Repères sur l’histoire de la Thaïlande

Les 4 cartes ci-dessous (source : Wikipedia) montrent la division de l’Asie du sud-est à quatre époques différentes :

  • en haut à gauche, entre 1000 et 1100
  • en haut à droite, autour de 1300
  • en bas à gauche, autour de 1400
  • en bas à droite, époque contemporaine

Ces cartes permettent de constater que les frontières dans la région ont subi de nombreuses évolutions. Toutefois, il est possible de percevoir des héritages principaux par pays. Le Vietnam est l’héritier des royaumes de Dai Viet et de Champa. Le Cambodge a gardé dans ses frontières les anciennes capitales de l’empire Khmer. Luang Prabang, l’ancienne capitale du Lan Xang se trouve au Laos. Quant à la Thaïlande elle est l’héritière des royaumes de Sukhothai, Ayutthaya et Lanna.

Autour de l’an 1000, alors que la puissance dominante de la région est l’empire Khmer, des premiers groupes de thaïs, venant de Chine méridionale, s’installent dans le nord de l’actuelle Thaïlande. Dans les deux siècles qui suivent, ils deviennent progressivement majoritaires dans la région. En 1238, ils s’affranchissent de la domination Khmer, en élisant un premier roi et en créant le royaume de Sukhothai. Le fils de ce roi est Ramkhamhaeng. Son existence est attestée par une stèle datée de 1292. Les thaïlandais considèrent cette date comme la naissance de leur nation. A sa mort, le royaume de Sukhothai décline au profit du royaume thaï d’Ayutthaya qui dominera la région jusqu’en 1767. Deux autres royaumes thaï coexistèrent au moment de la domination de Sukhothai : Lanna (capitale : Chian Mai) et Phayao.


Le roi Ramkhamhaeng


En 1350, le premier roi d’Ayutthaya, Ramathibodi I, fonde le Royaume de Siam. Il promeut le bouddhisme theravāda comme religion officielle, marquant sa singularité avec le royaume hindou voisin d’Angkor. La fin de la dynastie correspond à la chute de la ville d’Ayutthaya, tombée aux mains des birmans en 1767.

Le général Taksin parvient à réunifier le Siam à partir de sa nouvelle capitale Thonburi. Il se fait proclamer roi en 1769. Il est déclaré fou, dépossédé de son titre, emprisonné et exécuté en 1782. Le général Chakri lui succède en 1782 en devenant le premier roi de la nouvelle dynastie Chakri. La même année, il fonde une nouvelle capitale, Bangkok, sur la rive de la Chao Phraya, en face de Thonburi.


Le roi Taksin


Buddha Yodfa Chulaloke ou Rama Ier, fondateur de la dynastie Chakri


En 1790, les siamois reconquièrent les terres perdues face aux birmans, y compris le royaume de Lanna.

Afin d’endiguer la montée en puissance des européens dans la région et se prémunir d’une invasion, les siamois signent en 1826, un traité d’amitié avec le Royaume-Uni (traite de Burney). Au XIXème siècle, l’avancée de l’influence française dans la région est source de tensions et aboutit in fine à la guerre franco-siamoise de 1893. Contrairement à ce qu’ils escomptaient les siamois n’obtiennent pas le soutien de l’armée britannique et sont contraints de céder à la France des territoires en litige, dont le Laos (traité du 3 octobre 1893). Les britanniques de leur côté contraignent le Siam à céder des territoires à la Birmanie à l’est, et à la Malaisie au sud. Au total, sous le règne de Rama V, Chulalongkorn, le Siam perd 456.000 km2 de territoires.


Le roi Chulalongkorn


Le Siam participe à la première guerre mondiale aux côtés des alliés.

Le coup d’Etat du 24 juin 1932, sans effusion de sang, marque la transition d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle. L’un des conspirateurs du coup d’Etat, Phibun, devient premier ministre en 1938. Admirateur de Mussolini, il instaure une dictature en faisant arrêter et exécuter plusieurs opposants. Il fait changer le nom du pays en Thaïlande, dans l’espoir d’y rattacher les territoires à majorité thaï du Laos et de la Birmanie. C’est aussi une manière d’ostraciser la minorité chinoise présente dans le pays. En 1940, la Thaïlande attaque l’Indochine française et annexes quelques territoires du Laos. Contraint par l’invasion japonaise en Malaisie, la Thaïlande signe un traité avec le Japon qui la place dans le camp des perdants de la guerre. Phibun est contraint de démissionner. Mais il reviendra au pouvoir par un nouveau coup d’Etat en 1948. En 1954, la Thaïlande devient un allié officiel des Etats-Unis pour contrer l’avancée des communistes dans la région. En 1957, Phibun est à son tour renversé par un coup d’Etat et contraint de fuir au Japon, où il finira ses jours. La Thaïlande enverra des troupes aux côtés des américains durant la guerre du Vietnam.

