Tainan (台南)

Tainan est une ville de près de 800.000 habitants, située à une heure de route au nord de Kaohsiung.

La ville a été fondée en 1624 par la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, sous le nom de fort Zeelandia. En 1662, après un siège de 9 mois contre fort Zeelandia, le général Zheng Chenggong obtient la reddition des néerlandais, mettant fin à leur domination de 38 ans sur l’île. Fort Zeelandia est rebaptisé Anping. Lorsqu’en 1681, les chinois assujettissent l’île, ils rattachent Taïwan à la province de Funan, changent de nouveau le nom de la ville en Taïwan-fu et en font la capitale de l’île. La ville se développe fortement dans les deux siècles suivants et restera capitale jusqu’en 1885, année où le centre administratif de l’île est déplacé plus au nord, à Toatun (aujourd’hui Taichung). En 1885, la ville change de nouveau de nom pour s’appeler Tainan.

La guerre sino-japonaise de 1895 voit la défaite de la Chine qui est contrainte de céder Taïwan à la Chine. Après le départ des chinois et avant l’arrivée des japonais, les taïwanais tentent de proclamer leur indépendance en créant la République de Formose depuis Tainan, en mai 1895. Le 21 octobre, les troupes japonaises entrent dans Tainan et reprennent le contrôle de la ville.

En 1904, avec 50.000 habitants, Tainan est encore la ville la plus peuplée de Taïwan. Après la seconde guerre mondiale, Tainan perd jusqu’à sa position dominante dans le sud de l’île au profit de Kaohsiung qui connaît un fort développement économique grâce à son port.

 

Musée national du palais

Le musée national du palais de Taipei a recueilli les collections impériales de la Cité Interdite de Pékin.

Puyi, le dernier empereur de Chine, est contraint d’abdiquer en 1912 et vit emprisonné dans la Cité Interdite jusqu’en 1924. En 1924, il est chassé de la Cité Interdite et le palais est placé sous la juridiction du ministère de l’intérieur. Le musée national du palais ouvre ses portes au public le 10 octobre 1925. En 1931, le Japon envahit la Mandchourie. Devant la menace japonaise, il est décidé d’évacuer les trésors de la Cité Interdite dans le sud de la Chine, vers Nanjing. C’est le début d’un long périple, au cours duquel, la collection sera divisée en plusieurs lots, passant au fil des années en d’innombrables villes de Chine pour être protégée des envahisseurs japonais. En 1947, la collection est réunie à Chongqing puis acheminée par voie fluviale à Nanjing. Face à l’insurrection communiste, les dirigeants de la République de Chine prennent la décision, de transférer les pièces les plus importantes à Taïwan. 3 navires sont affrétés. Le dernier arrivera à Taïwan en janvier 1949.

Aujourd’hui, le musée compte près de 700.000 pièces. Il se présente comme la plus grande collection d’art chinois dans le Monde. Toutes les oeuvres ne sont pas exposées. Le musée réalise des expositions temporaires pour faire tourner sa collection.

Le musée est très bien conçu avec des salles vastes et bien éclairés. Il est organisé en sections : les peintures et la calligraphie, les bronzes, les sculptures de jade, les céramiques… C’est la section dédiée à la peinture et à la calligraphie que j’ai préférée. Mais je n’ai pas pensé à prendre des photos. Sans doute étais-je trop fasciné par les oeuvres que je contemplais…

 

Taïwan

Nous sommes venus à Taïwan un peu par hasard. Après avoir éliminé la Russie et la Chine de notre tour du Monde, pour nous éviter des complications avec l’obtention des visas, nous nous sommes interrogés sur le pays que nous pourrions caler dans notre programme. Je vous passe les étapes de notre réflexion. Mais nous avons fini par retenir Taïwan pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il n’y a pas de problème de visa. Puis, le pays se situe à mi-distance entre le Vietnam et le Japon, ce qui permettait de l’insérer facilement dans notre programme, sans allonger la distance parcourue. La culture étant proche de celle de la Chine continentale (même langue, mêmes influences religieuses, cuisine similaire…), il permettait, à défaut d’aller en Chine continentale, d’entrer en contact avec la culture chinoise. La période de 3 semaines disponibles semblait bien correspondre à la taille du pays. Enfin, des personnes m’avaient parlé de la beauté de l’île.

