La côte entre Jiufen et Hualien

Taïwan est une île montagneuse qui possède 62 sommets dépassant les 3.000 mètres. Les montagnes couvrent la majorité du territoire. La population se concentre pour l’essentiel dans les plaines de l’ouest du pays. La côte est est restée sauvage. Entre Jiufen et Hualien, la route côtière a été bâtie, pour l’essentiel, à flanc de falaise. Il faut près de 4 heures pour boucler les 190 km qui relient les deux villes. Le spectacle de la route est magnifique entre ouvrages d’art et tunnels qui longent la mer de Chine.

Nous avons fait quelques arrêts sur notre route. Au départ, pour voir quelques vestiges de la mine d’or de Jiufen et au cap Bitoujiao où nous avons fait une promenade en bord de mer. Ensuite, il n’était pas aisé de s’arrêter car la route étroite et en lacets ne dispose pas de zones aménagées pour se garer. Nos yeux ont pu admirer la beauté du paysage. Mais je n’ai pas eu l’occasion de fixer des images avec mon appareil.


Pavillon dans la montagne, après Jiufen.


Statue monumentale du temple de Cyuanji à Qitang


Les montagnes verdoyantes en sortant de Jiufen


Vestiges de l’ancienne mine d’or


Les chutes dorées où se trouvait l’ancienne mine d’or


La mer Yin-Yang, baptisée ainsi pour les sédiments sableux charriés par la rivière qui s’y déverse


Promenade au cap Bitoujiao (鼻頭角)


Cimetière près du cap Bitoujiao

 

Yehliu Geopark

Notre première étape entre Taipei et Jiufen étant courte (environ 1 heure de route), nous avons fait un détour pour visiter les formations géologiques de la péninsule de Yehliu. Il s’agit de rochers près de la mer, sculptés par l’érosion, qui ont des formes de champignons géants. Nous avons fait la visite un dimanche. Heureusement, nous nous sommes trouvés sur les lieux au moment du déjeuner, ce qui nous a permis d’éviter les pics de fréquentation. Vous remarquerez sur les photos, que nous sommes loin d’être seuls. Mais malgré le monde, la visite était très agréable.


 

Baie de Bai Tu Long

La baie d’Ha Long est célèbre dans le monde entier, pour ses innombrables pics karstiques qui dessinent un paysage fantasmagorique. Malheureusement, comme beaucoup d’autres lieux exceptionnels, elle est victime de son succès. La baie est désormais encombrée, une bonne partie de l’année, d’une multitude de navires touristiques. Dans le même secteur, il existe deux autres baies qui présentent des paysages analogues. La baie de Lan Ha, plus au sud, et la baie de Bai Tu Long, plus au nord. La première présente l’avantage de conserver de nombreux villages flottants de pêcheurs qui n’existent plus dans la baie d’Ha Long. La seconde est réputée la plus calme et la moins fréquentée en navires touristiques. Nous avons opté pour cette dernière, dont les croisières étaient, qui plus est, moins chères, sans doute parce que cette baie est moins célèbre.


Les 3 baies


Je ne sais pas dire si les paysages de la baie de Bai Tu Long sont réellement de la même beauté que ceux de la baie d’Ha Long puisque nous n’avons pas comparé, mais nous avons beaucoup aimé notre croisière. Le temps était plutôt couvert, ce qui est souvent le cas semble-t’il dans la région. Mais cela ne nous a pas empêchés d’admirer les paysages qui défilaient devant nos yeux.

Nous avons choisi une croisière de deux jours et une nuit sur une jonque qui comptait une dizaine de cabines. Nous avions deux cabines qui se faisaient face à face. La décoration des cabines était élégante sans atteindre le luxe que proposent certaines embarcations mais avec des niveaux de prix bien plus élevés. Le personnel était d’une gentillesse remarquable.

Le premier jour, une navette est venue nous chercher dans le centre d’Hanoï et après 3 heures de route, nous sommes arrivés à l’embarcadère. Les jonques ne peuvent accoster sur le port. L’embarcation se fait avec des petits bateaux pouvant transporter une vingtaine de personnes. Après un verre de bienvenue, nous avons déjeuné dans la salle prévue à cet effet qui offre une vision panoramique sur le paysage. Alors que nous voguions vers la baie, on nous a servi un menu constitué de 7 ou 8 plats d’excellente qualité. J’ai personnellement particulièrement apprécié le crabe farci, garni avec de la panure! Le dîner était du même niveau tant en quantité qu’en qualité. Heureusement, l’après-midi, nous avons fait une longue promenade en kayak de mer, qui nous a permis d’éliminer quelques calories. Je pagayais avec Alice. Elise et Emma pagayaient ensemble. Cette promenade restera, pour moi, un moment mémorable de notre voyage. Evoluer ainsi en pleine nature avec un paysage d’une telle beauté est quelque chose d’inoubliable. Le soir, après le dîner, nous nous sommes essayés à la pêche au calamar. Mais nous n’avons pas eu beaucoup de succès!

