Uros, photos

L’un des bateaux qui acheminent les touristes vers les îles flottantes

 

Le péage d’accès à la communauté uros

 

Les populations qui appellent les touristes pour rendre visite à leurs îles

 

Une île flottante

 

La communauté que nous avons visitée, une famille d’une vingtaine de personnes avec le président de l’île en chapeau

 

Les embarcations plus ou moins artisanales (les flotteurs des grands bateaux sont faits avec des bouteilles en plastique assemblées, jusqu’à 2000 par bateau)

 

Petite fille à la peau cuivrée par le soleil qui brûle

Communauté uros, lac Titicaca

Les uros ont vécu jusqu’au milieu du XXème siècle sur des îles flottantes du lac Titicaca, bâties en roseaux. Les îles abandonnées par les uros ont été investies par un peuple amérindien de la région, les aymaras. Ceux-ci continuent de vivre de nos jours sur ces îles flottantes. Ils y perpétuent les traditions uros, en tirant leurs principaux revenus des activités touristiques que génèrent les lieux. Les conditions de vie ne sont pas faciles car ils vivent dans des maisons fabriquées en roseaux avec très peu de confort. Dans les années 90, le président péruvien Fujimori a doté ces populations de panneaux photovoltaïques pour qu’elles disposent de sources d’électricité. Elles sont utilisées principalement pour le téléphone et la télévision. Pour le reste, ces populations continuent de vivre dans des conditions très précaires : sans chauffage alors que les nuits sont froides sur le lac ; elles utilisent des fours traditionnels posés sur des plaques en pierre pour éviter les risques d’incendie ; elles vivent sur des îles qui font à peine quelques centaines de mètres carrés, se nourrissant principalement de la pêche.

Avant de visiter l’une de ces îles, nous avions lu de nombreuses critiques sur le fait que ces îles sont des activités touristiques artificielles. Bien sûr, c’est l’attrait du commerce avec les touristes qui a motivé ces populations à s’installer sur ces îles. Il n’empêche qu’elles vivent dans des conditions qui nous semblent être celles d’un autre âge. Bien que nous ayons vu leur lieu de vie, je pense que nous sommes incapables d’imaginer réellement leur vie. Que pensent-ils de ce qu’ils voient à la télévision? Sont-ils envieux de ce qu’ils voient sur le petit écran? Ils ne nous ont pas semblé malheureux. Peut-être que leurs vies simples suffisent à les rendre heureux? Est-ce que les jeunes accepteront de perpétuer ces traditions?

 

Les incas

Le voyage au Pérou était, à mes yeux, l’occasion de mieux connaître la civilisation inca. Comme pour les aztèques, j’avais gardé en mémoire que la civilisation inca était une des plus importantes de l’ère précolombienne. Elle l’est probablement par les vestiges et l’influence culturelle légués aux générations modernes. Mais j’ai été surpris de découvrir que cette civilisation a finalement eu une existence limitée dans le temps.

En effet, leur origine est datée du XIIIème siècle, époque où une tribu venue de la région du lac Titicaca s’installe par la force à Cuzco. Jusqu’au début du XVème siècle, le territoire contrôlé par les incas ne se serait pas étendu au-delà de 40 km autour de Cuzco. C’est à la suite d’une guerre avec une tribu voisine, que l’empire inca aurait connu une expansion rapide sur un vaste territoire allant de l’actuelle Colombie jusqu’à la Patagonie.

Inca-expansion_fr

Mais cet empire étendu connaît une existence courte, car dès 1532 Francisco Pizarro commence la conquête de l’empire inca. Le dernier empereur inca, Atahualpa meurt en 1533. Une résistance subsiste dans la ville de Vilcabamba jusqu’en 1572, année de la mort du dernier roi inca de la ville, Tupac Amaru.

Pour une vision d’ensemble sur l’organisation de la société, les cultes, les arts, etc., je vous renvoie à la lecture de l’article de Wikipedia, qui me semble plutôt complet.

 

Cité maya de Palenque

La cité maya de Palenque est le 6ème et dernier site archéologique que nous ayons visité au Mexique. Il se situe à la limite de la péninsule du Yucatán, entouré de la forêt tropicale du Chiapas. L’exploration du site est loin d’être achevée. Il resterait plusieurs centaines, peut-être plus de mille, structures encore enfouies dans la forêt. Celles qui sont accessibles sont aussi impressionnantes qu’à Chichén Itzá, Uxmal ou Edzná. Mais l’environnement du site est plus sauvage, ce qui lui donne encore plus de force. En nous promenant dans la forêt, nous avons eu la chance d’apercevoir des singes hurleurs évoluant dans leur environnement naturel. Quelle émotion et quel bonheur d’approcher ainsi la vie sauvage!

