Angkor Vat, noir et blanc

Lorsqu’on pénètre dans le temple, l’enchevêtrement de colonnes, de cours, de motifs décoratifs muraux, de bois et de pierre, les rayons du soleil qui tantôt pénètrent entre les structures tantôt s’évanouissent derrière les éléments architecturaux, les escaliers, les paliers, les changements de niveau, plongent le visiteur dans un état de fascination qui le conduit à se perdre entre pénombre et lumière et l’invite à la méditation.


Angkor Vat, photos

Edifice à l’entrée ouest d’Angkor Vat


Bibliothèques nord et sud, entre l’entrée ouest et le temple montagne


Angkor Vat, accès ouest par la terrasse d’honneur


Accès est


L’une des premières cours à l’ouest du temple


Bibliothèque nord, entre la première et la deuxième enceinte du temple


Escalier entre la première et la deuxième enceinte


Temple montagne, vu depuis l’extérieur de la deuxième enceinte


Cour dans la deuxième enceinte, vue depuis l’intérieur du temple


Prasats du temple montagne


Cour à l’intérieur de la troisième enceinte, au sommet du temple

 

Angkor Vat

Dédié initialement au dieu hindou Vishnou, consacré au bouddhisme par la suite, le temple d’Angkor Vat fut construit au début du XIIème siècle. Il est le seul temple à être demeuré un lieu de culte à travers les siècles. Il est devenu le symbole du Cambodge et est apparu sur le drapeau cambodgien dès 1863, à l’époque du protectorat français.

Le temple est entouré de douves externes et d’un mur d’enceinte.  Les douves forment approximativement un rectangle de 1,5 km sur 1,3 km et sont d’une largeur d’environ 170 m. L’accès principal se situe à l’ouest. Un édifice en forme de galerie de plus de 200 m de façade accueille les visiteurs. Une fois ce bâtiment traversé, on découvre une immense étendue découverte avec plusieurs bâtiments rectangulaires et deux bassins placés devant le temple montagne, situé en son centre. Le temple à proprement parlé est lui-même entouré de 3 galeries de forme rectangulaire. La galerie externe dessine un rectangle de 200 m sur 170 m. Cette architecture dessine une progressivité par le franchissement de plusieurs enceintes et cours, et par l’ascension progressive vers le lieu le plus sacré du temple.

Le temple possède des bas-reliefs finement décorés et aux dimensions gigantesques, représentant notamment des victoires des khmers sur leurs voisins chams.

Lorsque nous visitâmes le temple, la lumière était irréelle. Les rayons du soleil pénétraient difficilement la brume qui entourait le site et baignait les structures d’une lumière chaude et diffuse. L’émotion que je ressentis en découvrant Angkor Vat fut comparable à celle que j’avais ressentie quelques mois plus tôt au Macchu Picchu ou devant les étendues de l’ouest américain. Il est difficile d’expliquer un tel sentiment et d’en comprendre son origine. Mais l’émotion était tellement forte que j’en avais les larmes aux yeux.

Le temple présente une architecture simple en apparence qui répète des motifs récurrents. Comme c’est la tradition en Asie, les seuils des portes sont surélevés et ferment les cadres des portes qui semblent des accès magiques à de nouveaux espaces. Ces portes précisément et les colonnes dessinent des lignes de fuite qui semblent converger au bout des longues galeries externes qui entourent le temple. Les matériaux sombres sont patinés par le temps mais conservent une majesté mystérieuse. Lorsqu’on pénètre dans le temple, l’enchevêtrement de colonnes, de cours, de motifs décoratifs muraux, de bois et de pierre, les rayons du soleil qui tantôt pénètrent entre les structures tantôt s’évanouissent derrière les éléments architecturaux, les escaliers, les paliers, les changements de niveau, plongent le visiteur dans un état de fascination qui le conduit à se perdre entre pénombre et lumière et l’invite à la méditation.

Nous avons eu la chance de visiter Angkor Vat à une heure où le nombre de touristes était encore relativement faible, ce qui facilite la rêverie et la contemplation. J’imagine que quand les groupes s’amoncellent et se bousculent pour faire des selfies, la magie du lieu s’altère.

 

Angkor Thom, Baphûon

Le Baphûon est un temple montagne qui fut construit vers 1060, sous le règne d’un roi de confession hindoue. Il est dédié à Shiva (relire cet article pour des infos sur l’hindouisme).

Les escaliers de la pyramide à 5 niveaux sont extrêmement raides. L’accès est interdit aux enfants de moins de 12 ans. J’ai donc gravi seul la pyramide.


Temple vu du sol


Vue du sommet


Colonnades


Le sommet du temple est trop détérioré pour être accessible


Descente vertigineuse

 

Angkor Thom, Bayon

Le Bayon est le dernier temple montagne bâti à Angkor. Originellement dédié au culte de Bouddha, il fut converti à l’hindouisme et par la même occasion remanié dans la seconde moitié du XIIIème siècle.

Le temple compte un nombre impressionnant de visages sculptés sur les faces des tours. Cette multitude de visages, qui regardent dans toutes les directions et se superposent les uns aux autres, donne une impression de confusion et confère à l’ensemble une atmosphère énigmatique.


Le temple vu du sol


Les couloirs qui entourent le temple


Quelques unes des innombrables sculptures


Les tours couvertes de visages


Des visages


Encore des visages…

 

Angkor, Banteay Srei

Banteay Srei est le temple le plus éloigné que nous ayons visité. Il est situé à 30 km au nord-est de la ville de Siem Reap.

