Souvenirs du Pérou

Nous avons passé seulement 11 jours au Pérou. Mais nous avons vu beaucoup de choses. Le programme était dense et plus fatiguant que ce que nous avons pu faire au Mexique. C’était le premier pays, où nous avons fonctionné sans véhicule de location. C’était un choix délibéré car les routes sont réputées dangereuses à divers égards : conduite nerveuse des péruviens, routes de montagne fatigantes, mal entretenues et mal balisées, risque de racket dans les zones montagneuses et reculées. Les grandes distances ont été faites en avion (Lima-Cuzco), en train (Cuzco-Aguas Calientes-Cuzco), en car (Cuzco-Puno, Puno-La Paz). Hormis le trajet chaotique entre Puno et La Paz, tout s’est bien passé. Localement, à Cuzco et Puno, nous avons utilisé les taxis qui n’étaient vraiment pas chers (1€ à 1,5€ la course).

Comme au Mexique, je n’ai à aucun moment éprouvé de sentiment d’insécurité. Les péruviens que nous avons rencontrés ont été très aimables et même souvent très chaleureux. La région des Andes est pauvre. Nous avons vu de nombreuses populations en situation de grand dénuement.

Lima nous a agréablement surpris et nous y aurions bien séjourné plus de temps. Les Andes sont magnifiques avec des paysages à couper le souffle. J’ai beaucoup aimé Cuzco. Je n’oublierai pas les moments extraordinaires passés au Machu Picchu. J’ai été ébloui par les costumes de fêtes et les costumes traditionnels. Nous avons eu beaucoup de chance d’être dans le pays durant la semaine des morts. Nous ne l’avons pas fait exprès, mais je pense que c’était le moment idéal.

Route Cuzco-Puno

Autant la route Puno-La Paz a été pénible, le 4 novembre dernier, autant le trajet en car entre Cuzco et Puno, 2 jours auparavant, avec la compagnie Turismomer, s’est déroulé dans d’excellentes conditions de confort. Aucun d’entre nous n’a été malade bien que nous ayons voyagé à des altitudes encore plus élevés que précédemment, le sommet de notre voyage étant atteint au moment de franchir le col de la Raya à 4335 m d’altitude.

 

Vestiges incas à Raqchi

 

Eglise à Pukara

Train Cuzco-Aguas Calientes

Il existe deux solutions pour se rendre à Aguas Calientes : une randonnée de 4 jours depuis Ollantaytambo ou le train. Rares sont ceux qui se lancent dans la randonnée de 4 jours!

Le voyage en train dure environ 3 heures et demie depuis Cuzco (station de Poroy). Il existe différentes options plus ou moins luxueuses. Nous avons opté pour un aller-retour dans un train de catégorie intermédiaire, qui nous a coûté environ 100 € par personne. Le coût est élevé. Mais le train le plus luxueux est environ 8 fois plus cher! Le train que nous avons pris est déjà fort agréable car il dispose de toits avec vision panoramique.

Le voyage est très plaisant. On découvre les paysages andins qui défilent à la fenêtre. Après Ollantaytambo, les montagnes forment un canyon et le train passe très près de la rivière Urubamba, à mesure que la végétation se fait plus dense.

La fête

Au cours de notre séjour au Pérou, nous avons assisté au moins à 4 fêtes ou défilés costumés. Nous ne les cherchions pas spécialement. Ces événements ont surgi devant nous. La semaine des morts est un moment clé dans le calendrier péruvien. Elle donne lieu à de nombreuses réjouissances. Mais je ne pense pas que toutes les fêtes dont nous avons été les témoins étaient liées à la célébration des disparus. Certaines semblaient célébrer des saints locaux ou des dates clés des villes et villages visités.

La fête semble revêtir une place clé dans la cohésion de la société. Je pense qu’elle contribue à exprimer une fierté collective, à évoquer les traditions. Comme dans un carnaval, les costumes et les masques donnent une importance nouvelle à ceux qui les portent, indépendamment de leur position sociale dans la société.

Voici les photos de la première fête de rue à Cuzco…

Cuzco

Comme je l’ai écrit dans un précédent article, Cuzco a été la capitale de l’empire inca durant plus de trois siècles. Avec près de 450.000 habitants selon le recensement de 2017, Cuzco est aujourd’hui la 8ème ville du Pérou. Lorsqu’on arrive en avion, on découvre une ville aux couleurs briques dominantes, les constructions s’échelonnant sur les pentes des montagnes qui l’entourent. Elle fait l’effet d’une ville tentaculaire.

