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Palais de la Réunification, Hô Chi Minh Ville

Ce palais était le lieu de résidence des présidents de la République du Vietnam. Il fut construit par les français entre 1868 et 1873 pour Norodom Ier, alors roi du Cambodge. Il fut ensuite utilisé comme résidence successivement par le gouverneur de Cochinchine et le gouverneur général de l’Indochine française. Après les accords de Genève en 1954, la France transmit le palais au 1er ministre du Vietnam Sud, Ngô Dinh Diêm, qui renversa l’empereur du Vietnam Bao Dai, et devint président de la République.

Le 27 février 1962, le palais présidentiel fut bombardé par deux avions de chasse pilotés par deux lieutenants de l’Armée de l’Air sud vietnamienne, voulant assassiner le Président Diem pour mettre fin à sa politique très impopulaire. L’attentat fut un échec, mais endommagea lourdement le bâtiment. Ngô Dinh Diêm donna l’ordre de le faire démolir et de construire à son emplacement l’édifice actuel. Il fut assassiné lors d’un coup d’État en 1963 et ne vit pas la fin des travaux.

Le nouveau palais fut achevé en 1966. Le 8 avril 1975, Nguyên Thành Trung, un pilote de l’Armée de l’Air vietnamienne et un espion communiste volèrent un avion F-5E et bombardèrent le palais, sans causer de dommages importants. Le 30 avril 1975, des chars pénétrèrent dans la cour du palais, parachevant la chute de Saigon et la fin de la guerre du Vietnam.

La visite est fort intéressante car elle donne l’occasion de voir l’organisation d’un palais présidentiel, depuis les salles de réunion des ministres jusqu’aux appartements particuliers, en passant par les lieux de réception, ou encore le bunker présidentiel. L’hélicoptère présidentiel UH1, deux chars T54 de l’armée nord vietnamienne dont le 843 qui fut le premier à entrer dans la cour du palais, ainsi qu’un avion F-5E, sont visibles autour du palais.


Façade du palais présidentiel


Salles de réunion, salons et appartements


Cour du palais, vue depuis le balcon du 4ème étage


Bunker


Hélicoptère présidentiel


Chars T54


Avion F-5E

 

Histoire du Vietnam, repères

Avant de parler des sites que nous avons visités, il m’a semblé utile de parler brièvement de l’histoire du Vietnam pour donner quelques clés de lecture (sources : Wikipedia, Lonely Planet).

Selon les récits légendaires, la nation vietnamienne serait née en 2877 avant JC sur le territoire de l’actuelle ville de Canton, en Chine. Les viets, aussi appelés kinhs, se seraient installés dans le delta du fleuve rouge (région d’Hanoi), et y auraient bâti le royaume de Van Lang. A partir du IIIème avant JC, les chinois, vainqueurs des viets, assoient leur domination sur la région pour près de 1000 ans. Sous la dynastie chinoise des Tang, le pays est un protectorat désigné sous le nom d’Annam, le « Sud pacifié », nom qui servira longtemps à le désigner en Occident. La chute de la dynastie Tang au Xème siècle en Chine et l’effritement du pouvoir central qui s’en suit, permettent l’émergence du royaume indépendant de Dai Viet (le « Grand Viet »), qui continue cependant de verser un tribut à la Chine.

Du Ier au VIème siècle, le sud du Vietnam fait partie du royaume hindouiste de Funan, dont la capitale est Angkor Borei (à environ 50 km au sud de l’actuelle Phnom Penh), considérée comme le berceau de la civilisation khmer.

A la fin du IIème siècle, le royaume hindouiste de Champa émerge dans l’actuelle région centre du Vietnam (autour de Danang). Celui-ci s’étend progressivement vers le sud, dans les siècles qui suivent.

La carte ci-dessous montre l’organisation des royaumes en Asie du sud-est au XIVème siècle.

Au cours des siècles suivants, les viets poursuivent leur marche vers le sud (Nam Tien) en anéantissant le royaume de Champa et en gagnant des territoires au dépens de l’empire Khmer. Entre le milieu du XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, le pays est politiquement divisé en deux familles rivales, les Trịnh au Nord et les Nguyen au Sud, tandis que les empereurs de la dynastie Lê ne conservent qu’un pouvoir symbolique. Au début du XIXème, la famille Nguyen s’impose avec l’aide de la France et fonde une nouvelle dynastie impériale. Le pays prend le nom de Việt Nam tout en continuant de reconnaître la Chine comme puissance suzeraine.

Au milieu du XIXème siècle, la situation entre la France et le Vietnam devient conflictuelle et conduit à l’invasion du sud du pays par l’armée du Second Empire, en 1858. La France l’annexe pour en faire la colonie de Cochinchine. Entre 1881 et 1885, la France cherche à étendre sa domination sur le nord du pays et provoque une entrée en guerre de la Chine. Le conflit sera remporté par la France et aboutira à la création d’un protectorat organisé en deux régions : l’Annam au centre du pays, le Tonkin au nord du pays. En 1887, la France réunit les 3 régions vietnamiennes et le Cambodge en créant l’Indochine française.

Dans les années 1930, le Parti communiste indochinois, dirigé par Nguyen Aï Quoc, futur Hô Chi Minh, organise des insurrections, durement réprimées. Le Japon envahit l’Indochine française en 1940 et l’occupe jusqu’en 1945. En août 1945, le front nationaliste Viet Minh, dirigé par le Parti Communiste d’Hô Chi Minh s’empare du pouvoir. Les français de leur côté reprennent progressivement le contrôle de l’Indochine. Les tentatives de négociations entre les deux parties échouent et aboutissent à la guerre d’Indochine en 1946. Soutenu par la Chine, le Viet Minh prend l’avantage. Suite à la défaite de la France lors de la bataille de Dien Bien Phu, le 7 mai de 1954, les deux parties signent les accords de Genève reconnaissant l’indépendance du nord Vietnam (République Démocratique du Vietnam) et prévoyant l’organisation d’un référendum dans le sud Vietnam pour la réunification du pays. Le premier ministre du sud Vietnam refuse l’organisation du référendum et proclame la naissance de la République du Vietnam. Les américains qui veulent endiguer la progression du communisme, se substituent aux français en tant que protecteurs du sud Vietnam. Ils interviennent militairement à partir de 1964. Après des années d’un conflit sanguinaire et sans espoir de victoire, les américains finissent par se retirer du pays en 1973. L’armée du sud Vietnam n’est plus en mesure d’arrêter la progression de l’armée du Vietnam nord. Saigon tombe le 30 avril 1975 et est rebaptisée Hô Chi Minh Ville. Le pays est réunifié en 1976.

Pour résister aux tentations impériales de la Chine, le Vietnam se rapproche de la Russie. A partir de la seconde moitié des années 80, le Vietnam entame sa propre perestroïka, le Doi moi. Si l’économie se libéralise progressivement permettant au Vietnam de devenir un pays dynamique dans la région, son système politique continue de reposer sur le principe du parti unique (Parti Communiste Vietnamien).