Japon, repères historiques (2ème partie) : de l’époque Meiji à la fin de l’occupation américaine

L’empereur Meiji accède au trône en janvier 1868. Le début de l’ère Meiji est proclamé en octobre 1868. Mais les partisans de l’ancien régime, le shogunat Tokugawa, prennent les armes et ne sont soumis militairement qu’en 1869. Cependant, dès 1868, le nouvel empereur entreprend une grande modernisation du pays, fortement inspirée des modèles occidentaux et reposant sur une plus grande centralisation de l’Etat. Une constitution est adoptée le 11 février 1889, donnant un pouvoir important à l’empereur, et qui restera en vigueur jusqu’en 1947. Le Japon connaît une forte croissance économique et démographique jusqu’en 1915 (la population passe de 30 à 50 millions d’habitants en moins de 50 ans). Les conditions de travail extrêmement difficiles dans l’industrie conduisent à la diffusion d’idées socialistes venues d’Europe et à l’émergence de premières règles pour limiter le travail. Ainsi en 1911, l’âge minimum pour travailler est fixé à 12 ans et la durée du travail journalier est bornée à 10 heures pour les femmes et les enfants.

L’ère Meiji est également marquée par deux succès militaires importants du Japon qui consacre son ambition impérialiste. La première est le résultat d’une guerre menée contre la Chine entre 1894 et 1895 et ayant pour enjeu la Corée, état vassal de la Chine. La victoire japonaise conduit à la signature du traité de Shimonoseki qui prévoit l’abandon de la suzeraineté chinoise sur la Corée, placée sous protection japonaise, et la cession de la Chine au Japon d’un certain nombre d’îles, la plus importante étant Formose (aujourd’hui Taïwan). Taïwan puis la Corée sont transformées en colonies respectivement en 1905 et 1910. Le second succès japonais est obtenu face aux russes en 1905 dans le cadre d’une guerre débutée un an plus tôt et ayant pour enjeu le contrôle de la Mandchourie. Il permet au Japon d’occuper la moitié sud de l’île de Sakhaline. Durant la première guerre mondiale, le Japon se range aux côtés des alliés et prend possession des territoires allemands dans le Shandong (Chine continentale). A la fin de la guerre, les revendications japonaises sur le Shandong sont confirmées dans le Traité de Versailles, malgré l’opposition chinoise.

L’empereur Meiji meurt en 1912. L’empereur Taisho lui succède marquant le début de l’ère du même nom. Taisho souffre d’une maladie cérébrale, liée aux séquelles d’une méningite contractée quelques semaines après sa naissance. Il s’avère dans l’incapacité de gérer les affaires de l’Etat. Le pouvoir se déplace vers le parlement du Japon, la Diète. Cette ère est caractérisée par un renforcement de la démocratie et un fort développement économique. Taisho meurt le 25 décembre 1926.