En octobre 1973, le pays connaît des manifestations populaires exigeant la fin du régime militaire. Ces manifestations seront stoppées dans le sang avec plus de 70 personnes tuées dans les rues de Bangkok. Le roi enlève son appui aux militaires et tente une transition vers la démocratie en organisant des élections. Malheureusement, cette tentative démocratique est de nouveau anéantie par l’avènement d’un nouveau régime militaire en 1976. Depuis, la Thaïlande continue de connaître des tentatives d’instauration de la démocratie et des périodes de dictature militaire. Le dernier coup d’Etat date de mai 2014. Depuis, la junte militaire contrôle le pays.

Un nouvel espoir est né avec l’organisation prochaine d’élections législatives le 24 mars 2019. « Cette élection va consister en une confrontation entre les partisans de la démocratie et ceux de la junte militaire », résume Buapan Promphakping, professeur de sociologie à l’université de Khon Kaen (source : article Le Monde du 18 mars 2019).

 

Bouddhisme

Je continue mon tour des religions asiatiques que je connaissais mal auparavant. Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler du bouddhisme, car nous avons vu de très nombreux temples bouddhistes en Thaïlande. Il me semblait utile de vous donner quelques repères avant de poster des articles et des photos sur le blog. Wikipédia est resté mon outil de travail principal dont certains passages, figurant entre guillemets, sont repris mot pour mot.

Le bouddhisme est né en Inde au Vème siècle avant Jésus-Christ. A l’origine de cette religion, on trouve un guide spirituel, Siddhārtha Gautama, né au Népal au VIème ou Vème siècle avant JC et qui aurait vécu près de 80 ans dans le nord-est de l’Inde. Fondateur d’une communauté de moines voyageurs, ses enseignements se seraient transmis par la voie orale pendant plusieurs siècles avant d’être consignés dans les textes sacrés du bouddhisme, le Tripitaka (ou trois corbeilles).

Le bouddhisme serait actuellement la quatrième religion par le nombre de pratiquants (entre 250 et 500 millions) derrière le christianisme, l’islam et l’hindouisme. Selon les historiens des religions, elle est la seule des grandes religions a avoir régressé au XXème siècle du fait des persécutions dont elle a été victime en Asie par les régimes communistes.

 

Quatre nobles vérités et chemin octuple

Ce sont les vérités essentielles que tout bouddhiste doit connaître. « Elles énoncent le problème de l’existence, son diagnostic et le traitement jugé adéquat :

  1. La vérité de la souffrance (duhkha) : toute vie implique la souffrance, l’insatisfaction ;
  2. la vérité de l’origine de la souffrance : elle repose dans la soif (tṛṣṇā) : le désir, les attachements ;
  3. la vérité de la cessation de la souffrance : la fin de la souffrance est possible ;
  4. la vérité du chemin : le chemin menant à la fin de la souffrance est la voie médiane, qui suit le Noble Chemin octuple. »

Le chemin octuple est composé des attitudes suivantes :

  1. la compréhension juste (Sammā diṭṭhi),
  2. la pensée juste (Samnā saṅkappa),
  3. la parole juste (Sammā vācā),
  4. l’action juste (Sammā kammanta),
  5. le mode de vie juste (Sammā ājiva),
  6. l’effort juste (Sammā vāyāma),
  7. l’attention juste (Sammā sati),
  8. la concentration juste (Sammā samādhi).