 

Singes hurleurs aperçus dans les arbres

Cité maya d’Uxmal

Après le sentiment d’oppression ressenti à Chichén Itzá, la cité maya d’Uxmal nous a paru un havre de paix. Aucun vendeur à l’intérieur du site ; seuls quelques guides nous ont proposé leurs services que nous avons préféré décliner derechef ; et puis, il y avait très peu de touristes sur le site. Les structures sont en excellent état car elles ont fait l’objet d’une restauration importante, comme à Chichén Itzá. Mais l’éloignement du site par rapport à la Riviera maya lui donne une toute autre allure. Tout est calme, silence, sérénité, majesté. Un lieu extraordinaire, propice à la contemplation et à la méditation.

Etant donné que nous avons dormi à proximité du site, nous l’avons visité tôt le matin, et ainsi évité les trop fortes chaleurs du début d’après-midi.

 

Antelope Canyon, Arizona

Si le Grand Canyon est impressionnant du fait de ses dimensions exceptionnelles, la beauté d’Antelope Canyon réside dans les jeux de lumière rendus possibles par son étroitesse. Du fait de l’exigüité du passage, la visite d’Antelope Canyon se fait nécessairement accompagnée. Le canyon se situant sur la réserve Navajo, ce sont les indiens qui exploitent le site et assurent les visites.

Nous avons pris connaissance assez tardivement de la nécessité de réserver les visites suffisamment tôt. Nous étions à Green River, c’est-à-dire 8 jours avant. C’est Elise qui m’a alerté en lisant un autre blog de voyageur. Lorsque nous avons voulu réserver, il n’y avait plus qu’une possibilité (sur les 3 jours de présence à Page!). Le créneau n’était pas idéal car positionné en fin de journée, tandis que la lumière est optimale quand le soleil est au zénith. Nous avons malgré tout réservé immédiatement.

Le jour de la visite arrive. Nous nous rendons au point de ralliement : la boutique où les navajos vendent les billets. Le transfert vers la gorge se fait sur des petits camions avec 14 passagers positionnés à l’arrière sur deux banquettes qui se tournent le dos. Nous roulons une demi-heure pour arrivée à l’entrée de la gorge, la moitié du chemin sur de l’asphalte, l’autre moitié sur une piste très sablonneuse. Le conducteur navajo qui sera notre guide, s’en donne à coeur joie sur la piste pour nous secouer le plus possible. Les filles rient beaucoup. L’accès du canyon est indétectable si on ne le connaît pas. D’ailleurs, il semble que sa découverte soit tardive puisqu’elle aurait été faite par une jeune indienne en 1931. Notre guide, blagueur et sympathique, connaît tous les angles qui permettent d’observer des formes évocatrices dans la roche sculptée par l’eau, le sable et le vent : un lion, un loup, un ours, un coeur… Je n’ai pas réussi à tout voir! Il est tard et le canyon est plutôt sombre. Malgré tout, je prends de nombreuses photos en me disant que le post-traitement me permettra peut-être d’en tirer quelque chose. Je n’ai pas été déçu. Si au moment de la visite, la lumière était faible, l’oeil de mon objectif a permis de fixer des nuances de couleur dans l’ombre que j’ai pu révéler ensuite devant mon écran d’ordinateur.

 

L’entrée du Canyon

 

Les couleurs de l’ombre

 

Photos prises par le guide navajo

 

L’ours trouvé et photographié par Alice… le voyez-vous?

Laverie automatique, Flagstaff

Avec des vêtements pour à peine plus d’une semaine, la laverie est un passage obligé une à deux fois par semaine. Selon les laveries, les personnes que nous rencontrons sont des habitants modestes de la région, des américains en voyages itinérants ou des touristes étrangers comme nous. Quelques fois, les laveries sont l’occasion de discuter un peu avec des américains. Je repense en particulier à la laverie de Lakewood, où j’ai eu l’occasion de discuter avec un américain en vacances qui voyageait dans les Rocheuses et dormait à la belle étoile dans son hamac, puis un animateur de club sportif qui venait laver les maillots de l’équipe nous a donné quelques conseils de visite.

A Flagstaff, la laverie où nous sommes allés était décorée de vieux objets et tableaux. Elle était fréquentée principalement par des indiens et des mexicains qui semblaient plutôt fermés et surpris de nous voir en ce lieu.