L’empereur Showa (Hirohito) lui succède. Après la crise internationale de 1929, un mouvement nationaliste radical émerge au Japon. Il est favorisé par le prestige que l’armée tire de ses victoires passées et présentes. Dès 1931, le Japon envahit la Mandchourie. En 1932, le Japon y crée l’Etat fantoche du Mandchoukouo. En janvier 1932, le Japon prend possession de Shanghai. Finalement, le 15 mai 1932, les militaires prennent le pouvoir en assassinant le premier ministre japonais, Inukai Tsuyoshi, mettant ainsi fin au régime démocratique qui avait émergé après la première guerre mondiale. Le Japon quitte la Société des Nations en 1933. En novembre 1936, le Japon signe le pacte anti-Komintern avec l’Allemagne hitlérienne. Une nouvelle phase d’expansion en Chine débute en juillet 1937, donnant lieu à des massacres de population, notamment à Nanjing où 200.000 chinois sont exécutés. La population japonaise est opposée au conflit et n’est pas informée des exactions commises par son armée. Au Japon, la répression vis-à-vis des opposants politiques s’intensifie. En 1938, les militaires ambitionnent d’étendre leur possession au nord et attaquent la Russie. Ils subissent des revers qui arrêtent l’expansion au nord. Le Japon signe finalement le 13 avril 1941, un pacte de non agression avec la Russie. Le début des conflits en Europe et les premières victoires allemandes, affaiblissent les puissances européennes en Asie. Le Japon en profite dès 1940 pour tenter une expansion de son empire au sud. Le Tonkin est attaqué en septembre 1940, puis envahi. Le sud de l’Indochine française est à son tour envahie en 1941. Les Etats-Unis décident d’imposer un embargo sur le pétrole exporté vers le Japon pour asphyxier le pays. Se sentant menacés, les japonais attaquent simultanément les américains à Pearl Harbor et les britanniques en Malaisie, provoquant l’entrée en guerre des Etats-Unis dans le conflit mondial. Les japonais envahissent dans la foulée les Philippines, Hong Kong, Guam, les Indes orientales néerlandaises, la Birmanie. Leur progression est toutefois arrêtée au milieu de l’année 1942 et à partir de la bataille de Guadalcanal en février 1943, les japonais sont contraints de mener une guerre défensive. La reconquête américaine est inexorable mais lourde en pertes humaines. En juin 1945, les américains conquièrent l’île d’Okinawa. Un plan d’invasion du Japon est envisagé. Mais il est finalement décidé d’utiliser l’arme nucléaire, nouvellement conçue, pour accélérer la reddition japonaise. Hiroshima est bombardée le 6 août 1945 après un ultimatum resté sans réponse. Nagasaki est bombardée le 9 août 1945. Selon l’origine des chiffres entre 100.000 et 300.000 personnes seraient mortes suite à ces deux bombardements, auxquelles il faut ajouter les personnes irradiées pouvant être décédées plus tard. Le 9 août, les soviétiques envahissent la Mandchourie. Dès le 10 août, Hirohito annonce à ses proches sa décision d’accepter la capitulation. Il fait une allocution au peuple japonais le 14 août et émet le 17 août un édit ordonnant aux soldats de déposer les armes. La reddition est signée le 2 septembre. Le pays sort exsangue de la seconde guerre mondiale.

Entre 1945 et 1952, le Japon vit sous occupation américaine. Les Etats-Unis se portent d’emblée garants du retour à la démocratie. Les femmes obtiennent le droit de vote (rappelons que les femmes ont voté pour la première fois en France seulement en octobre 1945). Des élections législatives sont organisées en avril 1946 permettant un grand renouvellement de la classe politique. Une nouvelle constitution entre en vigueur en 1947. Les Etats-Unis aux prises avec la guerre froide, font du redressement économique du Japon une priorité. Le 8 septembre 1951, le Japon signe le traité de San Francisco par lequel il reconnaît l’indépendance de plusieurs pays d’Asie et affirme renoncer à toute revendication territoriale. Ce traité prévoit également la fin de l’occupation américaine. 48 pays, principalement parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, ratifient ce traité. La Chine signe un traité de paix séparé en 1952.

 

Taipei (台北), Taitung (台東), Tainan (台南), Taichung (台中)

Avez-vous remarqué comme les noms de ces 4 villes taïwanaises se ressemblent? Le caractère (tai) peut signifier terrasse, autel, estrade ou bureau… Les caractères (bei), (dong), (nan), (zhong, prononcé « djong ») signifient respectivement nord, est, sud, milieu (ou centre). Vous noterez que les noms de ces villes écrits en caractères latins sont trompeurs. Quand je disais « taïtoung », on me regardait bizarrement et on me disait « ahhh… taïdong! ». De même quand je disais  « taïchoung », on me répondait « ohhh… taïdjong! »…

Voici, en tout cas, le mystère de ces ressemblances élucidé.

C’est l’occasion pour moi de vous dire à quel point, je trouve les idéogrammes beaux, magiques et fascinants.

 

Tainan (台南)

Tainan est une ville de près de 800.000 habitants, située à une heure de route au nord de Kaohsiung.

La ville a été fondée en 1624 par la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, sous le nom de fort Zeelandia. En 1662, après un siège de 9 mois contre fort Zeelandia, le général Zheng Chenggong obtient la reddition des néerlandais, mettant fin à leur domination de 38 ans sur l’île. Fort Zeelandia est rebaptisé Anping. Lorsqu’en 1681, les chinois assujettissent l’île, ils rattachent Taïwan à la province de Funan, changent de nouveau le nom de la ville en Taïwan-fu et en font la capitale de l’île. La ville se développe fortement dans les deux siècles suivants et restera capitale jusqu’en 1885, année où le centre administratif de l’île est déplacé plus au nord, à Toatun (aujourd’hui Taichung). En 1885, la ville change de nouveau de nom pour s’appeler Tainan.

