Souvenirs du Pérou

Nous avons passé seulement 11 jours au Pérou. Mais nous avons vu beaucoup de choses. Le programme était dense et plus fatiguant que ce que nous avons pu faire au Mexique. C’était le premier pays, où nous avons fonctionné sans véhicule de location. C’était un choix délibéré car les routes sont réputées dangereuses à divers égards : conduite nerveuse des péruviens, routes de montagne fatigantes, mal entretenues et mal balisées, risque de racket dans les zones montagneuses et reculées. Les grandes distances ont été faites en avion (Lima-Cuzco), en train (Cuzco-Aguas Calientes-Cuzco), en car (Cuzco-Puno, Puno-La Paz). Hormis le trajet chaotique entre Puno et La Paz, tout s’est bien passé. Localement, à Cuzco et Puno, nous avons utilisé les taxis qui n’étaient vraiment pas chers (1€ à 1,5€ la course).

Comme au Mexique, je n’ai à aucun moment éprouvé de sentiment d’insécurité. Les péruviens que nous avons rencontrés ont été très aimables et même souvent très chaleureux. La région des Andes est pauvre. Nous avons vu de nombreuses populations en situation de grand dénuement.

Lima nous a agréablement surpris et nous y aurions bien séjourné plus de temps. Les Andes sont magnifiques avec des paysages à couper le souffle. J’ai beaucoup aimé Cuzco. Je n’oublierai pas les moments extraordinaires passés au Machu Picchu. J’ai été ébloui par les costumes de fêtes et les costumes traditionnels. Nous avons eu beaucoup de chance d’être dans le pays durant la semaine des morts. Nous ne l’avons pas fait exprès, mais je pense que c’était le moment idéal.

Machu Picchu

Visiter le Machu Picchu n’est pas quelque chose qui s’improvise. Il faut venir à Cuzco, réserver les billets de train, acheter à l’avance les billets d’entrée et enfin, si on veut s’épargner les deux heures d’ascension depuis Aguas Calientes, il faut réserver les billets de bus. Tout est cher. Nous l’avons vu, les billets de train sont chers. Mais les hôtels et les restaurants d’Aguas Calientes le sont également, les billets d’entrée aussi (60 € par personne), ainsi que les billets de bus (35 € par personne). A 4, la visite du Machu Picchu, nous est revenu à plus de 1000 €. 1000 € dépensés en deux jours! Heureusement que le reste de notre voyage nous revient moins cher!

Le Machu Picchu est mythique. Les paysages des Andes sur la route d’Aguas Calientes sont magnifiques. Mais à la veille de visiter ce lieu, je me demandais si tout cela en valait vraiment la peine. Le doute était d’autant plus grand que la météo annonçait de la pluie. Et pas des petites pluies ; des orages!

Nous nous levâmes à 5h30 du matin, pour être au départ du bus à 6h30 et sur le site à 7h00. Nous avions les capes de pluie dans nos sacs. Les nuages enveloppaient les montagnes lorsque nous arrivâmes à l’entrée du site. Il se produisit ensuite quelque chose de magique. Alors que nous faisions l’ascension ultime pour arriver sur le site, les nuages se dissipèrent progressivement, laissant apparaître sous un soleil matinal les ruines et la montagne Huayna Picchu qui les surplombe, au moment même où nous atteignîmes le lieu sublime. Je ne sais dire, si c’est la fatigue, le bonheur de voir que les éléments nous étaient cléments, mais j’avoue avoir ressenti une émotion exceptionnelle. Mes yeux étaient baignés de larmes devant ce spectacle. Une nouvelle fois, je dois dire que jamais aucune photo ne pourra traduire l’émotion que peut susciter un tel lieu.

La ville inca semble avoir été posée au sommet de cette montagne par la main d’un être suprême. Elle est entourée de montagnes plus hautes qui forment comme un écrin. Et la montagne Huayna Picchu qui la surplombe directement fait comme un escalier qui mène au ciel. La lumière est irréelle. Les nuages et les brumes qui flottent adoucissent les sommets des montagnes. Nous passâmes de longues minutes qui parurent des secondes à contempler ce spectacle. J’ai été impressionné par le silence des lieux malgré les dizaines, les centaines de touristes. Les gens semblaient comme en recueillement, comme ébahis devant la magie du lieu.

Le Machu Picchu a lui seul justifie le voyage au Pérou. Mais peut-être n’aurais-je pas dit cela si je l’avais vu sous la pluie.