 

Trois caractéristiques de l’existence

« Les trois caractéristiques ou marques de l’existence, trilakshana sont :

  • L’Anātman (absence de soi, impersonnalité) : il n’y a rien dans le monde qui ait une existence indépendante et réelle en soi, donc aucune âme, aucun soi, mais une simple agrégation de phénomènes conditionnés.
  • L’Anitya (impermanence) : tout est constamment changeant dans les phénomènes, on ne peut absolument rien y trouver de permanent.
  • Le Duḥkha (souffrance) : aucun phénomène ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive. »

 

Renaissances

Les 3 poisons de l’esprit selon les bouddhistes (tṛṣṇā : soif ou avidité ; dveṣa : colère ou aversion ; moha : ignorance) emprisonnent les hommes dans le cycle des renaissances (Saṃsāra). Le monde dans lequel ils renaîtront après leur mort dépend de leur karma (la somme de leurs actions). Toutefois, il ne s’agit pas de réincarnation car les bouddhistes ne croient pas en l’existence d’une âme. Celui qui renaît n’est pas le même.

 

Eveil ou bodhi, bouddha

L’objectif du bouddhisme est d’atteindre l’éveil, par une extinction du « désir égotique et de l’illusion, causes de la souffrance de l’homme. » Cet éveil doit conduire à l’altruisme.

Un bouddha est une personne qui a atteint l’éveil. Siddhārtha Gautama est considéré comme le bouddha historique.

Il existe différentes branches dans le bouddhisme.

Pour les adeptes du Theravāda (Thaïlande, Cambodge, Myanmar, Laos), « l’éveil est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre nobles vérités ; il s’agit de se réveiller du cauchemar des renaissances successives. L’homme éveillé atteint le nirvāṇa (l’illumination), et échappe complètement à la souffrance lors de sa mort. Le cycle des renaissances et des morts est donc brisé. »

Pour les adeptes du Mahāyāna (Chine, Vietnam, Corée, Japon), « l’éveil est la sagesse personnelle et est utilisée pour venir en aide à autrui, par le biais du transfert de mérites et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha (la nature essentielle de tout être possédant une conscience, de tout être vivant). » Pour cette branche du bouddhisme, une personne ayant atteint l’éveil ( bodhisattvas) peut continuer de vivre dans le monde en aidant par compassion les autres êtres vivants à s’éveiller à leur tour.

 

Les représentations de Bouddha

Les statues de Bouddha sont représentées avec des gestes symboliques (mudrā en sanskrit). Chaque attitude a une signification particulière. Voici les principales représentations :

  • « La Dhyāni-Mudrā, ou mudrā de la méditation. En position assise, la main droite repose dans la main gauche posée dans le giron, paume en l’air et les deux pouces s’effleurant.
  • La Bhûmisparsha-Mudrā, ou mudrā de la prise de la terre à témoin. Même position que la Dhyâni-Mudrâ, mais la main droite est posée sur le genou, les doigts effleurant la terre. Dans sa dernière méditation avant l’éveil, Bouddha subit les attaques de Māra, personnification du mal, qui tenta divers stratagèmes pour interrompre sa méditation. Finalement, Māra nia la réalité de l’éveil du Bouddha, arguant qu’il n’y avait pas de témoin ; celui-ci toucha alors la terre, qui était son témoin.
  • La Vitarka-Mudrā, ou mudrā de l’enseignement et de l’argumentation. En position debout ou assise, la main droite est relevée au niveau de l’épaule et le pouce forme avec l’index un cercle, les autres doigts étant relevés. Le bras gauche est au niveau de la taille, la main effectuant le même geste ou parfois la paume tournée vers le haut.
  • La Dharmachakra-Mudrā, ou mudrā de la mise en marche de la roue de la loi (dharma). En position assise ou debout, les deux mains sont devant le corps au niveau de la taille, la paume droite tournée vers l’extérieur, la gauche vers l’intérieur, pouce et index joints formant deux cercles tangents, la main droite à la verticale, la gauche à l’horizontale.
  • L’Abhaya-Mudrā, ou mudrā de l’absence de crainte et de la protection. En position assise ou debout, avec une seule main en avant, doigts joints vers le haut, paume vers l’extérieur. En Asie du Sud-est (mais pas en Inde), les deux mains sont parfois utilisées, cette attitude étant alors appelée « calmant l’océan ».
  • La Mettakaruna-Mudrā, ou mudrā de la bienveillance et de la compassion. En position debout, les deux bras le long du corps, les mains dans le prolongement, légèrement détachées du corps, paume vers l’intérieur.
  • L’Añjali-Mudrā, aussi appelée Pūjā-Mudrā, ou mudrā du salut et de la considération. Les deux mains sont paumes jointes, doigts tendus, au niveau de la poitrine, les doigts sous le menton. C’est le geste traditionnel du salut en Asie.
  • Position de la contemplation de l’arbre de la Bodhi : les deux bras descendent le long du corps et les mains sont croisées au niveau du poignet, paumes reposant sur les cuisses. »