La guerre sino-japonaise de 1895 voit la défaite de la Chine qui est contrainte de céder Taïwan à la Chine. Après le départ des chinois et avant l’arrivée des japonais, les taïwanais tentent de proclamer leur indépendance en créant la République de Formose depuis Tainan, en mai 1895. Le 21 octobre, les troupes japonaises entrent dans Tainan et reprennent le contrôle de la ville.

En 1904, avec 50.000 habitants, Tainan est encore la ville la plus peuplée de Taïwan. Après la seconde guerre mondiale, Tainan perd jusqu’à sa position dominante dans le sud de l’île au profit de Kaohsiung qui connaît un fort développement économique grâce à son port.

 

Musée national du palais

Le musée national du palais de Taipei a recueilli les collections impériales de la Cité Interdite de Pékin.

Puyi, le dernier empereur de Chine, est contraint d’abdiquer en 1912 et vit emprisonné dans la Cité Interdite jusqu’en 1924. En 1924, il est chassé de la Cité Interdite et le palais est placé sous la juridiction du ministère de l’intérieur. Le musée national du palais ouvre ses portes au public le 10 octobre 1925. En 1931, le Japon envahit la Mandchourie. Devant la menace japonaise, il est décidé d’évacuer les trésors de la Cité Interdite dans le sud de la Chine, vers Nanjing. C’est le début d’un long périple, au cours duquel, la collection sera divisée en plusieurs lots, passant au fil des années en d’innombrables villes de Chine pour être protégée des envahisseurs japonais. En 1947, la collection est réunie à Chongqing puis acheminée par voie fluviale à Nanjing. Face à l’insurrection communiste, les dirigeants de la République de Chine prennent la décision, de transférer les pièces les plus importantes à Taïwan. 3 navires sont affrétés. Le dernier arrivera à Taïwan en janvier 1949.

Aujourd’hui, le musée compte près de 700.000 pièces. Il se présente comme la plus grande collection d’art chinois dans le Monde. Toutes les oeuvres ne sont pas exposées. Le musée réalise des expositions temporaires pour faire tourner sa collection.

Le musée est très bien conçu avec des salles vastes et bien éclairés. Il est organisé en sections : les peintures et la calligraphie, les bronzes, les sculptures de jade, les céramiques… C’est la section dédiée à la peinture et à la calligraphie que j’ai préférée. Mais je n’ai pas pensé à prendre des photos. Sans doute étais-je trop fasciné par les oeuvres que je contemplais…

 

Promenade en photos dans le centre de Taipei

Taipei est une ville très plaisante où le piéton est le bienvenu. Après trois mois passés dans des environnements urbains très bruyants, nous avons particulièrement apprécié le calme de la capitale taïwanaise. La ville compte de nombreux parcs, un riche patrimoine architectural, des quartiers animés sans être agressifs, un métro d’une propreté irréprochable et des habitants sympathiques.


Dans le métro de Taipei


Parc du mémorial de la paix 228 (en relation avec les événements sanglants du 28 février 1947).


Les taxis jaunes sont omniprésents dans les rues de la ville


Le petit temple taoïste Tianhou, coincé entre deux boutiques


The Red House est un bâtiment iconique du quartier commerçant de Ximanding. Construit en 1908 pour servir de marché, il a été reconverti depuis en centre culturel, accueillant artistes et créateurs.


Palais présidentiel


Statues dans le quartier de Ximanding


Le parc Nishi Honganji est un vestige de la période japonaise. Un temple bouddhiste qui a brûlé se trouvait en ce lieu. Il ne reste que la cloche qui a été rénovée et un pavillon construit pour l’abriter.


Eglise presbytérienne. Les chrétiens représentent environ 4% de la population taïwanaise. Les protestants sont plus nombreux que les catholiques.