En arrivant, je connaissais peu de choses de l’histoire de Taïwan. Je savais que le chinois était la langue utilisée. Je savais que le pays avait appartenu à la Chine et qu’après la seconde guerre mondiale, il était devenu indépendant. Je savais les tensions diplomatiques qui existaient entre les 2 pays. J’avais en mémoire l’affaire de la vente des frégates par la France. J’avais noté, la provocation de Trump, favorable à une reconnaissance des « deux Chine », ainsi que la réplique du président chinois, rappelant les revendications territoriales de la Chine sur Taïwan. Mais, en arrivant, j’ai été surpris de découvrir l’influence japonaise sur l’urbanisme de Taipei, sur la cuisine (je crois qu’il y a plus de restaurants japonais que de restaurants chinois), sur les panneaux publicitaires ou dans les magasins dans l’utilisation de l’iconographie manga… En outre, nous avons découvert, au cours de notre visite de Taipei que la principale salle de concert, le Taipei Zhongshan Hall, avait été construit en l’honneur du couronnement d’Hirohito, l’empereur du Japon (1936). Enfin, nous avons vu de nombreux hommes d’affaires japonais dans les restaurants de la ville. J’ai ainsi pris conscience que je savais peu de choses sur l’histoire du pays. Il m’est apparu nécessaire de me documenter un peu. Voici donc en quelques phrases un résumé de l’histoire de Taïwan…


Taipei Zhongshan Hall


Jusqu’au XVIème siècle, les populations austronésiennes de l’île de Taïwan développèrent une société autonome sans contact important avec l’extérieur. Le premier contact avec les populations européennes eut lieu en 1542, lorsque les portugais découvrirent l’île. La légende dit d’ailleurs que l’ancien nom de Formose aurait été donné par les portugais, séduits par la beauté de l’île, l’expression « isla formosa » signifiant « belle île » en portugais ancien. En 1646, le gouverneur espagnol des Philippines envoya une expédition sur l’île qui débarqua à l’emplacement de l’actuelle Keelung (nord-est de l’île) et y fonda la ville de San Salvador. Des missions chrétiennes y furent actives jusqu’en 1632. Mais ce sont les hollandais, colonisateurs de l’île, qui induisirent un changement majeur dans la vie de l’île en favorisant une migration chinoise, qui se poursuivit après que les hollandais furent chassés de l’île par Zheng Chenggong, en 1662. Quelques années auparavant, la dynastie Ming fut elle-même chassée du pouvoir en Chine continentale par les mandchous. Il est intéressant de noter que Zheng Chenggong, fidèle aux Ming considérait alors Taïwan comme une base arrière pour reconquérir la Chine continentale. A ce moment, la population de l’île s’élevait à 200.000 personnes qui se répartissaient comme suit : 100.000 chinois, 50.000 hollandais, 50.000 aborigènes. En 1683, Taïwan tomba à son tour aux mains de la dynastie régnante en Chine continentale. L’île demeura sous le contrôle de la Chine continentale jusqu’en 1895.

Entre 1894 et 1895, la Chine et le Japon furent en guerre, à l’origine pour le contrôle de la Corée. La défaite de la Chine donna lieu à la signature du traité de Shimonoseki par lequel elle céda Taïwan au Japon. L’île vécut ainsi sous domination japonaise jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

Les troupes du Parti Nationaliste chinois (Kuomintang), dirigé par Chiang Kai-Shek, arrivèrent à Taïwan en 1945, dès le retrait des japonais, et installèrent un gouvernement qui rencontra l’opposition des taïwanais. Le 28 février 1947, des émeutes éclatèrent et furent réprimées dans le sang, entraînant près de 30.000 morts. Ce fut le début de la terreur blanche. En Chine continentale, les communistes de Mao Zedong défirent l’armée de Chiang Kai-Shek. Ce dernier se réfugia à Taïwan avec environ 2 millions de personnes dans son sillage, fuyant le régime communiste. A partir de ce moment, l’île vécut sous la dictature soutenue par les Etats-Unis. A la mort de Chiang Kai-Shek, son fils Chiang Chin-Kuo, lui succéda et le régime s’assouplit progressivement, jusqu’à l’apparition du multi-partisme (1986), l’organisation d’une première élection présidentielle au suffrage universel direct (1996) et l’avènement d’une première alternance (2000).