 

Hindouisme

Un nouvel article sur une religion qui m’était pratiquement inconnue auparavant : l’hindouisme. Wikipedia a de nouveau été ma principale source d’information. En revanche, cette fois-ci, mon travail de synthèse et d’écriture a été plus approfondi.

L’hindouisme est une des plus anciennes religions au Monde. Le nombre de fidèles est estimé à plus d’1 milliard de personnes, ce qui en ferait la troisième religion après le Christianisme et l’Islam. Cette religion ne possède pas d’institution cléricale, mais des prêtres, les brâhmanes, appartenant à des écoles et courants qui cultivent des croyances et des rituels distincts, mais avec une base commune.

 

Histoire

L’hindouisme puis ses racines dans les croyances développées à l’âge de bronze (entre 3000 et 1000 avant JC) par la civilisation de la vallée de l’Indus (territoire qui correspond à peu près au Pakistan actuel). Il est considéré comme une forme évoluée du védisme (env. 1500-500 avant JC) et du brahmanisme (-600 à 500).

Le Véda (étymologiquement « découverte, révélation ») est un ensemble de textes sacrés, issus de la tradition orale, auxquels l’hindouisme se réfère et qui auraient été rassemblés vers 1500 avant JC. Le passage du védisme au brahmanisme est marqué par la rédaction de nouveaux textes sacrés qui complètent le Veda, les Brāhmaṇa. Enfin, le passage du brahmanisme à l’hindouisme s’accompagne de la rédaction des Āraṇyaka puis des Upaniṣad.

 

La mesure védique du temps

Selon les textes védiques, l’univers connaît des périodes d’expansion (kalpa ou jour de Brahmā) auxquelles succèdent des périodes d’anéantissement de même durée (pralaya ou nuit de Brahmā). Chaque période dure 4,32 milliards d’années. Chaque kalpa est divisé en 1000 mahayuga. Chaque mahayuga (4,32 millions d’années) est lui-même décomposé en 4 yuga (1,08 million d’années) : Satya (ou Krita), Treta, Dvapara et Kali, parfois baptisés respectivement âge d’or, âge d’argent, âge de bronze, et âge de fer. Selon cette mesure du temps, nous sommes actuellement au 4ème temps d’un mahayuga, autrement dit à un âge de fer (ou Kali yuga), « dénommé ainsi car c’est une période matérialiste et décadente par rapport à l’âge d’or de l’humanité » (Krita yuga).

On voit que cette mesure du temps postule une organisation cyclique du temps et de l’univers, cette notion de cycle se retrouvant à différentes échelles. Il est étonnant de constater que cette vision de l’univers rejoint certaines théories scientifiques qui considèrent que l’univers connaît cycliquement des phases d’expansion débutant par un big bang, puis des phases de contraction s’achevant par un big crunch.

 

Divinités

Le Brahman est décrit dans les texte védiques comme la réalité infinie, omniprésente, omnipotente, incorporelle, transcendante et immanente qui est la base divine de toute l’existence. C’est l’Absolu divin : tous les dieux de la religion hindoue ne sont que ses facettes, des incarnations du Brahman. L’hindouisme réalise en quelque sorte une synthèse entre monothéisme et polythéisme.

Les trois divinités majeures, incarnations du Brahman, forment une trinité baptisée Trimūrti. Il s’agit dans l’ordre de Brahmā, Vishnou et Shiva, qui associés représentent ensemble trois forces indissociables de l’univers.

Brahmā incarne l’action créatrice de Brahman. Il est traditionnellement représenté avec quatre têtes et quatre bras. La légende dit que Brahmā engendra une déité féminine, nommée Shatarūpā, dont il s’éprit immédiatement. Cet amour incestueux lui valut une condamnation perpétuelle exprimée par Shiva, interdisant de lui consacrer des lieux de culte et l’obligeant à réciter indéfiniment les 4 principaux textes de la Véda. De fait, très peu de lieux de culte lui sont consacrés.