Le Nouveau-Mexique et la Route 66

Après nos 3 nuits passés à Cortez, nous reprenons la route pour Flagstaff (Arizona) qui sera notre prochaine étape. Nous quittons rapidement le Colorado, en descendant vers le sud, pour pénétrer au Nouveau-Mexique que nous ne ferons que traverser. La route est bordée de terres désertiques jusqu’à Gallup où nous faisons une pause pour acheter notre pique-nique du  midi. Les Navajos sont très nombreux à Gallup qui se trouve à la limite avec la réserve. Cela me frappe particulièrement lorsque nous faisons nos courses chez Walmart : j’ai l’impression que la grande majorité de la population est indienne. Pour la première fois, j’entends un père parler indien à son fils. Il semble que dans le comté de Mc Kinley, auquel appartient Gallup, près de la moitié de la population parle navajo ou zuñi à la maison.

Gallup est aussi une ville étape de la mythique route 66 que nous longerons jusqu’à Flagstaff.

 

Mesa Verde, Colorado

Mesa Verde est le plus ancien parc national des Etats-Unis. Il a été créé en 1906. D’une surface de 211 km2, il se situe sur un plateau verdoyant (d’où son nom) et abrite de nombreux vestiges amérindiens du peuple Pueblo (aussi appelé Anasazi, d’un nom Navajo signifiant « ancien peuple »). Les plus beaux vestiges sont des maisons et villages troglodytes construits à flan de falaise sous des arches naturelles.

Nous avons visité le plus grand village, Cliff Palace, accompagné d’un ranger. Evidemment, la visite était en anglais et nous avons dû jouer les traducteurs pour les filles.

Les indiens Pueblo étaient sédentaires. Ils vivaient de la chasse et de la culture du maïs, de la courge et de l’haricot. Les cultures se faisaient sur les terres fertiles du plateau. Ils maîtrisaient les techniques d’irrigation, la fabrication des outils, la poterie, le tissage… Ils commerçaient avec les peuples voisins et se procuraient ainsi des matières premières non disponibles dans leur environnement proche.

Ce qui fascine, ce sont évidemment les constructions troglodytes. Ces anfractuosités dans les falaises ont été choisies car elles protégeaient des dangers extérieurs, de la pluie et du vent ; elles ont été choisies pour leur éclairage naturel et probablement pour la beauté des paysages. Le village de Cliff Palace est exceptionnel par ses dimensions. On estime qu’il comptait probablement 150 pièces avec des constructions minutieusement agencées aussi bien horizontalement que verticalement (certaines habitations comptant jusqu’à 4 niveau). L’accès est difficile car il faut descendre d’environ 30 m depuis le plateau pour atteindre le site. De nos jours, on y accède par un escalier aménagé dans la pierre qui correspond vraisemblablement à l’ancien couloir de descente qu’empruntaient les pueblos. La remontée se fait par des échelles. Les constructions sont très bien conservées car elles sont à l’abris du ruissellement et du vent.

Les indiens pueblos ont vécu dans ce canyon pendant 700 ans transmettant leurs techniques et leurs traditions, de génération en génération, par voie orale ; et, curieusement, à la fin du XIIIème siècle (donc avant l’arrivée des européens), en l’espace d’une ou deux générations, ils ont abandonné ces lieux. Il existe plusieurs théories pour expliquer ce départ massif. Certains avancent la possibilité d’un tarissement des ressources naturelles (raréfaction des animaux, changement climatique…). D’autres évoquent une guerre éventuelle avec des tribus ennemies. D’autres encore expliquent que les indiens pueblos auraient quitté ces lieux, poussés par des motivations spirituelles, en quête d’un nouveau sanctuaire.

Les Hopis (Arizona) et les Zuñis (Nouveau Mexique), descendants des pueblos continuent de perpétuer de nos jours les traditions de leurs ancêtres.

Quelques photos du parc…

 

 

Les hautes plaines du Colorado vues depuis Mesa Verde

 

 

 

Vues du Canyon où sont construites les habitations des pueblos

 

 

 

Vue d’ensemble de Cliff Palace

 

 

 

Cliff Palace

 

 

 

Autre village

 

 

 

Une partie du parc a subi plusieurs incendies dont la végétation portent encore les stigmates

 

Monument Valley

J’ai vu Monument Valley il y a plus de 25 ans. J’étais alors avec mes parents et mon frère. Je me souviens avoir été ébloui en découvrant ce lieu extraordinaire. Le revoir était quelque chose que j’attendais avec fébrilité. Le faire découvrir à Elise et aux filles, dans les meilleures conditions était quelque chose d’important.