Hôpital


Statue de Lin Sen, président de la République de Chine entre 1931 et 1943

 

Taïwan

Nous sommes venus à Taïwan un peu par hasard. Après avoir éliminé la Russie et la Chine de notre tour du Monde, pour nous éviter des complications avec l’obtention des visas, nous nous sommes interrogés sur le pays que nous pourrions caler dans notre programme. Je vous passe les étapes de notre réflexion. Mais nous avons fini par retenir Taïwan pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il n’y a pas de problème de visa. Puis, le pays se situe à mi-distance entre le Vietnam et le Japon, ce qui permettait de l’insérer facilement dans notre programme, sans allonger la distance parcourue. La culture étant proche de celle de la Chine continentale (même langue, mêmes influences religieuses, cuisine similaire…), il permettait, à défaut d’aller en Chine continentale, d’entrer en contact avec la culture chinoise. La période de 3 semaines disponibles semblait bien correspondre à la taille du pays. Enfin, des personnes m’avaient parlé de la beauté de l’île.

En arrivant, je connaissais peu de choses de l’histoire de Taïwan. Je savais que le chinois était la langue utilisée. Je savais que le pays avait appartenu à la Chine et qu’après la seconde guerre mondiale, il était devenu indépendant. Je savais les tensions diplomatiques qui existaient entre les 2 pays. J’avais en mémoire l’affaire de la vente des frégates par la France. J’avais noté, la provocation de Trump, favorable à une reconnaissance des « deux Chine », ainsi que la réplique du président chinois, rappelant les revendications territoriales de la Chine sur Taïwan. Mais, en arrivant, j’ai été surpris de découvrir l’influence japonaise sur l’urbanisme de Taipei, sur la cuisine (je crois qu’il y a plus de restaurants japonais que de restaurants chinois), sur les panneaux publicitaires ou dans les magasins dans l’utilisation de l’iconographie manga… En outre, nous avons découvert, au cours de notre visite de Taipei que la principale salle de concert, le Taipei Zhongshan Hall, avait été construit en l’honneur du couronnement d’Hirohito, l’empereur du Japon (1936). Enfin, nous avons vu de nombreux hommes d’affaires japonais dans les restaurants de la ville. J’ai ainsi pris conscience que je savais peu de choses sur l’histoire du pays. Il m’est apparu nécessaire de me documenter un peu. Voici donc en quelques phrases un résumé de l’histoire de Taïwan…


Taipei Zhongshan Hall


Jusqu’au XVIème siècle, les populations austronésiennes de l’île de Taïwan développèrent une société autonome sans contact important avec l’extérieur. Le premier contact avec les populations européennes eut lieu en 1542, lorsque les portugais découvrirent l’île. La légende dit d’ailleurs que l’ancien nom de Formose aurait été donné par les portugais, séduits par la beauté de l’île, l’expression « isla formosa » signifiant « belle île » en portugais ancien. En 1646, le gouverneur espagnol des Philippines envoya une expédition sur l’île qui débarqua à l’emplacement de l’actuelle Keelung (nord-est de l’île) et y fonda la ville de San Salvador. Des missions chrétiennes y furent actives jusqu’en 1632. Mais ce sont les hollandais, colonisateurs de l’île, qui induisirent un changement majeur dans la vie de l’île en favorisant une migration chinoise, qui se poursuivit après que les hollandais furent chassés de l’île par Zheng Chenggong, en 1662. Quelques années auparavant, la dynastie Ming fut elle-même chassée du pouvoir en Chine continentale par les mandchous. Il est intéressant de noter que Zheng Chenggong, fidèle aux Ming considérait alors Taïwan comme une base arrière pour reconquérir la Chine continentale. A ce moment, la population de l’île s’élevait à 200.000 personnes qui se répartissaient comme suit : 100.000 chinois, 50.000 hollandais, 50.000 aborigènes. En 1683, Taïwan tomba à son tour aux mains de la dynastie régnante en Chine continentale. L’île demeura sous le contrôle de la Chine continentale jusqu’en 1895.