Vishnou incarne l’action protectrice de Brahman. Il est souvent représenté en homme bleu avec quatre bras et vêtu d’une parure royale. Il possède de très nombreux avatars. Voici la liste la plus partagée de ses principaux avatars :

  1. Matsya, le poisson
  2. Kûrma, la tortue
  3. Varâha, le sanglier
  4. Narasimha, l’homme-lion
  5. Vâmana, le nain
  6. Parashurama, représenté avec une hache
  7. Rāma, image de l’homme parfait
  8. Krishna (signification « obscurité » ou « noir »)
  9. Siddhartha Gautama, Bouddha. L’intégration de Bouddha dans le panthéon hindou est apparue assez tardivement, probablement au VIIIe siècle.
  10. Kalkî (« temps ») est généralement représenté sur un cheval blanc, protecteur des brahmanes. Il est un signe avant-coureur de la fin du Monde.

Les 10 principaux avatars de Vishnou

Shiva incarne l’action destructrice de Brahman. Les attributs de Shiva sont un chignon, un croissant de lune accroché à sa chevelure, un troisième oeil qui perçoit au-delà de la réalité matérielle, le cobra représentant l’énergie primordiale divine, la peau de tigre symbolisant sa maîtrise de la nature. Il est également représenté parfois par un phallus stylisé, appelé lingam.

Ganesh est une autre divinité importante du panthéon hindouiste. Il est le fils de Shiva et Pârvatî. Il est le dieu qui supprime les obstacles, le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Il est facilement reconnaissable à sa tête d’éléphant.

Shiva et Ganesh

Au-delà de ces divinités majeures, l’hindouisme compte une multitude d’entités divines qui reflètent la diversité de la vie dans l’univers.

 

Les buts de l’existence

Selon l’hindouisme, il existe 4 buts à l’existence :

  1. Kâma ou le désir et le plaisir amoureux. Les Kâmasûtra exposent les moyens d’exalter les sens et d’épanouir la vie de couple, l’érotisme, « sans aucun tabou de principe ».
  2. Artha ou la prospérité matérielle. L’homme doit participer à la société en se créant un patrimoine et développer des relations sociales dans le cadre de son travail. Il doit faire attention de ne pas se faire abuser par le charme d’une vie d’aisance, mais doit en retirer un enseignement.
  3. Dharma ou le devoir. Le devoir permet à l’homme de poursuivre sa vie sur le droit chemin, en se conformant au droit et à la morale qui sont transcrits dans les Dharma-Sûtra ou la Manu-Samhitâ dite Lois de Manu.
  4. Moksha ou la délivrance. Durant les deux dernières périodes de la vie de l’hindou, celui-ci recherche moksha, la libération du cycle des réincarnations. D’après la tradition hindoue, l’homme qui a manqué sa délivrance doit parcourir un cycle de 8 400 000 re-naissances dans d’autres conditions que la condition humaine avant d’y accéder à nouveau. Toutefois, pour l’hindouisme, même un animal peut atteindre la Délivrance grâce à sa dévotion envers une divinité, contrairement au bouddhisme, au jaïnisme ou au sikhisme, qui considèrent qu’il faut être né humain pour pouvoir accéder au moksha. La conquête de cette liberté absolue constitue le but de toutes les philosophies et de toutes les techniques mystiques indiennes (notamment le yoga sous ses différentes formes).

Ce vers de Kâlidâsa, poète de langue sanskrit, ayant vécu entre le IVème et Vème siècle, résume les devoirs des hindous au cours de leur vie :

« Enfants, ils s’attachent à l’étude ; jeunes gens, recherchent les plaisirs ; vieillards, pratiquent l’ascèse ; et c’est dans le yoga qu’ils achèvent leur existence. »

L’hindouisme prescrit des devoirs universels, parmi lesquels on peut citer en particulier l’hospitalité, s’abstenir de blesser les êtres vivants ou non-violence, l’honnêteté, la patience, la tolérance, le contrôle de soi, la compassion, la charité et la bienveillance.

 

Le cycle de la vie

Le mot karma signifie « action ». L’hindou croit en une vie après la mort et avant la naissance, le corps n’étant qu’une enveloppe matérielle temporaire. l’homme devient ce qu’il accomplit ; les bonnes actions d’une existence antérieure améliorent les conditions de vie de l’existence à venir, tandis que de mauvaises actions les détériorent.

