Dernier mot sur le Cambodge

Il suffit de regarder la liste des articles pour comprendre que le principal attrait du voyage au Cambodge réside dans la visite d’Angkor, qui est probablement l’un des sites les plus impressionnants que j’ai eu l’occasion de visiter. Je souhaite à chacun d’avoir un jour le bonheur de découvrir ces ruines merveilleuses.

En-dehors d’Angkor, j’avoue avoir été déçu. Le pays est très sale. Les routes sont longées d’interminables amas de détritus. Les plastiques volent partout jusque dans les champs. Personne ne semble s’en émouvoir n’y faire le moindre effort pour limiter cette contamination du paysage. Bien sûr le pays est pauvre. Mais cela n’explique pas tout.

Si le pays a connu une croissance importante depuis une vingtaine d’années, les richesses produites sont probablement très mal réparties. En effet, partout, le dénuement des populations atteste de la pauvreté qui règne encore dans le pays.

Les cambodgiens sont peu souriants. Sans doute que l’histoire qu’ils ont vécue depuis les années 70, la situation politique du pays et la misère qui persiste expliquent largement ce désespoir qu’on lit souvent sur leurs visages.

Malgré tout, je pense que les conditions de vie s’améliorent progressivement. Des efforts semblent faits pour assurer une éducation minimale aux moins de vingt ans qui représentent plus de 40% de la population et l’avenir du pays.

 

Angkor, un dernier mot

Je dois être un « bon visiteur » comme il y a de « bon spectateur ». Je ne sais si je parviens à m’auto-convaincre de l’intérêt ou de la beauté de ce que je visite, mais je constate que je suis rarement déçu. Une nouvelle fois, j’ai été ravi par un site qui figurait dans ma liste secrète et dont je craignais d’être déçu.

Angkor est un site éblouissant pour peu qu’on le visite avec un peu de méthode. Je pense qu’il peut devenir étouffant, ennuyeux, si on veut faire trop de visites dans la même journée ou que l’on se trouve dans des temples surpeuplés de touristes. Angkor continue de vivre et de se transformer au grès des rénovations. Je suis convaincu que l’on peut y revenir indéfiniment et découvrir chaque fois de nouvelles facettes. Nous l’avons vu à une période chaude et sèche, mais j’imagine que les temples sous la pluie ou enveloppés de brume doivent révéler d’autres charmes.

J’ai essayé à travers les photos de partager mon émerveillement. J’espère être parvenu à raviver des souvenirs chez ceux qui connaissent Angkor, et avoir donné aux autres l’envie de découvrir cette merveille.

 

Angkor Vat, noir et blanc

Lorsqu’on pénètre dans le temple, l’enchevêtrement de colonnes, de cours, de motifs décoratifs muraux, de bois et de pierre, les rayons du soleil qui tantôt pénètrent entre les structures tantôt s’évanouissent derrière les éléments architecturaux, les escaliers, les paliers, les changements de niveau, plongent le visiteur dans un état de fascination qui le conduit à se perdre entre pénombre et lumière et l’invite à la méditation.


Angkor Vat, photos

Edifice à l’entrée ouest d’Angkor Vat


Bibliothèques nord et sud, entre l’entrée ouest et le temple montagne


Angkor Vat, accès ouest par la terrasse d’honneur


Accès est


L’une des premières cours à l’ouest du temple


Bibliothèque nord, entre la première et la deuxième enceinte du temple


Escalier entre la première et la deuxième enceinte


Temple montagne, vu depuis l’extérieur de la deuxième enceinte


Cour dans la deuxième enceinte, vue depuis l’intérieur du temple


Prasats du temple montagne


Cour à l’intérieur de la troisième enceinte, au sommet du temple

 

Angkor Vat

Dédié initialement au dieu hindou Vishnou, consacré au bouddhisme par la suite, le temple d’Angkor Vat fut construit au début du XIIème siècle. Il est le seul temple à être demeuré un lieu de culte à travers les siècles. Il est devenu le symbole du Cambodge et est apparu sur le drapeau cambodgien dès 1863, à l’époque du protectorat français.

Le temple est entouré de douves externes et d’un mur d’enceinte.  Les douves forment approximativement un rectangle de 1,5 km sur 1,3 km et sont d’une largeur d’environ 170 m. L’accès principal se situe à l’ouest. Un édifice en forme de galerie de plus de 200 m de façade accueille les visiteurs. Une fois ce bâtiment traversé, on découvre une immense étendue découverte avec plusieurs bâtiments rectangulaires et deux bassins placés devant le temple montagne, situé en son centre. Le temple à proprement parlé est lui-même entouré de 3 galeries de forme rectangulaire. La galerie externe dessine un rectangle de 200 m sur 170 m. Cette architecture dessine une progressivité par le franchissement de plusieurs enceintes et cours, et par l’ascension progressive vers le lieu le plus sacré du temple.

Le temple possède des bas-reliefs finement décorés et aux dimensions gigantesques, représentant notamment des victoires des khmers sur leurs voisins chams.

Lorsque nous visitâmes le temple, la lumière était irréelle. Les rayons du soleil pénétraient difficilement la brume qui entourait le site et baignait les structures d’une lumière chaude et diffuse. L’émotion que je ressentis en découvrant Angkor Vat fut comparable à celle que j’avais ressentie quelques mois plus tôt au Macchu Picchu ou devant les étendues de l’ouest américain. Il est difficile d’expliquer un tel sentiment et d’en comprendre son origine. Mais l’émotion était tellement forte que j’en avais les larmes aux yeux.

Le temple présente une architecture simple en apparence qui répète des motifs récurrents. Comme c’est la tradition en Asie, les seuils des portes sont surélevés et ferment les cadres des portes qui semblent des accès magiques à de nouveaux espaces. Ces portes précisément et les colonnes dessinent des lignes de fuite qui semblent converger au bout des longues galeries externes qui entourent le temple. Les matériaux sombres sont patinés par le temps mais conservent une majesté mystérieuse. Lorsqu’on pénètre dans le temple, l’enchevêtrement de colonnes, de cours, de motifs décoratifs muraux, de bois et de pierre, les rayons du soleil qui tantôt pénètrent entre les structures tantôt s’évanouissent derrière les éléments architecturaux, les escaliers, les paliers, les changements de niveau, plongent le visiteur dans un état de fascination qui le conduit à se perdre entre pénombre et lumière et l’invite à la méditation.

Nous avons eu la chance de visiter Angkor Vat à une heure où le nombre de touristes était encore relativement faible, ce qui facilite la rêverie et la contemplation. J’imagine que quand les groupes s’amoncellent et se bousculent pour faire des selfies, la magie du lieu s’altère.