Entre 1894 et 1895, la Chine et le Japon furent en guerre, à l’origine pour le contrôle de la Corée. La défaite de la Chine donna lieu à la signature du traité de Shimonoseki par lequel elle céda Taïwan au Japon. L’île vécut ainsi sous domination japonaise jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

Les troupes du Parti Nationaliste chinois (Kuomintang), dirigé par Chiang Kai-Shek, arrivèrent à Taïwan en 1945, dès le retrait des japonais, et installèrent un gouvernement qui rencontra l’opposition des taïwanais. Le 28 février 1947, des émeutes éclatèrent et furent réprimées dans le sang, entraînant près de 30.000 morts. Ce fut le début de la terreur blanche. En Chine continentale, les communistes de Mao Zedong défirent l’armée de Chiang Kai-Shek. Ce dernier se réfugia à Taïwan avec environ 2 millions de personnes dans son sillage, fuyant le régime communiste. A partir de ce moment, l’île vécut sous la dictature soutenue par les Etats-Unis. A la mort de Chiang Kai-Shek, son fils Chiang Chin-Kuo, lui succéda et le régime s’assouplit progressivement, jusqu’à l’apparition du multi-partisme (1986), l’organisation d’une première élection présidentielle au suffrage universel direct (1996) et l’avènement d’une première alternance (2000).


Monument de la paix, en commémoration des événements du 28 février 1947


Taïwan, qui se nomme officiellement la République de Chine, n’a jamais proclamé son indépendance car ses dirigeants considèrent qu’ils sont les seuls représentants légitimes de la Chine et revendiquent le rattachement de la Chine continentale. Evidemment, les dirigeants chinois, considèrent a contrario que Taïwan n’est qu’une province de la Chine. Cette histoire explique le face à face tendu qui existe entre les deux pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Jusqu’en 1971, le siège de la Chine à l’ONU était occupé par Taïwan. Le refus de Chiang Kai-Shek de reconnaître qu’il était légitime que la Chine continentale disposât d’un siège à l’ONU, conduisit en 1971 au vote de la résolution 2758 qui fit perdre son siège à Taïwan au profit de la République Populaire de Chine.

A partir des années 70, Taïwan connut une croissance économique très rapide, à l’instar de la Corée du Sud, de Hong-Kong et de Singapour (les 4 pays étant alors connus comme les 4 dragons asiatiques). Le pays est ainsi devenu l’un des pays les plus riches d’Asie. Le pays se classait en 2017, selon le FMI, au 21ème rang mondial par son PIB (en parité de pouvoir d’achat), devant des pays comme le Royaume-Uni (28e), la France (29e), le Japon (30e) ou la Corée du Sud (32e).

Malgré les blessures de l’Histoire, Taïwan est parvenu à développer une société prospère, riche d’une culture originale, ouverte sur le Monde, mélange de différentes influences, et a su préserver une indépendance de fait vis-à-vis de la République Populaire de Chine, en dépit du déséquilibre du rapport de forces qui existe (23,5 millions d’habitants contre 1,4 milliard d’habitants). Cela a été possible grâce au soutien des Etats-Unis. Mais combien de temps cela durera-t’il encore? Tout se monnaye et les Etats-Unis sont loin de Taïwan… Il y a fort à craindre que dans un avenir plus ou moins proche, les Etats-Unis finissent par « lâcher » Taïwan, livrant ainsi l’île à son voisin aux visées impérialistes, subissant le sort que connurent, ces dernières décennies, Macao puis Hong-Kong.

 

Hội An, visite de la ville en photos

Hoi An compte une vingtaine de temples, maisons anciennes et musées qui peuvent être visitées. La ville propose un système de visite à la carte qui consiste à acheter des tickets pouvant être utilisés partout. On donne un ticket à chaque visite. La première fois, on achète obligatoirement 5 tickets. Ensuite, on achète le nombre de tickets complémentaires en fonction des visites que l’on souhaite faire. Il existe de nombreux points de vente dans tout le quartier piétonnier. Pour notre part, nous avons passé deux jours pleins à Hoi An et avons visité une quinzaine de sites en deux matinées. Voici quelques photos…


Maison commune de la congrégation chinoise du Fujian (1690)


Temple Quan Cong (1653)


Maison commune de la congrégation Minh Huong (XVIIème siècle)


Maison commune de la congrégation chinoise du Hainan (fin du XIXème siècle)


Temple chinois Trieu Chau (1845)


Maison commune des 5 congrégations chinoises (1773)


Ancienne maison de commerçant chinois, 9 D Nguyen Thai Hoc (XVIIIème siècle)


Pont couvert japonais (1590)


Maison Tan Ky (fin du XVIIIème siècle)


Maison de la famille Tran (fin du XVIIIème siècle)


Maison commune de Cam Pho


Maison commune de la congrégation chinoise de Canton (1786)


Divers

 

Hội An

La ville de Hoi An compte aujourd’hui 120.000 habitants. Elle est située à 30 km au sud de Da Nang, la 3ème ville du Vietnam.