 

Taoïsme (道教)

A Kuala Lumpur, nous avons visité deux petits temples taoïstes dans le quartier chinois. Avant de vous donner mes impressions et de vous montrer les photos, il me semblait opportun d’écrire quelques lignes sur le sujet. Je connaissais très peu de choses sur le taoïsme avant notre séjour. L’article de Wikipedia est très riche et érudit. Il s’appuie sur des références nombreuses. En faire une synthèse m’a semblé trop complexe. Aussi, je me suis contenté de reprendre quelques éléments qui me semblaient des repères intéressants. Une fois n’est pas coutume, certains passages sont repris mot pour mot. Naturellement, ils sont indiqués entre guillemets. Si parmi les lecteurs du blog, il existe des connaisseurs du taoïsme, je les invite à enrichir le blog de leurs commentaires.

 

Philosophie et religion

Le taoïsme est à la fois une philosophie et une religion, qui puise ses racines dans la Chine ancestrale et qui apporte entre autres :

  • une mystique quiétiste
  • une éthique libertaire
  • un sens des équilibres yin yang
  • un naturalisme visible dans la calligraphie et l’art

Le Tao (道) 

Etymologiquement, Taoïsme signifie « enseignement de la voie ». « Le tao est la « Mère du monde », le principe qui engendre tout ce qui existe, la force fondamentale qui coule en toutes choses de l’univers. C’est l’essence même de la réalité et par nature ineffable et indescriptible. Il est représenté par le taìjítú, symbole représentant l’unité au-delà de la dualité yin-yang. »

« Le Yin, représenté en noir, évoque entre autres, le principe féminin, la lune, l’obscurité, la fraîcheur, la réceptivité, etc. Le Yang quant à lui (laissant apparaître le fond blanc), représente entre autres le principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur, l’élan, etc. »

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taìjítú

 

Suivre la Voie

« La recherche de la sagesse en Chine se fonde principalement sur l’harmonie. L’harmonie, pour les taoïstes, se trouve en plaçant son cœur et son esprit (…) dans la Voie (le Tao), c’est-à-dire dans la même voie que la nature. En retournant à l’authenticité primordiale et naturelle, en imitant la passivité féconde de la nature qui produit spontanément les « dix mille êtres », l’homme peut se libérer des contraintes et son esprit peut « chevaucher les nuages ». Prônant une sorte de quiétisme naturaliste (…), le taoïsme est un idéal d’insouciance, de spontanéité, de liberté individuelle, de refus des rigueurs de la vie sociale et de communion extatique avec les forces cosmiques. (…)

Pour se libérer des contraintes sociales, le taoïste peut fuir la ville et se retirer dans les montagnes, ou vivre en paysan. Dans les Entretiens de Confucius, on trouve déjà cette opposition entre d’une part ceux qui assument la vie en société et cherchent à l’améliorer (les confucianistes) et, d’autre part, ceux qui considèrent qu’il est impossible et dangereux d’améliorer la société, qui n’est qu’un cadre artificiel empêchant le naturel de s’exprimer (les taoïstes), une dialectique peut-être analogue à la question de l’engagement de l’intellectuel. Zhuangzi a des images frappantes : un arbre tordu, dont le menuisier ne peut faire de planches, vivra de sa belle vie au bord du chemin, tandis qu’un arbre bien droit sera coupé en planches puis vendu par le bûcheron. L’inutilité est garante de sérénité, de longue vie. De même l’occupant d’une barque se fera insulter copieusement s’il vient gêner un gros bateau, mais, si la barque est vide, le gros bateau s’arrangera simplement pour l’éviter. Il convient donc d’être inutile, vide, sans qualités, transparent, de « vomir son intelligence », de n’avoir pas d’idées préconçues et le moins d’opinions possible. Ayant fait le vide en soi, le sage est entièrement disponible et se laisse emporter comme une feuille morte dans le courant de la vie, c’est-à-dire : librement « s’ébattre dans la Voie ». »

 

La quête d’immortalité

« La quête d’immortalité est un principe organisateur des multiples pratiques du taoïsme. »

 

Histoire

Il est difficile de dater les débuts du taoïsme ou d’en raconter son histoire, tant ce terme regroupe des textes, des auteurs, des croyances et pratiques, des phénomènes historiques qui ont pu se réclamer les uns des autres, sur 2.500 ans d’histoire. Toutefois, il existe des textes fondateurs auxquels le mouvement se réfère. En particulier, le texte Tao Tö King (Livre de la Voie et de la Vertu) de Lao Tseu (VIème-Vème siècle avant JC), contemporain de Confucius et considéré a posteriori comme le père fondateur du taoïsme.

