente dans le pays. En 1940, la Thaïlande attaque l’Indochine française et annexes quelques territoires du Laos. Contraint par l’invasion japonaise en Malaisie, la Thaïlande signe un traité avec le Japon qui la place dans le camp des perdants de la guerre. Phibun est contraint de démissionner. Mais il reviendra au pouvoir par un nouveau coup d’Etat en 1948. En 1954, la Thaïlande devient un allié officiel des Etats-Unis pour contrer l’avancée des communistes dans la région. En 1957, Phibun est à son tour renversé par un coup d’Etat et contraint de fuir au Japon, où il finira ses jours. La Thaïlande enverra des troupes aux côtés des américains durant la guerre du Vietnam.

En octobre 1973, le pays connaît des manifestations populaires exigeant la fin du régime militaire. Ces manifestations seront stoppées dans le sang avec plus de 70 personnes tuées dans les rues de Bangkok. Le roi enlève son appui aux militaires et tente une transition vers la démocratie en organisant des élections. Malheureusement, cette tentative démocratique est de nouveau anéantie par l’avènement d’un nouveau régime militaire en 1976. Depuis, la Thaïlande continue de connaître des tentatives d’instauration de la démocratie et des périodes de dictature militaire. Le dernier coup d’Etat date de mai 2014. Depuis, la junte militaire contrôle le pays.

Un nouvel espoir est né avec l’organisation prochaine d’élections législatives le 24 mars 2019. « Cette élection va consister en une confrontation entre les partisans de la démocratie et ceux de la junte militaire », résume Buapan Promphakping, professeur de sociologie à l’université de Khon Kaen (source : article Le Monde du 18 mars 2019).

 

Voyage en train entre Hua Hin et Bangkok

Notre second trajet en train en Thaïlande était plus court que le premier, les villes de Hua Hin et Bangkok étant distantes d’environ 200 km. Cette fois-ci le train était censé partir à 16h00 et arriver à 19h45. Mais une nouvelle fois, le train ne fut pas à l’heure. Il partit de Hua Hin avec environ 1h30 de retard. L’attente nous sembla bien longue, d’autant que nous étions arrivés avec d’une plus heure d’avance en gare et qu’il faisait très chaud. J’eus le temps de prendre la gare en photo sous toutes ses coutures.

Le train était déjà pratiquement plein lorsque nous montâmes à bord. Cette fois-ci les vitres étaient plus propres, ce qui nous permit de profiter davantage des paysages, éclairés par la douce lumière du soir. Le soleil se couchant aux alentours de 18h30, il faisait nuit noire quand nous arrivâmes vers 21h30 à Bangkok. Nous n’avions pas mangé et commencions à être fatigués. J’ai quand même voulu immortaliser le moment en faisant quelques photos. La gare de Bangkok ressemble à une gare parisienne.

A l’extérieur, il fallut encore négocier avec les taxis pour bénéficier d’un tarif correct. Je me surpris à m’énerver pour rabattre le prix d’1€ sur le prix proposé par le taxi à 6€. En France, ce tarif m’aurait paru ridiculement bas, mais voilà, en voyageant on se bâtit de nouvelles échelles de repères et ce que nous aurions accepté sans sourciller en d’autres lieux devint subitement inacceptable! A posteriori, je me suis trouvé ridicule, d’autant plus qu’au moment de payer, nous n’avions que l’équivalent de 10€ sur lesquels le taxi n’avait que 3€ à nous rendre, et je suis convaincu qu’il était sincère.

Une fois arrivés, nous découvrîmes un appartement magnifique qui nous fit oublier notre fatigue…


Longue attente en gare de Hua Hin


Le portrait du roi


Le tableau des trains


Voyage en train


La gare de Bangkok

Les singes audacieux du Wat Khao Takiap

Le Wat Khao Takiap est un temple bouddhiste qui se trouve en bord de mer. On y accède par la plage. Le temple comporte une impressionnante statue monumentale de Buddha debout, au pied de la falaise. Il est nécessaire de gravir des marches pour arriver au sommet de la falaise et découvrir les autres éléments du temple. Situé au sud de la ville, le temple offre une vue d’ensemble sur la plage de Hua Hin.

