Jiufen (九份)

Jiufen est un village d’environ 3.000 habitants, bâti à flanc de montagne, à quelques kilomètres de la côte, au nord-est de Taïwan. Ce village s’est développé à la fin du XIXème siècle du fait de la découverte d’or. Les mines d’or voisines ont fermé au début des années 1970.

Le village a peu évolué depuis cette époque et a conservé ses rues étroites. La rue principale du village historique s’est parée de nombreuses échoppes d’artisanat, restaurants de rue et boutiques de souvenirs.

Nous avons choisi de faire étape à Jiufen pour visiter le village en soirée, quand les lanternes illuminent les petites rues et renforcent son caractère intemporel. Nous avons dormi dans un Bed and Breakfast, tenu par un charmant propriétaire. La communication n’était pas aisée, mais sa gentillesse compensait largement cette difficulté. En arrivant, j’ai fait un tour dans la rue principale où il y avait une foule de touristes taïwanais venus à Jiufen pour se promener un dimanche après-midi. Quand nous sommes ressortis avec Elise et les filles, à 19h, la rue était déjà pratiquement vide et de nombreuses boutiques avaient descendu leurs rideaux. Les taïwanais dînent tôt et nous étions pratiquement les seuls à dîner dans un petit restaurant qui servaient une très bonne cuisine locale.


Temple de Jiufen


Rue ancienne de Jiufen


Jiufen de nuit


La féérie des lanternes

 

Zhongzheng de nuit, Taipei

Voici quelques photos prises dans les rues du quartier où nous étions installés. Nous avons dîné dans plusieurs des restaurants qui apparaissent ci-dessous. Je n’oublierai pas le restaurant japonais qui apparaît sur les 2 dernières photos. Après avoir pénétré, nous avons été invités à gravir un étroit escalier jusqu’au deuxième étage. Deux serveuses nous attendaient. Elles nous ont fait signe d’entrer dans une petite alcôve après nous être déchaussés. Nous avons dîné dans cet endroit clos et chaleureux. Là aussi, les menus n’étaient pas traduits et la communication était compliquée avec les serveuses qui ne parlaient pratiquement pas anglais. Mais quelle gentillesse dans l’accueil malgré les difficultés pour communiquer. Un autre moment inoubliable.

 

Premier contact avec Taïwan

Après 3 heures de vol, nous sommes arrivés à 18h00 à Taoyuan, l’aéroport de Taipei. Un taxi réservé par notre hôte nous attendait. Mais nous avons eu un peu de mal à le trouver. La communication n’est pas aisée quand on arrive dans un pays sans possibilité de téléphoner! Nous nous en sommes sortis en envoyant des messages à notre hôte sur l’application Airbnb, accessible grâce au wifi de l’aéroport. Heureusement, celui-ci était réactif, et, après quelques échanges de messages, nous avons fini par retrouver notre taxi. C’est un peu luxueux de réserver un taxi à l’avance, mais c’est bien appréciable d’être accueilli ainsi dans un nouveau pays.

A Taipei, où nous sommes restés 6 jours, nous avons préféré louer un petit appartement en centre-ville à proximité du métro plutôt qu’un appartement plus grand mais nécessairement plus éloigné. Le taxi a mis environ 50 minutes pour faire le trajet de l’aéroport international au centre de Taipei. Il faisait nuit. Cette route m’a immédiatement fait ressentir la différence avec les trois derniers pays visités. Les infrastructures sont de grande qualité, avec de nombreux viaducs et des échangeurs impressionnants. La ville est constituée d’immeubles modernes qui brillent de mille feux dans la nuit taïwanaise. Les nombreuses enseignes publicitaires dans le centre-ville évoquent les images des villes japonaises. Nul doute que nous sommes arrivés dans un pays bien plus riche et développé que les précédents. Cette première impression n’a cessé de se confirmer depuis.