Il s’agit d’un petit temple hindou, aux couleurs chaudes, bâti à la fin du Xème siècle. Il fut redécouvert tardivement (1914), car il était enfoui profondément dans la jungle cambodgienne. Pour la petite histoire, André Malraux, sa femme et l’un des leurs amis, Louis Chevasson, furent pris en flagrant délit de pillage de ce temple en 1923 (au moment de leur retour à Phnom Penh). D’importants travaux de restauration furent entrepris par la suite par une équipe française. Plus récemment, il y a une dizaine d’années, une équipe suisse a de nouveau procéder à une restauration pour soigner les blessures occasionnées par les intempéries et les pillages.

Aujourd’hui, on découvre un ensemble d’une incroyable fraîcheur avec de nombreuses sculptures et bas-reliefs finement sculptés.


Gopura (porte) qui traverse le mur d’enceinte, formant approximativement un carré de 100 m de côté.


Prasats


Sculptures

 

Angkor, Roluos, Lolei

Lolei est un temple hindou de l’ensemble de Roluos. Il était situé sur une île au milieu d’un baray aujourd’hui asséché. Une barque était nécessaire pour se rendre sur l’île. Le lieu a été investi, depuis plusieurs siècles, par les moines bouddhistes qui ont construits plusieurs temples à proximité.

Les vestiges actuels sont 4 prasats bâtis en briques, semblables à ceux de Preah Kô, et actuellement en restauration. Du coup, les échafaudages m’ont dissuadé de faire des photos de l’ensemble. De manière générale, nous avons constaté lors de nos visites que de nombreux temples faisaient toujours l’objet de restaurations ou consolidations. Il reste donc encore beaucoup d’édifices à découvrir…


 

Angkor, Roluos, Preah Kô

Preah Kô est le deuxième temple de l’ensemble de Roluos que nous avons visité. La partie conservée est constituée de 6 prasats construits sur une plateforme commune, principalement avec des briques. Seuls les linteaux sont en pierre. Il était entouré de douves, aujourd’hui asséchées, dessinant approximativement un carré de 500 m de côté.


Temple vu de face. Seuls les prasats de premier rang sont visibles sur ces photos.


Prasats


Lions de pierre devant le temple


Linteau en pierre


Dvarapalas, divinités gardiennes de temple

 

Angkor, Roluos, Bakong

L’ensemble de Roluos se trouve au sud-est d’Angkor. Il correspond au site d’une ancienne capitale de l’empire khmer, baptisée Hariharalaya. Il compte trois temples principaux hindous, tous bâtis à la fin du 9ème siècle. Bakong, le plus grand des trois, serait le premier temple montagne bâti par les khmers.


Prasats qui entourent le temple montagne


Vues d’ensemble du temple montagne


Progression vers le sommet du temple


Sanctuaire bouddhiste au sommet du temple


Vue depuis le sommet
(on aperçoit un temple bouddhiste en contrebas, sur la gauche)

 

Angkor, Ta Keo

Ta Keo est un temple plus ancien que les précédents puisqu’il a été bâti au début du XIème siècle, à une époque où l’hindouisme était la religion de l’empire Khmer. Il s’agit d’un temple montagne avec 5 prasats bâtis sur la plateforme supérieure d’une pyramide escarpée à 5 niveaux, haute de 21 m. Ces temples montagnes, construits au-dessus de pyramides comptant systématiquement un nombre impair de niveaux (3, 5 ou 7), étaient pour les Khmers une représentation symbolique du mont Meru, considéré comme la demeure des dieux dans l’hindouisme.

L’ascension n’est pas aisée (et la descente encore plus délicate) car les marches de l’escalier qui mènent au sommet sont très hautes. Pour la petite histoire nous avions acheté, la veille, un pantalon en tissu très léger avec des motifs, du type de celui que porte Alice sur les photos ci-dessous. Au départ ce pantalon était pour moi. Mais trop petit pour moi, c’est finalement Emma qui l’a récupéré, tandis que moi je portais celui d’Emma qui était un peu grand pour elle. Malheureusement, au moment de monter les escaliers, Emma a constaté que le pantalon en question était trop étroit à l’entre-jambes et limitait trop ses mouvements pour lui permettre de monter des marches hautes. Je suis donc monté seul avec Alice sur ce temple montagne.


Ta Keo


Sanctuaire sur le prasat central, au sommet de la pyramide


Alice, montée et descente

 

Angkor

Angkor était la capitale de l’empire Khmer entre le IXème siècle et 1431, année de la chute de la ville aux mains du Royaume d’Ayutthaya (thaïs). Au plus fort de son développement, la ville se serait étendue sur une surface d’environ 1000 km2 et aurait abrité environ 750.000 habitants. La richesse de la ville s’expliquerait par la maîtrise de l’eau à travers un gigantesque système de canaux et de réseaux hydrauliques, dont de nombreux vestiges sont encore visibles aujourd’hui.

Si l’hindouisme a été la première religion de l’empire, le bouddhisme l’a progressivement supplantée. Des éléments de ces deux religions coexistent dans les temples. Après la chute de l’empire Khmer, les moines bouddhistes se réapproprient le site. Mais seul le temple d’Angkor Vat continue d’être entretenu dans les siècles qui suivent, les autres temples étant plus ou moins abandonnés à la jungle envahissante.

Le site est redécouvert par les archéologues européens, notamment français, au cours du XIXème siècle et fait l’objet de travaux de restauration depuis le début du XXème siècle.