Monument de la paix, en commémoration des événements du 28 février 1947


Taïwan, qui se nomme officiellement la République de Chine, n’a jamais proclamé son indépendance car ses dirigeants considèrent qu’ils sont les seuls représentants légitimes de la Chine et revendiquent le rattachement de la Chine continentale. Evidemment, les dirigeants chinois, considèrent a contrario que Taïwan n’est qu’une province de la Chine. Cette histoire explique le face à face tendu qui existe entre les deux pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Jusqu’en 1971, le siège de la Chine à l’ONU était occupé par Taïwan. Le refus de Chiang Kai-Shek de reconnaître qu’il était légitime que la Chine continentale disposât d’un siège à l’ONU, conduisit en 1971 au vote de la résolution 2758 qui fit perdre son siège à Taïwan au profit de la République Populaire de Chine.

A partir des années 70, Taïwan connut une croissance économique très rapide, à l’instar de la Corée du Sud, de Hong-Kong et de Singapour (les 4 pays étant alors connus comme les 4 dragons asiatiques). Le pays est ainsi devenu l’un des pays les plus riches d’Asie. Le pays se classait en 2017, selon le FMI, au 21ème rang mondial par son PIB (en parité de pouvoir d’achat), devant des pays comme le Royaume-Uni (28e), la France (29e), le Japon (30e) ou la Corée du Sud (32e).

Malgré les blessures de l’Histoire, Taïwan est parvenu à développer une société prospère, riche d’une culture originale, ouverte sur le Monde, mélange de différentes influences, et a su préserver une indépendance de fait vis-à-vis de la République Populaire de Chine, en dépit du déséquilibre du rapport de forces qui existe (23,5 millions d’habitants contre 1,4 milliard d’habitants). Cela a été possible grâce au soutien des Etats-Unis. Mais combien de temps cela durera-t’il encore? Tout se monnaye et les Etats-Unis sont loin de Taïwan… Il y a fort à craindre que dans un avenir plus ou moins proche, les Etats-Unis finissent par « lâcher » Taïwan, livrant ainsi l’île à son voisin aux visées impérialistes, subissant le sort que connurent, ces dernières décennies, Macao puis Hong-Kong.

 

Les religions au Vietnam

Les vietnamiens ont subi durant des siècles l’influence de la culture chinoise. Cette empreinte se retrouve dans la religion. La plupart des vietnamiens se disent athées ou adhèrent à une forme de religion originale appelée Tam Giao (« triple religion ») mélange de bouddhisme, de taoïsme, de confucianisme et de croyances anciennes propres. Ils vouent un culte particulier aux ancêtres.

Au-delà de ce particularisme vietnamien, le bouddhisme reste la religion la plus influente et la plus présente. Le christianisme est également bien implanté dans le pays depuis sa diffusion au XVIème siècle par des missionnaires. Les catholiques représenteraient aujourd’hui plus de 8% de la population.

 

Palais de la Réunification, Hô Chi Minh Ville

Ce palais était le lieu de résidence des présidents de la République du Vietnam. Il fut construit par les français entre 1868 et 1873 pour Norodom Ier, alors roi du Cambodge. Il fut ensuite utilisé comme résidence successivement par le gouverneur de Cochinchine et le gouverneur général de l’Indochine française. Après les accords de Genève en 1954, la France transmit le palais au 1er ministre du Vietnam Sud, Ngô Dinh Diêm, qui renversa l’empereur du Vietnam Bao Dai, et devint président de la République.

Le 27 février 1962, le palais présidentiel fut bombardé par deux avions de chasse pilotés par deux lieutenants de l’Armée de l’Air sud vietnamienne, voulant assassiner le Président Diem pour mettre fin à sa politique très impopulaire. L’attentat fut un échec, mais endommagea lourdement le bâtiment. Ngô Dinh Diêm donna l’ordre de le faire démolir et de construire à son emplacement l’édifice actuel. Il fut assassiné lors d’un coup d’État en 1963 et ne vit pas la fin des travaux.

Le nouveau palais fut achevé en 1966. Le 8 avril 1975, Nguyên Thành Trung, un pilote de l’Armée de l’Air vietnamienne et un espion communiste volèrent un avion F-5E et bombardèrent le palais, sans causer de dommages importants. Le 30 avril 1975, des chars pénétrèrent dans la cour du palais, parachevant la chute de Saigon et la fin de la guerre du Vietnam.

La visite est fort intéressante car elle donne l’occasion de voir l’organisation d’un palais présidentiel, depuis les salles de réunion des ministres jusqu’aux appartements particuliers, en passant par les lieux de réception, ou encore le bunker présidentiel. L’hélicoptère présidentiel UH1, deux chars T54 de l’armée nord vietnamienne dont le 843 qui fut le premier à entrer dans la cour du palais, ainsi qu’un avion F-5E, sont visibles autour du palais.