Hoi An fut longtemps une ville importante et une étape prisée par les commerçants chinois et japonais, sur la route de la soie. Elle connut une forte expansion à partir du XVème siècle jusqu’à devenir l’un des principaux ports d’Asie du sud-est. Au XIXème siècle, l’assèchement de la rivière Thu Bon qui traverse la ville rendit l’accès au port compliqué pour les bateaux de grande taille. La ville déclina progressivement au profit de Da Nang. Au XXème siècle, Hoi An, échappa miraculeusement aux destructions occasionnées par les différentes guerres.

La vieille ville fut inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999. 844 bâtiments sont aujourd’hui répertoriés par l’UNESCO pour leurs intérêts historique et architectural. Le coeur de la vieille ville est interdit aux véhicules à moteur. Toutefois, il est fortement recommandé de visiter la ville tôt dans la journée car l’après-midi elle est envahie par les touristes déversés par cars entiers. A la nuit tombée, la ville retrouve un peu de son calme.

Un après-midi nous avons emprunté des vélos que l’hôtel tenait à notre disposition. L’accès à la vieille ville a été périlleux car nous avons dû affronter la terrible circulation vietnamienne où les croisements se font sans feu rouge. C’est une épreuve redoutable pour les nerfs. Mais une fois arrivés à la vieille ville, nous avons eu la surprise de découvrir des rues tellement encombrées de touristes qu’il était quasiment impossible de circuler en vélo, même en avançant au pas.


Photo de notre hôtel, où nous avons reçu un accueil exceptionnel de chaleur et d’attention

 

Les pagodes d’Hô Chi Minh Ville

Les pagodes d’Hô Chi Minh Ville sont à l’image de la religion vietnamienne. Elles mélangent des influences des trois religions : bouddhisme, taoïsme, confucianisme.

J’ai visité 8 pagodes. Elise et les filles ne m’ont accompagné que pour la première d’entre elles, qui se situe dans le centre historique de la ville. J’ai exploré seul les 7 autres qui se trouvent dans le quartier chinois d’Hô Chi Minh Ville. Ce tour des pagodes m’a pris environ 2 heures.

 

La pagode de l’Empereur de Jade

Cette pagode taoïste avec de nombreuses références bouddhistes a été construite en 1909. Elle est dédiée à l’Empereur de Jade (Ngoc Hoang), le dieu suprême taoïste, assimilé au seigneur du ciel.

 

La pagode Phuoc An Hoi Quan

Cette pagode construite en 1902 par la congrégation du Fujian (province du Sud est de la Chine dont la capitale est Fuzhou) est dédiée au général chinois Quan Cong (IIIème siècle, dynastie Han).

 

La pagode Ha Chuong Hoi Quan

Cette pagode du Fujian est dédiée à la déesse de la Mer, Thien Hau.

 

La pagode Ong Bon

Comme les deux précédentes, cette pagode a été construite par la congrégation du Fujian. Elle est dédiée à Ong Bon, gardien du bonheur et de la prospérité. Quand j’ai visité cette pagode, plusieurs écoliers de l’école voisine s’étaient installés à l’entrée pour discuter ou réviser des leçons?

 

La pagode Tam Son

Cette pagode a été construite en 1839 par la congrégation du Sanshan (Fujian). Elle est dédiée à Me Sanh, la déesse de la fertilité.

 

La pagode Nghia An

Cette pagode a été construite par la congrégation de Chaozhou (province du Guangdong dont Canton est la capitale). Elle est dédiée à Quan Cong.

 

La pagode Thien Hau

Cette pagode du début du XIXème siècle a été édifiée par la congrégation de Canton. Elle est dédiée à Thien Hau.