Fin octobre, au coeur du printemps de l’hémisphère sud, les températures y sont encore fraîches. En journée, elles dépassent guère les 16°C. Dans la nuit, elles descendent à 6°C ou 7°C. Dans des appartements sans chauffage, les pulls et couvertures sont les bienvenus. Le vent qui souffle fait le temps changeant. Dans la même journée, il alterne plusieurs fois soleil et pluie. La pluie est parfois fine et pénétrante. Elle est torrentielle lorsque les orages grondent. Les rues de la ville historique sont d’ailleurs fendues en leurs milieux par de profonds caniveaux destinés à collecter les pluies d’orage. Quand les nuages s’écartent pour laisser la place au soleil, celui-ci chauffe sans excès. En revanche, ces rayons brûlent et on se retrouve rapidement avec des coups de soleil sur la peau. Durant les quelques jours que nous avons passé à Cuzco, nous avons vu alterner toute cette variété de temps.

Il se dégage du centre historique de la ville, une sérénité et une harmonie faite de styles mêlés. Les églises et bâtiments religieux y sont nombreux. La place principale de la ville, la Plaza de Armas, est imposante par ces dimensions. Mais les bâtiments qui l’encadrent ont pour la plupart deux étages et évoquent par leur ensemble la conception des places espagnoles traditionnelles. On y retrouve les mêmes arcades. Pourtant à y regarder de plus près, les façades évoquent des architectures alpines. Ce mélange est harmonieux et donne à l’ensemble un caractère mystérieux et universel. Les rues qui entourent la Plaza de Armas et les autres places attenantes, s’en vont en ruelles étroites qui rappellent les villages du sud de l’Espagne. Pourtant, les bases de nombreuses maisons reposent sur d’anciennes constructions incas, caractérisées par des pierres massives et irrégulières minutieusement emboîtées.

Dans les rues du centre, on croise de nombreux touristes à l’allure sportive, dont bon nombre arborent des vêtements ou des sacs de randonnée. Cuzco est une base de départ pour faire des randonnées dans la région. Les faciès européens et les tenues cossues de ces touristes tranchent avec les visages burinés et les vêtements traditionnels ou modestes des locaux.

Dès que l’on s’éloigne du centre historique, Cuzco offre un visage différent. La ville musée cède la place à une urbanisation débridée, hurlante, sans chaleur. De nombreux immeubles ont leurs façades laissées à l’état brut, c’est-à-dire en brique, sans crépit, sans peinture. Parfois, certains immeubles ont leur dernier étage inachevé ou ont même des ouvertures laissées béantes, sans fenêtres. Et plus on s’éloigne du centre, plus on s’élève sur les pans des montages environnantes, plus la ville ordonnée laisse la place à des constructions inachevées, ouvertes aux quatre vents, dans des rues non goudronnées, où la misère s’étale dans les rues, où les poubelles éventrées sont le jouet des chiens errants.

Dans le centre, la ville lisse et belle ; dans les faubourgs, la ville hideuse et sale.

 

Les incas

Le voyage au Pérou était, à mes yeux, l’occasion de mieux connaître la civilisation inca. Comme pour les aztèques, j’avais gardé en mémoire que la civilisation inca était une des plus importantes de l’ère précolombienne. Elle l’est probablement par les vestiges et l’influence culturelle légués aux générations modernes. Mais j’ai été surpris de découvrir que cette civilisation a finalement eu une existence limitée dans le temps.

En effet, leur origine est datée du XIIIème siècle, époque où une tribu venue de la région du lac Titicaca s’installe par la force à Cuzco. Jusqu’au début du XVème siècle, le territoire contrôlé par les incas ne se serait pas étendu au-delà de 40 km autour de Cuzco. C’est à la suite d’une guerre avec une tribu voisine, que l’empire inca aurait connu une expansion rapide sur un vaste territoire allant de l’actuelle Colombie jusqu’à la Patagonie.

Inca-expansion_fr

Mais cet empire étendu connaît une existence courte, car dès 1532 Francisco Pizarro commence la conquête de l’empire inca. Le dernier empereur inca, Atahualpa meurt en 1533. Une résistance subsiste dans la ville de Vilcabamba jusqu’en 1572, année de la mort du dernier roi inca de la ville, Tupac Amaru.