Façade du palais présidentiel


Salles de réunion, salons et appartements


Cour du palais, vue depuis le balcon du 4ème étage


Bunker


Hélicoptère présidentiel


Chars T54


Avion F-5E

 

Histoire du Vietnam, repères

Avant de parler des sites que nous avons visités, il m’a semblé utile de parler brièvement de l’histoire du Vietnam pour donner quelques clés de lecture (sources : Wikipedia, Lonely Planet).

Selon les récits légendaires, la nation vietnamienne serait née en 2877 avant JC sur le territoire de l’actuelle ville de Canton, en Chine. Les viets, aussi appelés kinhs, se seraient installés dans le delta du fleuve rouge (région d’Hanoi), et y auraient bâti le royaume de Van Lang. A partir du IIIème avant JC, les chinois, vainqueurs des viets, assoient leur domination sur la région pour près de 1000 ans. Sous la dynastie chinoise des Tang, le pays est un protectorat désigné sous le nom d’Annam, le « Sud pacifié », nom qui servira longtemps à le désigner en Occident. La chute de la dynastie Tang au Xème siècle en Chine et l’effritement du pouvoir central qui s’en suit, permettent l’émergence du royaume indépendant de Dai Viet (le « Grand Viet »), qui continue cependant de verser un tribut à la Chine.

Du Ier au VIème siècle, le sud du Vietnam fait partie du royaume hindouiste de Funan, dont la capitale est Angkor Borei (à environ 50 km au sud de l’actuelle Phnom Penh), considérée comme le berceau de la civilisation khmer.

A la fin du IIème siècle, le royaume hindouiste de Champa émerge dans l’actuelle région centre du Vietnam (autour de Danang). Celui-ci s’étend progressivement vers le sud, dans les siècles qui suivent.

La carte ci-dessous montre l’organisation des royaumes en Asie du sud-est au XIVème siècle.

Au cours des siècles suivants, les viets poursuivent leur marche vers le sud (Nam Tien) en anéantissant le royaume de Champa et en gagnant des territoires au dépens de l’empire Khmer. Entre le milieu du XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, le pays est politiquement divisé en deux familles rivales, les Trịnh au Nord et les Nguyen au Sud, tandis que les empereurs de la dynastie Lê ne conservent qu’un pouvoir symbolique. Au début du XIXème, la famille Nguyen s’impose avec l’aide de la France et fonde une nouvelle dynastie impériale. Le pays prend le nom de Việt Nam tout en continuant de reconnaître la Chine comme puissance suzeraine.

Au milieu du XIXème siècle, la situation entre la France et le Vietnam devient conflictuelle et conduit à l’invasion du sud du pays par l’armée du Second Empire, en 1858. La France l’annexe pour en faire la colonie de Cochinchine. Entre 1881 et 1885, la France cherche à étendre sa domination sur le nord du pays et provoque une entrée en guerre de la Chine. Le conflit sera remporté par la France et aboutira à la création d’un protectorat organisé en deux régions : l’Annam au centre du pays, le Tonkin au nord du pays. En 1887, la France réunit les 3 régions vietnamiennes et le Cambodge en créant l’Indochine française.

Dans les années 1930, le Parti communiste indochinois, dirigé par Nguyen Aï Quoc, futur Hô Chi Minh, organise des insurrections, durement réprimées. Le Japon envahit l’Indochine française en 1940 et l’occupe jusqu’en 1945. En août 1945, le front nationaliste Viet Minh, dirigé par le Parti Communiste d’Hô Chi Minh s’empare du pouvoir. Les français de leur côté reprennent progressivement le contrôle de l’Indochine. Les tentatives de négociations entre les deux parties échouent et aboutissent à la guerre d’Indochine en 1946. Soutenu par la Chine, le Viet Minh prend l’avantage. Suite à la défaite de la France lors de la bataille de Dien Bien Phu, le 7 mai de 1954, les deux parties signent les accords de Genève reconnaissant l’indépendance du nord Vietnam (République Démocratique du Vietnam) et prévoyant l’organisation d’un référendum dans le sud Vietnam pour la réunification du pays. Le premier ministre du sud Vietnam refuse l’organisation du référendum et proclame la naissance de la République du Vietnam. Les américains qui veulent endiguer la progression du communisme, se substituent aux français en tant que protecteurs du sud Vietnam. Ils interviennent militairement à partir de 1964. Après des années d’un conflit sanguinaire et sans espoir de victoire, les américains finissent par se retirer du pays en 1973. L’armée du sud Vietnam n’est plus en mesure d’arrêter la progression de l’armée du Vietnam nord. Saigon tombe le 30 avril 1975 et est rebaptisée Hô Chi Minh Ville. Le pays est réunifié en 1976.