Le lendemain, nous nous sommes levés à 6 heures du matin, pour faire une séance de taïchi. Parmi la quinzaine de passagers, seule une autre personne avait eu le même courage que nous. Là encore, c’était une belle expérience de faire ces mouvements de taïchi alors que nous voguions entourés de pics karstiques jaillissant de l’eau. Ensuite, nous avons pris notre petit-déjeuner bien mérité, puis nous avons visité une petite grotte. Pour le coup, cette grotte faisait vraiment minable à côté de celles que nous avions vues à Phong Nha. Ensuite, le navire a pris le chemin du retour. En fin de matinée, nous avons préparé des nems, que le cuisinier a frit pour nous et que nous avons donc pu goûter. Nous avons ensuite fait un excellent déjeuner, quoique moins copieux que la veille.

Nous avons débarqué à 12h30. Naturellement, la navette nous a reconduits ensuite à Hanoï.

Une croisière, c’est toujours un moment hors du temps, une parenthèse un peu magique. Sans doute, est-ce le contact avec la mer qui offre cette sensation unique? Cette croisière en baie de Bai Tu Long aura été finalement le seul moment où nous serons restés aussi longtemps sur l’eau, durant notre tour du Monde. Une belle parenthèse enchantée! Je garderai en mémoire les paysages oniriques de ces pics karstiques, enveloppés de brume marine.


Le port d’Ha Long où se fait l’embarquement


Les bateaux qui conduisent les touristes aux jonques


Au moment de l’embarquement


Les jonques (en bas et à gauche, la jonque Swan, sur laquelle nous avons navigué)


Navigation dans la baie de Bai Tu Long


Le soir, la jonque a jeté l’ancre dans un endroit calme de la baie. Pour la première fois depuis notre départ d’Ha Long, nous étions entourés d’une dizaine d’autres navires.


Alice très motivée par la pêche au calamar est malheureusement rentrée bredouille dans la cabine


L’île où nous avons été débarqués pour visiter une petite grotte


Le retour vers Ha Long

 

Excursion dans les îles Phi Phi

Départ de la plage de Noppharat Thara


Nos compagnons de route


Pileh lagoon, Ko Phi Phi Ley


Les falaises de Ko Phi Phi Ley


La grotte Viking, Ko Phi Phi Ley


Maya Bay, Ko Phi Phi Ley


La plage des singes, Ko Phi Phi Don


Les bateaux de touristes alignés à Ko Phi Phi Don


Snorkeling à Sharks Point, Ko Phi Phi Don


Bamboo Island


Retour sur la plage de Noppharat Thara


Retour à l’hôtel

Excursion aux îles Phi Phi

Ah oui j’ai oublié de préciser de que le « Ph » se prononce « P »! Ceci étant corrigé, je peux vous parler de l’excursion que nous avons faîte en mer d’Andaman autour de cet archipel d’îles paradisiaques. Nous avons choisi une excursion proposée par la compagnie Sea Eagle Tour company. Ce ne fut pas facile de choisir tant il y avait d’agences de voyages et de combinaisons possibles d’excursion. Nous avons donc décidé de faire confiance au personnel de l’hôtel, que l’on trouvait sympathique, pour nous conseiller. Ils nous ont proposé plusieurs options. Nous avons opté pour une excursion en speedboat. Ce sont des bateaux rapides équipés de deux ou trois moteurs. L’hôtel s’est chargé de faire la réservation.

Une navette vint nous chercher à la résidence à 8h30. Elle s’arrêta à trois reprises pour prendre d’autres voyageurs et nous arrivâmes sur la plage de Noppharat Thara, au nord d’Ao Nang, vers 9h00. Là, nous découvrîmes plusieurs vans similaires à celui qui nous avait accompagnés et des dizaines de tuk-tuk et véhicules en tout genre qui déversaient des touristes sur la plage. Il y a avait à mon avis plus d’une centaine de personnes. Le personnel accueillait les touristes avec un sourire et des mots aimables. Chacun recevait un bracelet de couleur qui correspondait à l’excursion choisie et au bateau associé. Nous restâmes presqu’une heure à attendre sur la plage. Mais à cette heure-ci, il ne faisait pas chaud et nous étions à l’ombre. L’attente fut donc supportable. Ensuite, nous fîmes une petite marche sur la plage afin de rejoindre le bateau. Nous nous déchaussâmes avant d’embarquer. Nous étions une bonne trentaine dans le bateau. Le contraste entre les voyageurs étaient saisissants. Les russes et les occidentaux, notamment d’autres français, étaient en tenue légère. Mais il y avait aussi un groupe de musulmans, des malais peut-être ou des thaïlandais, qui eux étaient vêtus de long vêtements noirs qui leur recouvraient tout le corps, et même la tête pour les femmes. Plus tard, ils se sont baignés sans changer de vêtements et sont remontés à bord, mouillant abondamment l’intérieur du bateau. Ces voyageurs souriaient beaucoup et étaient sympathiques, en dépit de leurs moeurs que je trouvai étranges. Ils n’avaient pas l’air gênés de voir défiler devant eux tant de corps dévêtus. Je me demande quand même ce qu’ils en pensaient.