Le taoïsme situe un âge d’or avant l’histoire, avant les empereurs, imaginant une société paysanne heureuse sans ordre politique. Le plus ancien empereur auquel le mouvement se réfère, dont l’existence est d’ailleurs incertaine, est Huángdì (-2697~-2598), ce qui situe cet âge d’or. Outre la référence à cet empereur, 4 éléments importants du taoïsme apparaissent entre 1500 et 500 avant JC : le chamanisme, les sinogrammes, la dualité yin-yang, les immortels (仙).

Entre 400 et 1800, confucianisme, bouddhisme et taoïsme s’influencent mutuellement.

De tous temps, les écoles taoïstes ont été considérées comme des lieux idéaux pour développer des mouvements d’opposition. Dès le XIXème siècle, les taoïstes sont victimes de répression. Celle-ci s’intensifie à partir de 1919. « En 1920, une loi, peu appliquée il est vrai, interdit les temples dédiés aux divinités des éléments et des phénomènes naturels, ainsi que l’usage des talismans et autres protections magiques. Seuls les temples consacrés à des personnages illustres et exemplaires furent autorisés. »

A partir de 1948, les temples et monastères taoïstes furent victimes de destructions occasionnées par les communistes de Mao qui atteignirent leur paroxysme durant la révolution culturelle (1966), certains taoïstes trouvant refuge à Taïwan.

C’est en 1979 sous Deng Xiaoping que le taoïsme reprit une certaine activité en Chine. Certains temples furent rouverts et des associations taoïstes virent le jour avec l’aide d’anciens maîtres. Le premier centre de formation théologique ouvrit en 1984 au Baiyun Guan de Pékin, et des ordinations reprirent en 1989. En 1994, on comptait environ 450 grands temples et monastères rouverts et restaurés, en partie avec des fonds donnés par les taoïstes d’outre-mer. En novembre 1992 eut lieu la première visite officielle en Chine d’une délégation de l’Association générale des taoïstes de Taiwan. »

 

Kuala Lumpur, Malaisie

 

La Malaisie est un pays de 27 millions d’habitants. Les malais constituent la communauté ethnique majoritaire avec plus de 60% de la population. Arrivent ensuite les chinois et les indiens qui représentent respectivement 25% et 10% de la population. La constitution indique que l’Islam est la religion de l’Etat mais que d’autres religions sont également pratiquées dans le pays.

Quelques éléments historiques sur la Malaisie

Les frontières naturelles qui délimitent la péninsule font que cette région de l’actuelle Malaisie était identifiée en tant que telle, sous le nom Malaya, dès l’antiquité. La présence de traces hindou-bouddhiques est attestée dès le IVème siècle après JC. Au XVème siècle, la ville de Malacca, qui se situe sur la route commerciale entre l’Inde et la Chine, contrôlée par les marchands musulmans, est le port le plus important d’Asie du sud-est. C’est à cette époque que les souverains de Malacca se convertissent à l’Islam.

Les européens arrivent dans le pays à partir du XVIème siècle, avec l’objectif de s’installer pour contrôler le commerce maritime. Ce sont, tout d’abord, les portugais qui s’emparent de la ville de Malacca, en 1511. Le sultan de Malacca déplace sa cour à Johor (à la périphérie nord de l’actuelle Singapour). Cette conquête profitera peu aux portugais qui voient les marchands musulmans détournés le commerce vers les villes rivales d’Aceh (nord de Sumatra) et de Johor, qui rêvent de reconquérir Malacca.

