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Kuala Lumpur, Malaisie

 

La Malaisie est un pays de 27 millions d’habitants. Les malais constituent la communauté ethnique majoritaire avec plus de 60% de la population. Arrivent ensuite les chinois et les indiens qui représentent respectivement 25% et 10% de la population. La constitution indique que l’Islam est la religion de l’Etat mais que d’autres religions sont également pratiquées dans le pays.

Quelques éléments historiques sur la Malaisie

Les frontières naturelles qui délimitent la péninsule font que cette région de l’actuelle Malaisie était identifiée en tant que telle, sous le nom Malaya, dès l’antiquité. La présence de traces hindou-bouddhiques est attestée dès le IVème siècle après JC. Au XVème siècle, la ville de Malacca, qui se situe sur la route commerciale entre l’Inde et la Chine, contrôlée par les marchands musulmans, est le port le plus important d’Asie du sud-est. C’est à cette époque que les souverains de Malacca se convertissent à l’Islam.

Les européens arrivent dans le pays à partir du XVIème siècle, avec l’objectif de s’installer pour contrôler le commerce maritime. Ce sont, tout d’abord, les portugais qui s’emparent de la ville de Malacca, en 1511. Le sultan de Malacca déplace sa cour à Johor (à la périphérie nord de l’actuelle Singapour). Cette conquête profitera peu aux portugais qui voient les marchands musulmans détourner le commerce vers les villes rivales d’Aceh (nord de Sumatra) et de Johor. Ces derniers rêvent de reconquérir Malacca.

Les hollandais, alliés à Johor, prendront à leur tour possession de la ville en 1641 et y resteront implantés jusqu’en 1795, année où la France envahit les Pays-Bas, contraignant le souverain batave à fuir en Angleterre d’où il donnera des instructions pour que les anglais sécurisent les colonies néerlandaises. Auparavant, les anglais avaient déjà obtenu le territoire de Kedah, en échange d’une protection militaire contre les visées impériales des deux royaumes du nord : Birmanie, au nord-ouest, et Siam, au nord-est. Avec la bienveillance du souverain batave en exil, les anglais s’installent à Malacca. En 1819, les anglais fondent la ville de Singapour, dans le cadre d’un traité avec le sultan de Johor. Durant le XIXème siècle, les anglais étendent progressivement leur contrôle sur toute la région, jusqu’à créer en 1910, un protectorat britannique.

Durant la seconde guerre mondiale, le pays est envahi par les japonais. La Fédération de Malaisie devient indépendante dans le cadre du Commonwealth en 1957. En 1963, les colonies britanniques de Singapour, Bornéo du Nord (rebaptisé Sabah) et Sarawak sont regroupés dans une nouvelle fédération baptisée Malaysia. Des tensions existent avec les Philippines qui revendiquent le territoire de Sabah et surtout avec l’Indonésie qui revendique les territoires de Sabah et Sarawak. Le conflit armé est évité de peu en 1965. De son côté, Singapour quitte la fédération en 1965 et accède à l’indépendance.

Depuis l’indépendance, le pays est gouverné par une coalition dominante, le Barisan National, regroupant des politiques de diverses mouvances (centre, droite, islamique, nationaliste…). Pour la première fois, en 2018, le pays a connu une alternance avec la victoire d’une coalition de gauche et centre, Pakatan Harapan (« Alliance de l’espoir »).

La Malaisie a connu une expansion économique spectaculaire ces 25 dernières années. Le pays a aujourd’hui un PIB par habitant proche de ceux du Portugal, de la Pologne ou de la Hongrie.

Kuala Lumpur

Kuala Lumpur est la capitale économique du pays. Elle compte environ 1,7 millions d’habitants. La ville doit sa création en 1850 à la découverte de gisements d’étain. Elle se développe et devient capitale des états malais fédérés (sous la tutelle britannique) en 1896.

Durant la seconde guerre mondiale, la ville est dévastée. En 1942, elle est conquise par les japonais. A la fin de la guerre, la ville se reconstruit rapidement.

En 1969, elle est le siège de violences inter-ethniques entre les communautés malaises et chinoises. D’ailleurs, l’une des particularités de la ville par rapport au reste du pays est la forte communauté chinoise, équivalente en taille à la communauté malaise.

A partir des années 80, la ville se déploie en hauteur et devient une mégalopole internationale, dont les tours Petronas, un temps les plus hautes du Monde, deviennent le symbole.

 

Le 7 février, nous avons quitté Sydney pour Kuala Lumpur. Nous sommes ainsi repassés dans l’hémisphère nord. Nous avons passé 5 jours dans la capitale malaise avant de nous envoler pour la Thaïlande où nous sommes depuis et où nous restons jusqu’au 9 mars. J’ai donc pris pas mal de retard dans mes articles. Mais je devrai rattraper cela dans les prochaines semaines…

Initialement, nous pensions entrer en Asie par Singapour. Mais nous nous sommes épargnés une étape supplémentaire et avons préféré Kuala Lumpur, qui est beaucoup plus abordable.

 

Fin de notre voyage en Australie

L’Australie m’aura laissé des impressions contrastées.

Les villes sont très agréables. Culturellement, elles semblent plus proches des capitales européennes que des grandes villes américaines. A aucun moment, je n’ai ressenti la moindre violence. On voit très peu de pauvreté. L’Australie a d’ailleurs un taux de chômage très faible. De nombreux secteurs sont même en manque de main-d’oeuvre. Sydney et Melbourne sont des villes à l’architecture variée, avec de nombreux parcs et la proximité de la mer. Il y fait bon vivre.

Le coeur rouge nous a mis au contact d’une Australie sauvage, aux paysages à la beauté brute. Mais difficile de s’imaginer y vivre, surtout avec la chaleur étouffante qu’il y règne une partie de l’année.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé les australiens assez distants. Dans tous les pays que nous avons visités jusqu’alors, nous avons eu l’occasion d’échanger avec les habitants. Parfois, il s’agit de quelques mots, d’un sourire, d’autres fois, de discussions un peu plus longues et d’échanges amicaux. Ce peut être au restaurant, dans les commerces, avec un hôte Airbnb, dans un hôtel, un taxi… Mais bizarrement, j’ai l’impression d’avoir moins eu ce type d’échanges sympathiques et bienveillants en Australie. Est-ce l’influence de la culture britannique qui explique ce relatif sentiment de froideur et de distance?

Il reste enfin, que derrière la vitrine impeccable et idéale qu’offre les grandes villes, l’Australie est un pays qui ne parvient pas à apporter une réponse à la question aborigène. La reconnaissance des crimes du passé paraît incomplète. Il semble subsister une forme de ségrégation qui ne dit pas son nom, peut-être non voulue, mais résultat d’une histoire, d’une forme de racisme qui peut perdurer et également d’une hésitation du peuple aborigène entre la perpétuation de modes de vie ancestraux et l’intégration dans la société australienne moderne. Je ne prétends pas avoir compris l’intégralité des problèmes liés à la question aborigène. Ce voyage a plutôt fait naître en moi de nombreuses interrogations.