Après une demi-heure de bateau, à plein moteur, nous arrivâmes sur la première île, Ko Phi Phi Ley. Le bateau fit une halte dans la magnifique crique nommée Pileh. Plusieurs bateaux mouillaient déjà à cet endroit. L’eau était cristalline. L’heure était matinale et aussi ai-je été le seul de nous quatre à plonger. Nous repartîmes et fîmes une nouvelle halte devant la grotte marine Viking, seulement visible depuis la mer. Ensuite, nous fîmes le tour de l’île pour pénétrer dans la baie de Maya, célèbre pour avoir accueilli le tournage du film « La Plage » (avec Leonardo Di Caprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen). Les gens avaient l’air émoustillés de voir ce lieu mythique. Pour ma part, je restai froid, sans doute parce que je trouve que le film est raté! L’accès à la plage est désormais interdit pour laisser la flore marine se reconstituer. Le lieu est splendide mais le paysage est gâché par les dizaines de bateaux de touristes – dont nous faisions partie.  Notre matinée se termina sur la plage aux singes (Monkey Beach) de Ko Phi Phi Don, l’île principale de l’archipel. Nous pûmes de nouveau approcher des macaques. Mais cette fois-ci je me sentis un peu mal à l’aise en voyant ces dizaines de touristes agglutinés pour observer cette petite colonie de macaques. Leur attitude n’était pas correct. Ils s’approchaient trop des singes, les excitaient. Certains essayaient de les nourrir alors que c’était évidemment formellement interdit. Aux grottes de Batu, les choses étaient complètement différentes et l’interaction entre les singes et les hommes me semblait plus naturelle.

La matinée m’a déçu. Certes les paysages sont magnifiques. Mais les dizaines de bateaux bruyants, emplis de touristes, qui sillonnent la mer d’Andaman dans tous les sens me consternent. D’une certaine manière, je me suis senti coupable de participer à cette forme de saccage de cette merveille de la nature.

A 12h00 pétantes, nous débarquâmes sur la plage principale de Ko Phi Phi Don. Nous déjeunâmes dans un restaurant proposant un buffet. La salle principale pouvait accueillir plus de cent personnes à vue d’oeil. La nourriture était très correcte pour ce type de restauration collective. Mais ce déjeuner ne fit que renforcer mon sentiment de n’être qu’un numéro dans cette usine à touristes.

Nous faillîmes raté le départ du bateau car nous avions compris que nous repartions 120 minutes après notre arrivée, c’est-à-dire à 14h00, alors que nous devions comprendre « 1:20 » (13h20). Je me promenais tranquillement avec Alice aux alentours de 13h30, ayant laissé Emma et Elise sur la plage à quelques centaines de mètres de là, quand j’entendis quelqu’un nous héler, l’air excédé. Ce fut à ce moment que je compris notre erreur d’interprétation. Me voilà reparti en courant avec Alice pour prévenir Elise et Emma de notre méprise. Nous fîmes tous les 4 les quelques centaines de mètres qui nous séparaient du bateau en courant sur le sable!

L’après-midi, nous fîmes une séance de snorkeling de 3/4 d’heure. La compagnie fournissait masques et tubas pour chaque passager. Les filles qui attendaient ce moment furent contentes. Nous vîmes quelques poissons mais pas autant qu’en Polynésie. Les fonds marins sont assez abîmés. Sur le petit film que j’ai fait, on a l’impression que l’on nage aux milieux d’un aquarium. Mais cela est de la « publicité mensongère » car les bateaux balancent des appâts pour attirer les poissons. Nous avons tout de même passé un bon moment. Notre après-midi s’acheva sur la très belle plage de Bamboo Island. Malheureusement, elle était aussi encombrée de bateaux que les autres sites vus dans la journée.

Nous revînmes à Ao Nang vers 17h00 après une journée bien remplie, des images plein la tête, mais aussi le sentiment que ce pays est abîmé par cet excès de tourisme.