Mais ce qui fait sa réputation, c’est la grande colonie de macaques qui y a élu domicile. Habitués à approcher des singes en liberté depuis notre séjour à Kuala Lumpur, nous pensions être préparés à rencontrer de nouveau nos cousins. Mais cette fois-ci la rencontre fut un peu plus brutale. Elise et les filles observaient les singes qui jouaient sur la plage à proximité des barques de pêcheurs, tandis que je les prenais en photo, lorsque l’un d’entre eux, un peu plus audacieux que les autres, attrapa le sac en toile qu’Elise tenait en bandoulière. Surprise, elle manqua de peu de le lâcher. Et le singe sentit que s’il tirait davantage, il pourrait s’enfuir avec son trophée. Il tira de nouveau. Je criai à Elise de ne pas lâcher. Le sac contenait sa carte de crédit et l’argent liquide que nous avions avec nous. Je m’approchai et récupérai le sac d’un mouvement brusque, ordonnant au singe de reculer. Il hésita un peu, montra les dents puis nous regarda nous éloigner. A l’instant où le premier singe avait tiré le sac, plusieurs de ses congénères s’étaient approchés flairant la belle affaire.

Cet incident ne nous empêcha pas de nous approcher de la statue géante de Buddha. En revanche, je fus seul à monter en haut de la falaise car il y avait une multitude de singes qui s’étaient installés sur les marches ainsi que sur les rochers et les arbres alentour. Elise et les filles m’attendirent en bas des marches, où un moine bouddhiste éloignait les singes avec un lance-pierres. De mon côté, je montai prudemment avec mon appareil photo bien tenu en main et surveillant les mouvements de chacun des singes qui m’entouraient. Certains se bagarraient un peu entre eux, mais à aucun moment ils ne manifestèrent d’agressivité à mon encontre. Cette montée un peu périlleuse, m’a valu quelques moments inoubliables à observer ces singes.


La plage de Hua Hin où les singes s’approchent sans crainte des promeneurs


La statue monumentale de Buddha, à gauche
Une statue de Buddha marchant, à droite


La colonie de macaques

 

Rajabhakti Park, Hua Hin

Le Rajabhakti Park accueille un monument historique composé de 7 statues de rois thaïlandais. Dans un prochain article, je parlerai un peu de l’histoire de la Thaïlande jusqu’à sa situation actuelle.

Le monument est un lieu qui a une triple dimension : politique, militaire, religieuse. Il a été inauguré en septembre 2015 par Maha Vajiralongkorn, alors prince royal, devenu roi sous le nom de Rama X en 2016. Le projet fut lancé par les militaires (Royal Thai Army) installé au pouvoir en Thaïlande depuis le coup d’Etat de mai 2014. Il vise à glorifier ces 7 grands rois thaïlandais et à placer l’actuel gouvernement de la junte militaire dans le prolongement de ce passé mythifié. Ce lieu est utilisé pour les parades militaires et les visites de dignitaires étrangers. Ce lieu est considéré comme sacré, le bouddhisme étant religion d’Etat en Thaïlande. Il n’est possible d’y accéder qu’avec les genoux et les épaules couverts.

Les statues, en bronze, mesurent environ 14 m de hauteur en moyenne. Elles sont installées sur un piédestal en arc de cercle, long de 134 m. Les 7 rois représentés sont (entre parenthèses, années de règne) :

  • Ram Khamhaeng, (1279-1298), période Sukhotai
  • Naresuan (1590-1605), période Ayutthaya
  • Narai (1656-1688), période Ayutthaya
  • Taksin (1767-1782), période Thonburi
  • Rama I (1782-1809), période Rattanakosin
  • Mongkut (1851-1868), période Rattanakosin
  • Chulalongkorn (1868-1910), période Rattanakosin

Le lieu est tellement grand qu’il est difficile de prendre conscience de la taille des statues. Ce n’est qu’en s’en approchant que l’on prend la mesure du gigantisme des lieux.

Les attitudes des statues sont remarquables de vie. Pour ceux qui me connaissent, j’ajoute que je prendrais un plaisir certain à peindre des figurines aussi finement sculptées…

Etape de 2 jours à Hua Hin

Hua Hin est une ville de 80.000 habitants (2013). Lieu de villégiature pour les bangkokiens fortunés et station balnéaire internationale, Hua Hin est une ville moderne qui a su garder son identité thaïlandaise.

Nous y avons dormi 3 nuits. Nous disposions d’un très bel appartement dans un immeuble récent, un peu en-dehors du centre ville.

Comme à Surat Thani, nous avons utilisé l’application Grab à chaque fois que nous devions nous déplacer. La course nous coûtait 3 à 4 €. Avec la carte SIM que nous avions achetée à Ao Nang, il était très simple de commander un véhicule depuis n’importe quel point de la ville. Le temps d’attente n’excédait jamais 5 minutes. Le premier jour, nous pensions rentrer à l’appartement en Tuk-Tuk, mais le prix demandé par son conducteur était plus élevé que la course dans une voiture commandée avec Grab où nous bénéficions d’un autre confort avec la climatisation.