Les hollandais, alliés à Johor, prendront à leur tour possession de la ville en 1641 et y resteront implantés jusqu’en 1795, année où la France envahit les Pays-Bas, contraignant le souverain batave à fuir en Angleterre d’où il donnera des instructions pour que les anglais sécurisent les colonies néerlandaises. Auparavant, les anglais avaient déjà obtenu le territoire de Kedah, en échange d’une protection militaire contre les visées impériales des deux royaumes du nord : Birmanie, au nord-ouest, et Siam, au nord-est. Avec la bienveillance du souverain batave en exil, les anglais s’installent à Malacca. En 1819, les anglais fondent la ville de Singapour, dans le cadre d’un traité avec le sultan de Johor. Durant le XIXème siècle, les anglais étendent progressivement leur contrôle sur toute la région, jusqu’à créer en 1910, un protectorat britannique.

Durant la seconde guerre mondiale, le pays est envahi par les japonais. La Fédération de Malaisie devient indépendante dans le cadre du Commonwealth en 1957. En 1963, les colonies britanniques de Singapour, Bornéo du Nord (rebaptisé Sabah) et Sarawak sont regroupés dans une nouvelle fédération baptisée Malaysia. Des tensions existent avec les Philippines qui revendiquent le territoire de Sabah et surtout avec l’Indonésie qui revendique les territoires de Sabah et Sarawak. Le conflit armé est évité de peu en 1965. De son côté, Singapour quitte la fédération en 1965 et accède à l’indépendance.

Depuis l’indépendance, le pays est gouverné par une coalition dominante, le Barisan National, regroupant des politiques de diverses mouvances (centre, droite, islamique, nationaliste…). Pour la première fois, en 2018, le pays a connu une alternance avec la victoire d’une coalition de gauche et centre, Pakatan Harapan (« Alliance de l’espoir »).

La Malaisie a connu une expansion économique spectaculaire ces 25 dernières années. Le pays a aujourd’hui un PIB par habitant proche de ceux du Portugal, de la Pologne ou de la Hongrie.

Kuala Lumpur

Kuala Lumpur est la capitale économique du pays. Elle compte environ 1,7 millions d’habitants. La ville doit sa création en 1850 à la découverte de gisements d’étain. Elle se développe et devient capitale des états malais fédérés (sous la tutelle britannique) en 1896.

Durant la seconde guerre mondiale, la ville est dévastée. En 1942, elle est conquise par les japonais. A la fin de la guerre, la ville se reconstruit rapidement.

En 1969, elle est le siège de violences inter-ethniques entre les communautés malaises et chinoises. D’ailleurs, l’une des particularités de la ville par rapport au reste du pays est la forte communauté chinoise, équivalente en taille à la communauté malaise.

A partir des années 80, la ville se déploie en hauteur et devient une mégalopole internationale, dont les tours Petronas, un temps les plus hautes du Monde, deviennent le symbole.

 

Visite de l’ancienne prison de Melbourne

Quand on visite Old Melbourne Gaol, en plein coeur de la ville, on découvre une prison comme on les imagine, avec des cellules sur trois niveaux alignées autour d’un puit central. Le lieu a quelque chose de ténébreux et glaçant. On peut y voir les instruments utilisés pour les punitions et châtiments corporels, la potence où étaient exécutés les condamnés à mort, des photos d’anciens prisonniers, des extraits de journaux et articles d’époque, des récits sur les détenus… Le lieu est lugubre mais très intéressant à découvrir. On mesure l’inhumanité de l’incarcération en pénétrant dans un tel lieu.

Malgré tout, nous avons beaucoup ri avec les filles. Le clou de la visite est une simulation d’arrestation opérée par un agent de police doublé d’un gardien de prison, plus vrai que nature. On se retrouve à poser ses effets personnels sur le sol, à mettre ses mains sur la tête, étendre les mains pour montrer que l’on n’a rien gardé, ouvrir la bouche, soulever ses chaussures, etc. On finit enfermer à une dizaine dans une ancienne cellule d’accueil, où la lumière s’éteint. Heureusement, nous n’avons pas été séparés! Ensuite, notre « hôte » nous a parlé de l’histoire de la prison et des modalités de garde des détenus avant le passage devant le tribunal, mais avec un accent et un débit qui m’ont empêché d’en comprendre la moitié! Cette animation se fait malgré tout dans la bonne humeur et on arrive à rire des facéties du gardien si on dépasse le sentiment de crainte qu’il fait naître instantanément.


La cour de la prison


Le coeur de la prison


Les lieux de la détention provisoire


Photo de famille avec notre « hôte » apparu subrepticement sur la photo