 

La pagode Quan Am

Cette pagode fut construite au début du XIXème siècle par la congrégation du Fujian. Elle est dédiée à Quan Thê Âm Bô Tat, déesse de la Miséricorde également vénérée en Chine, en Corée, au Japon et au Tibet où elle a pour incarnation terrestre le Dalaï-Lama.


Histoire du Vietnam, repères

Avant de parler des sites que nous avons visités, il m’a semblé utile de parler brièvement de l’histoire du Vietnam pour donner quelques clés de lecture (sources : Wikipedia, Lonely Planet).

Selon les récits légendaires, la nation vietnamienne serait née en 2877 avant JC sur le territoire de l’actuelle ville de Canton, en Chine. Les viets, aussi appelés kinhs, se seraient installés dans le delta du fleuve rouge (région d’Hanoi), et y auraient bâti le royaume de Van Lang. A partir du IIIème avant JC, les chinois, vainqueurs des viets, assoient leur domination sur la région pour près de 1000 ans. Sous la dynastie chinoise des Tang, le pays est un protectorat désigné sous le nom d’Annam, le « Sud pacifié », nom qui servira longtemps à le désigner en Occident. La chute de la dynastie Tang au Xème siècle en Chine et l’effritement du pouvoir central qui s’en suit, permettent l’émergence du royaume indépendant de Dai Viet (le « Grand Viet »), qui continue cependant de verser un tribut à la Chine.

Du Ier au VIème siècle, le sud du Vietnam fait partie du royaume hindouiste de Funan, dont la capitale est Angkor Borei (à environ 50 km au sud de l’actuelle Phnom Penh), considérée comme le berceau de la civilisation khmer.

A la fin du IIème siècle, le royaume hindouiste de Champa émerge dans l’actuelle région centre du Vietnam (autour de Danang). Celui-ci s’étend progressivement vers le sud, dans les siècles qui suivent.

La carte ci-dessous montre l’organisation des royaumes en Asie du sud-est au XIVème siècle.

Au cours des siècles suivants, les viets poursuivent leur marche vers le sud (Nam Tien) en anéantissant le royaume de Champa et en gagnant des territoires au dépens de l’empire Khmer. Entre le milieu du XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, le pays est politiquement divisé en deux familles rivales, les Trịnh au Nord et les Nguyen au Sud, tandis que les empereurs de la dynastie Lê ne conservent qu’un pouvoir symbolique. Au début du XIXème, la famille Nguyen s’impose avec l’aide de la France et fonde une nouvelle dynastie impériale. Le pays prend le nom de Việt Nam tout en continuant de reconnaître la Chine comme puissance suzeraine.

Au milieu du XIXème siècle, la situation entre la France et le Vietnam devient conflictuelle et conduit à l’invasion du sud du pays par l’armée du Second Empire, en 1858. La France l’annexe pour en faire la colonie de Cochinchine. Entre 1881 et 1885, la France cherche à étendre sa domination sur le nord du pays et provoque une entrée en guerre de la Chine. Le conflit sera remporté par la France et aboutira à la création d’un protectorat organisé en deux régions : l’Annam au centre du pays, le Tonkin au nord du pays. En 1887, la France réunit les 3 régions vietnamiennes et le Cambodge en créant l’Indochine française.

Dans les années 1930, le Parti communiste indochinois, dirigé par Nguyen Aï Quoc, futur Hô Chi Minh, organise des insurrections, durement réprimées. Le Japon envahit l’Indochine française en 1940 et l’occupe jusqu’en 1945. En août 1945, le front nationaliste Viet Minh, dirigé par le Parti Communiste d’Hô Chi Minh s’empare du pouvoir. Les français de leur côté reprennent progressivement le contrôle de l’Indochine. Les tentatives de négociations entre les deux parties échouent et aboutissent à la guerre d’Indochine en 1946. Soutenu par la Chine, le Viet Minh prend l’avantage. Suite à la défaite de la France lors de la bataille de Dien Bien Phu, le 7 mai de 1954, les deux parties signent les accords de Genève reconnaissant l’indépendance du nord Vietnam (République Démocratique du Vietnam) et prévoyant l’organisation d’un référendum dans le sud Vietnam pour la réunification du pays. Le premier ministre du sud Vietnam refuse l’organisation du référendum et proclame la naissance de la République du Vietnam. Les américains qui veulent endiguer la progression du communisme, se substituent aux français en tant que protecteurs du sud Vietnam. Ils interviennent militairement à partir de 1964. Après des années d’un conflit sanguinaire et sans espoir de victoire, les américains finissent par se retirer du pays en 1973. L’armée du sud Vietnam n’est plus en mesure d’arrêter la progression de l’armée du Vietnam nord. Saigon tombe le 30 avril 1975 et est rebaptisée Hô Chi Minh Ville. Le pays est réunifié en 1976.