A Hua Hin, nous avons été surpris de découvrir un supermarché comparable à ceux que nous connaissons en France. Bien sûr, la gamme de produits était un peu différente, mais nous retrouvions tout de même beaucoup d’aliments similaires, ce qui nous facilitait les choses pour cuisiner. On y trouvait même des produits français mais souvent à des prix bien plus élevés. Nous étions donc très attentifs à privilégier l’achat d’aliments locaux pour éviter une inflation de notre facture en caisse.

A Hua Hin, nous avons également découvert une chaîne thaïlandaise proposant une délicieuse cuisine japonaise : Fuji. Nous y mangions pour environ 30€ à 4. Nous y sommes retournés à plusieurs reprises par la suite à Bangkok et Chiang Mai.

 

Voyage en train entre Surat Thani et Hua Hin

La Thaïlande dispose d’un réseau de chemin de fer qui relie les villes du pays, principalement sur un axe nord-sud. Le plan ci-dessous vous permet d’identifier les villes où nous avons pris le train : Surat Thani, Hua Hin puis Bangkok (points jaunes).

thailand-railway-map2

Pour faire le voyage entre Surat Thani et Hua Hin, distantes de 450 km, nous avons emprunté un train qui roule quotidiennement, baptisé Special Express 40. Il quitte Surat Thani à 10h40 et est censé arriver à Hua Hin à 15h58. Ce n’est guère rapide pour un « Express » mais les autres trains sont plus lents car ils s’arrêtent dans davantage de stations. Nous avions réservé directement sur le site de la State Railway of Thailand (SRT), un peu archaïque mais faisant malgré tout son office. Les billets sont envoyés par mail et doivent être imprimés avant de prendre le train.

Le jour convenu, nous nous rendîmes à la gare avec une heure d’avance par rapport à l’horaire de départ, conformément aux recommandations du site. La gare de Surat Thani avait le charme des petites gares de province que l’on trouve sur le réseau secondaire en France. Le Hall d’attente était petit et ouvert aux quatre vents. Quelques personnes attendaient leur train. Il y avait principalement des thaïlandais et quelques touristes chinois ou occidentaux. Je remarquai également un moine bouddhiste installé sur un banc. Le guichetier m’indiqua la voie d’où devait partir le train, les responsables de la sécurité contrôlèrent nos billets et après une demi-heure d’attente nous traversâmes les voies pour nous rendre sur le quai où le train était déjà stationné. Nous fûmes quasiment les premiers à monter dans la voiture 3, où étaient nos places. La place pour les bagages était suffisante pour accueillir nos colis encombrants. Heureusement, tout le monde n’était pas aussi chargé que nous. Le couloir pour circuler était étroit et la propreté laissait à désirer. La vitre qui bordait les places où Emma et Elise étaient installées étaient tellement sale qu’il n’était pas possible de voir au-dehors. En tête de la voiture, un dépotoir accueillait des boissons, des poubelles, des plats qui devaient être servis plus tard au passager. En dépit de cette saleté ambiante, les fauteuils étaient plutôt confortables et nous appréciâmes la fraîcheur de la climatisation quand celle-ci se déclencha.

Le train partit à l’heure. Il s’arrêta à de nombreuses reprises le long du parcours. Les gens montaient, descendaient. La voiture qui n’était pas remplie au départ de Surat Thani, se garnit progressivement. Nous reçûmes un plateau repas. Je fus le seul à manger le plat qui était correct : riz et porc au curry. Il y avait également un petit dessert. Elise et les filles n’eurent pas envie de toucher aux leurs, un peu refroidies par la saleté du train. Les filles s’occupèrent en lisant et en jouant sur leurs tablettes. Moi j’en profitai pour retoucher mes dernières photos. Elise dévora quelques livres sur sa kindle. Malgré tout, le voyage fut un peu long. Les 100 derniers kilomètres furent même pénibles tant le train roulait lentement et s’arrêtait en pleine voie sans raison apparente. Nous arrivâmes avec près de deux heures de retard sur l’horaire.

Malgré ce récit qui dépeint quelques détails peu réjouissants, je ne regrette pas que nous ayons choisi cette solution de transport. La lenteur a du bon. Elle permet de prendre conscience de la taille du pays. J’ai pu observer quelques rizières au cours du parcours. Et j’ai apprécié de partager ce moment avec des compagnons de voyage thaïlandais.