Pour résister aux tentations impériales de la Chine, le Vietnam se rapproche de la Russie. A partir de la seconde moitié des années 80, le Vietnam entame sa propre perestroïka, le Doi moi. Si l’économie se libéralise progressivement permettant au Vietnam de devenir un pays dynamique dans la région, son système politique continue de reposer sur le principe du parti unique (Parti Communiste Vietnamien).

 

Quelques mots sur l’histoire du Cambodge

Après sa chute face aux thaïs du Royaume d’Ayutthaya en 1431, Angkor perd son statut de capital au profit de Phnom Penh. L’empire Khmer disparaît et laisse la place à un petit pays dominé par ses voisins.

En 1863, le Cambodge passe sous protectorat français. Il est par la suite intégré à l’Indochine française. Le pays acquiert son indépendance le 9 novembre 1953 à la fin de la guerre d’Indochine.

Devenu monarchie constitutionnelle sous le règne de Norodom Sihanouk, qui accéda au trône en 1947, le pays est un temps neutre dans le conflit vietnamien. Toutefois à partir de 1966, le Cambodge apporte un soutien logistique aux combattants nord-vietnamiens en autorisant le transit de matériel et de troupes sur son territoire. Mais en 1967, Norodom Sihanouk voit naître sur son territoire une insurrection menée par les khmers rouges, communistes d’inspiration maoïste. Il confie la direction du gouvernement au militaire Lon Nol et sollicite l’aide américaine pour résister à l’insurrection des khmers rouges. En 1970, Lon Nol profite d’un déplacement de Norodom Sihanouk à l’étranger pour le renverser. Les américains soutiennent le nouveau pouvoir dans le cadre de la stratégie d’endiguement du communisme. Avec le soutien des américains, Lon Nol parvient à contenir la progression des khmers rouges au prix d’une guerre faisant 600.000 à 800.000 morts. Mais le retrait des américains dans la région est fatal au régime en place et les khmers rouges de Pol Pot s’emparent de Phnom Penh le 17 avril 1975. Ils instaurent une dictature militaire.

Le régime des khmers rouges vide les villes de leurs habitants et les envoient dans les campagnes dans un objectif de « rééducation ». Les élites sont systématiquement traquées, déportées ou exterminées. Le simple fait de parler une langue étrangère ou de porter des lunettes est un danger. Le régime est particulièrement sanguinaire. 1,7 millions de personnes seraient mortes durant la période des khmers rouges, du fait des persécutions ou des famines.

Inquiet de la dérive de son voisin, le Vietnam envahit le cambodge le 25 décembre 1978 et détruit les rizières, entraînant la chute du régime. Il instaure un régime communiste proche de celui qui existe alors au Vietnam. Une guérilla soutenue par la Thaïlande s’engage alors. Elle durera tout au long des années 80 ravageant le pays, disséminant d’innombrables mines, causant des périodes de famines, d’épidémies dans un pays ruiné et sans ressources.

En 1989, les troupes vietnamiennes quittent le pays et laissent la place à des soldats de l’ONU. Le pays retrouve progressivement une certaine autonomie. Norodom Sihanouk revenu d’exil, devient de nouveau roi en 1993 avant d’abdiquer en 2004 au profit de son fils, Norodom Sihamoni. Nommé premier ministre dès 1985, avec le soutien des vietnamiens, Hun Sen perd les élections en 1993, mais parvient à se maintenir proche du pouvoir. Il reprend le pouvoir par la force en 1997, avant de se faire élire premier ministre en 1998. Le PPC (Parti du peuple cambodgien), ancien parti communiste du Cambodge a depuis remporté toutes les élections, garantissant le maintien au pouvoir de Hun Sen. Celui-ci est accusé d’avoir instauré un régime autoritaire. Néanmoins, la période de stabilité que connaît le pays depuis 20 ans, attirent les investisseurs. Entre 1998 et 2007, la croissance annuelle moyenne du PIB est d’environ 10%. 3 ans après la crise de 2008, le Cambodge retrouve une croissance annuelle supérieure à 7% qui se maintient depuis.