Lorsque nous étions venus avec mes parents nous avions une berline classique. Or contrairement aux parcs nationaux américains, il n’y a pas de route à Monument Valley. Seule une piste, tantôt caillouteuse, tantôt sableuse, permet de circuler dans la vallée et d’aller d’un point de vue à l’autre. Je me souviens des difficultés que mon père avait eu, il y a 25 ans, pour suivre le chemin, et, l’inquiétude d’une éventuelle crevaison en plein désert. Il me semble d’ailleurs que nous avions renoncé à emprunter certaines parties trop accidentées. Aujourd’hui, je me dis que l’absence de route et la difficulté d’accès contribuent largement à la puissance onirique du lieu.

Cette fois-ci, nous avons envisagé de louer un 4×4 pour traverser l’ouest américain. Mais devant le surcoût d’environ 1000 €, pour une location de 5 semaines, nous avons renoncé. Ceci étant, je tenais à disposer d’un 4×4 pour traverser Monument Valley. Aussi, avons-nous renoncé à dormir à proximité du site pour pouvoir en louer un, à un prix raisonnable, le temps d’une journée. Cortez, où nous dormons, est situé à 2 heures de route de Monument Valley, ce qui fait 4 heures de route aller-retour. Qu’à cela ne tienne… le spectacle méritait ce voyage d’une journée, selon moi.

La seule compagnie de location de voiture qui semble installée à Cortez est Hertz (désolé pour la publicité!). L’agence est installée à l’aéroport de la ville.

Le matin de notre visite à Monument Valley, nous nous sommes donc rendu à l’aéroport avec notre berline que nous avons laissée gratuitement sur le parking, le temps d’une journée. L’aéroport de Cortez est si petit qu’il ressemble davantage à un aérodrome. Pourtant il assure des connexions régulières vers Denver. L’aérogare est à peine plus grande que le hall de l’hôtel du coin. Lorsque nous arrivons au comptoir de la location de voiture, un monsieur, pas tout jeune, chemise à carreaux, Stetson sur la tête, une belle barbe blanche, l’oeil goguenard et avec un accent rocailleux, nous attend. Fort aimable, il me remet le contrat et les clés de la voiture. Il s’agit d’une Nissan Armada blanche. Nous sommes tous les 4 impressionnés par la taille de la voiture, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est la première fois que je conduis une telle voiture. Un vrai plaisir! C’est résistant, puissant mais ça se conduit avec la même facilité qu’une petite voiture… du moins sur des routes suffisamment larges! Conduire un tel véhicule à Paris serait vraiment compliqué.

Nous voilà partis pour Monument Valley…

Ce parc se trouve sur les terres des Navajos. La réserve Navajo mesure 60.000 km2 et est la plus grande réserve amérindienne. Elle s’étend sur 4 états différents : l’Utah, l’Arizona, le Colorado, le Nouveau Mexique. Les Navajos seraient plus de 350.000 aux Etats-Unis. Les terres qu’ils occupent sont très arides et même désertiques. Il semble que leur économie repose un peu sur l’élevage et beaucoup sur le tourisme. Ce sont eux qui exploitent Monument Valley.

Après plus d’une heure et demi de route, les pitons rocheux sont en vue. Le paysage est déjà magnifique autour de nous. La route se poursuit encore longtemps avant d’approcher les pitons rocheux qui se dessinent à l’horizon. Et puis nous arrivons à l’entrée du parc. Le soleil et les nuages se livrent une bataille dans le ciel. La lumière change de seconde en seconde lorsque nous découvrons le panorama principal. Nous sommes immédiatement plongés dans le paysage épique et sauvage de Monument Valley.

Je retrouve la même émotion qu’il y a 25 ans. Et même encore plus. Je sens que mes yeux sont embués d’émotion devant un tel spectacle. Un sentiment de plénitude m’envahit. Monument Valley est définitivement l’une des plus belles choses qu’il m’ait été donné de voir.

Après de longues minutes de contemplation, d’admiration, d’émotion, nous prenons la voiture pour descendre la piste qui fait une boucle de 27 km dans la vallée. Nous sommes secoués, mais nous rions beaucoup. Les filles s’amusent beaucoup des soubresauts de la voiture, des nuages de sables dans lesquels nous nous perdons, des virages chaotiques… A chaque point de vue répertorié par les indiens (il y en a 17), je descends faire des photos. Nous marchons un peu pour admirer le paysage. Alice adore basculer dans le coffre, si immense qu’elle peut tenir assise sans difficulté.

Nous passons trois heures dans la vallée, avançant doucement, profitant de chaque instant. En fin de parcours, les nuages se font plus menaçants, les vents de poussière plus réguliers, les touristes plus rares. Le soleil décline. Finalement, nous sommes revenus à l’entrée du parc quand le soleil est à l’horizon baignant Monument Valley d’une lumière aux reflets roses et orangés.

Je me suis perdu dans ces paysages oniriques. Je me suis retrouvé.