Pour une vision d’ensemble sur l’organisation de la société, les cultes, les arts, etc., je vous renvoie à la lecture de l’article de Wikipedia, qui me semble plutôt complet.

 

Le mal aigu des montagnes

Les péruviens et les boliviens lui donnent le nom de Soroche. Le mal aigu des montagnes est susceptible de survenir lorsque l’on rejoint des hautes altitudes en un délai court, ce qui ne laisse pas le temps au corps de s’accoutumer. Il peut survenir dès 2000 m, mais le risque augmente très fortement lorsque l’on monte au-dessus de 3000 m. Il est provoqué par la diminution de la pression artérielle et de l’oxygène disponible au niveau cellulaire, du fait de la diminution de la pression atmosphérique. Ce mal se manifeste par des maux de têtes, des difficultés à respirer, des nausées, une fatigue généralisée, des insomnies… Les symptômes sont à prendre avec le plus grand sérieux, car le mal peut dégénérer et provoquer un oedème pulmonaire ou un oedème cérébral, pouvant être fatal. Certaines personnes sont plus sujettes à ce mal que d’autres.

Nous étions directement concernés par ce risque puisque les altitudes de Cuzco, Puno et La Paz sont respectivement de 3400 m,  3800 m et 3600 m. Entre le vendredi 26 octobre et le jeudi 8 novembre, nous n’aurons eu que 2 jours pleins de répit à Aguas Calientes à 2000 m d’altitude. Je redoutais que nous souffrissions de ce mal et je m’attendais à ce que nous fussions très fatigués les premiers jours.

Au moment de quitter Lima, nous avons sollicité de nouveau le chauffeur de taxi qui nous avait conduits de l’aéroport à l’hôtel. En nous conduisant à l’aéroport, il nous a, à son tour, alerté sur le mal des montagnes. Il nous a demandé si nous avions acheté des pilules préventives recommandées pour en limiter les effets. J’ai répondu par la négative. Il nous a proposé de nous conduire à une pharmacie pour que nous prenions lesdites pilules, chose que nous avons faite. Je ne sais pas si ce sont ces pilules qui nous ont aidés, mais nous avons finalement peut souffert du mal des montagnes. Ca a été pour moi un premier constat, renouvelé par la suite, de la gentillesse des péruviens.

Le premier jour, 2 heures après avoir atterris, nous avons marché un peu dans les rues de Cuzco. Nous avons senti qu’il fallait marcher lentement, que l’effort était plus important qu’à l’habitude. Mais ce désagrément était léger en regard des symptômes décrits par la littérature, les guides touristiques et les blogs. Le lendemain nous nous sommes promenés plus longuement dans Cuzco avec toujours le même sentiment qu’il fallait marcher plus lentement et que l’on s’essoufflait plus vite qu’à l’accoutumée, mais rien de très gênant. Ce qui est étrange, c’est que la gêne est censée déclinée avec les jours. Or, dix jours après notre arrivée en altitude, la gêne est constante et tend même à augmenter, depuis que nous sommes arrivés à La Paz. Il faut dire que la ville de La Paz est particulièrement polluée, ce qui doit ajouter une difficulté supplémentaire!

Nous commençons à attendre avec impatience notre retour au niveau de la mer.

Notre programme au Pérou

Nous sommes arrivés à Lima, mercredi 24 octobre, tard en soirée. Pour la première fois depuis notre départ de Paris, nous avons mis le pied sur le sol de l’hémisphère sud. Nous y resterons probablement jusqu’à février, moment où nous repasserons la ligne de l’équateur pour atterrir à Singapour.

Comme vous l’avez peut-être constaté, j’ai mis en ligne une page qui présente notre séjour au Pérou. Nous y resterons jusqu’au 4 novembre, avant de passer quelques jours à La Paz (Bolivie) et de nous envoler pour le Brésil.

11 jours consacrés au Pérou, c’est court pour un pays presque deux fois grand comme la France et à la géographie très variée. Nous avons donc choisi de nous concentrer sur la région qui va de Cuzco à Puno, au coeur de la Cordillère des Andes, au coeur de l’empire Inca. Mais avant de rejoindre les altitudes élevées, nous avons préféré nous accorder une petite pause d’1 journée (2 nuits) à Lima…