Pour résister aux tentations impériales de la Chine, le Vietnam se rapproche de la Russie. A partir de la seconde moitié des années 80, le Vietnam entame sa propre perestroïka, le Doi moi. Si l’économie se libéralise progressivement permettant au Vietnam de devenir un pays dynamique dans la région, son système politique continue de reposer sur le principe du parti unique (Parti Communiste Vietnamien).

 

Wat Arun, Bangkok

Wat Arun est un temple bouddhiste de l’époque Ayutthaya, reconstruit à partir de 1792. Il est construit à proximité du fleuve Chao Phraya, sur la rive ouest. Nous y avons d’ailleurs accédé en empruntant l’une des navettes qui parcourent le fleuve. Ce temple se caractérise par un prang central (tour sanctuaire) haut de 82 mètres, entouré de 4 prangs plus petits.


Prangs


Yakshas


Bouddha


Temple


Cérémonie


Statues chinoises

Wat Pho, Bangkok

Wat Pho est le sanctuaire bouddhiste le plus important de Bangkok. Sa construction a débuté en 1782. Il est constitué d’un très grand nombre de temples organisés dans des enceintes imbriquées où l’on se perd facilement. Il compterait plus de 1000 statues de bouddhas, plusieurs d’entre elles étant de dimensions monumentales. La plus remarquable d’entre toutes est un Bouddha couché, long de 46 mètres. Cette statue est enchâssée dans un temple dont elle semble occuper tout l’espace, représentation métaphorique de l’omniprésence de Bouddha.


Bouddha couché


Temples et chédis


Bouddhas


Moines


Des portes, des enceintes, des cours…


Statues de gardes chinois, symboles de sécurité

 

Budai, le moine rieur

 

J’ai pris cette photo dans l’un des temples du Tiger Temple. Nous appelons parfois buddha, ce personnage aux formes rebondies. C’est un tort car il n’a rien à voir avec le buddha historique. Ce moine rieur est une figure emblématique dans la culture chinoise et dans d’autres cultures asiatiques. Il est symbole de prospérité et de bonheur. Nommé Budai (ou Hotei en japonais), ce personnage correspondrait à un moine bouddhiste ayant vécu dans le Zhejiang, en Chine, au Xème siècle.

 

Photos du Tiger Temple, Krabi

Chédis ou stupas sur le chemin de l’ascension.

Un stupa est une représentation aniconique (non figurative) du bouddha historique et un monument qui commémore sa mort, son accession au parinirvana.

 


Buddha au sommet du Tiger Temple

Le Buddha est assis, main droite dans la main gauche ; c’est le mudrā de la méditation. Celui-ci mesure une vingtaine de mètres de haut.

 


Buddhas au sommet du Tiger Temple

Les doigts de la main droite du buddha de gauche forment un cercle, c’est le mudrā de l’argumentation ; celui du centre a sa main droite posée sur la jambe les doigts vers le sol, c’est le mudrā de la prise de terre à témoin (où vainqueur des forces du mal).

 


Divinité à tête d’éléphant, couverte d’offrandes

Le bouddhisme s’est réapproprié une partie de l’iconographie hindouiste. Cette statue évoque Ganesh.

 


Paysages de Krabi

 


Macaques

Rencontrer des singes est devenue une habitude depuis les grottes de Batu à Kuala Lumpur.

 


Buddhas, dans la partie basse du sanctuaire, mudrā de l’argumentation

 


Buddha

Buddha avec les doigts des deux mains jointes formant deux cercles ; c’est le mudrā de la mise en marche de la roue de la loi (dharma).

 


Statues qui accueillent les visiteurs au pied de l’escalier de 1260 marches.

 


Temple en forme de pagode qui atteste de l’influence chinoise.

 


Fontaine

 


Le tigre sacré, couvert d’offrandes