Notre appartement se situait dans une toute petite rue du centre ville dans le quartier animé de Zhongzheng. Nous avons d’ailleurs été surpris de voir le taxi pénétrer dans des rues aussi étroites où de nombreuses personnes marchaient sur la chaussée. Ces rues étaient jalonnées d’innombrables restaurants qui débordaient sur la voie publique. Finalement, le taxi nous déposa devant la porte d’un immeuble verrouillée par un digicode. Il était déjà parti quand je réalisai que notre hôte ne nous avait pas envoyé les instructions pour entrer dans l’appartement. Et il se mit subitement à pleuvoir des trombes d’eau. Nous nous abritâmes sous le porche de la maison d’en-face avec tous nos bagages. Nous scrutâmes la rue autour de nous, à la recherche d’une solution pour trouver un wifi afin de communiquer avec notre hôte. Nous découvrîmes qu’il n’y avait que des bars obscurs et des clubs aux devantures noires avec quelques femmes qui attendaient devant. Manifestement, il s’agissait de clubs pour adultes. Je me décidai à pénétrer dans le lounge à côté du porche, qui me semblait le lieu le plus accessible pour un touriste non averti. Deux jeunes hommes buvaient un verre et furent surpris de me voir entrer. La patronne ne parlait pas anglais. Finalement, l’un des jeunes vint à son secours et lui expliqua que je souhaitais utiliser le wifi pour contacter quelqu’un. Elle accepta avec gentillesse. Je pus ainsi contacter notre hôte et lui demander comment nous pouvions accéder dans l’appartement. Il me donna toutes les explications. Il y avait sur le côté de la porte de l’immeuble une petite boîte à clés avec un code, où se trouvait la carte magnétique qui ouvrait la porte extérieure, la porte principale de l’immeuble, actionnait l’ascenseur et ouvrait la porte de notre appartement. Un peu mouillés par la pluie, nous arrivâmes à l’appartement.

Il s’agissait d’un studio avec deux lits doubles qui remplissaient la quasi totalité de la pièce. A gauche de la porte d’entrée se trouvait une cuisinette avec une plaque électrique, un réfrigérateur et un lave-linge. Je pouvais toucher les meubles de la cuisine depuis mon lit en étendant simplement le bras. Nous n’avons pas utilisé la plaque électrique et nous n’avons pas cuisiné. Tout juste avons-nous utilisé le réfrigérateur pour stocker des boissons fraîches, du beurre, du lait, etc., pour pouvoir faire un petit-déjeuner sur le pouce le matin. La pièce unique se prolongeait par un balcon qui augmentait un peu l’impression d’espace. La salle de bain était impeccable avec des toilettes à la japonaise (jet d’eau automatique et système de séchage pour les fesses…). L’appartement était d’une propreté remarquable, avec des chaussons disponibles à l’entrée pour ne pas salir, des claquettes en plastique dans les toilettes et d’autres claquettes en plastique sur le balcon. En dépit de la petite taille de l’appartement, nous avons passé un très bon séjour dans cette location.

Après avoir posé les valises, nous sommes sortis pour aller dîner. Les taïwanais dînent tôt. 20h c’est un peu l’heure limite, même si les restaurants sont parfois ouverts jusqu’à 22h. Nous avons marché un peu et nous sommes entrés dans un restaurant de quartier, spécialisé en cuisine japonaise. Notre quartier en comptait des dizaines! Pour la première depuis notre départ de Paris, nous avons lutté pour choisir quelque chose car les menus étaient écrits uniquement en chinois. Les petites photos nous aidaient à comprendre à peu près ce qui était servi, mais pas complètement! Quel poisson? Quelle viande? Quel légume? Ce genre de questions ne trouve pas toujours de réponses évidentes avec des petites photos où tous les aliments sont présentés coupés en petits morceaux. Les personnes du restaurant étaient très accueillantes. Nous étions les seuls clients, sans doute parce qu’il était déjà tard pour les habitudes locales.

Dans les jours qui ont suivi, nous avons pu tester de nombreux restaurants : plusieurs japonais et un taïwanais. Nous avons très bien mangé à Taipei. Nous avons eu également confirmation que nous étions dans un quartier « chaud » de la ville. « Chaud » pour sa vie nocturne et ses clubs pour adultes. Mais d’une tranquillité et d’une sécurité, fort appréciables. Partout, nous avons été accueillis avec les mêmes sourires, la même gentillesse. Nous avons rencontré très peu de touristes. Depuis le début de notre tour du Monde, c’est la première fois que j’ai eu à ce point un sentiment de dépaysement. Et cette impression de s’être un peu perdu est un grand plaisir en voyage.

 

Foz do Iguaçu vs Puerto Iguazu

Foz do Iguaçu, la ville brésilienne voisine des chutes d’Iguazu et de la triple frontière avec le Paraguay et l’Argentine, compte plus de 200.000 habitants. En quittant l’aéroport, j’ai remarqué la qualité des infrastructures et le soin apporté à l’environnement. La ville a confirmé ma première impression. Tout est parfaitement entretenu : les routes sont impeccables, les pelouses vertes soigneusement tondues. La ville dégage une impression de prospérité et de tranquillité. L’hôtel où nous avons dormi n’était pas cher mais très luxueux. En regardant les tarifs affichés, je me suis aperçu que nous avions à peine payé le tiers du prix normal. Booking.com a parfois du bon.

Après un bon dîner au restaurant de l’hôtel et une belle nuit de sommeil, nous visitâmes le parc naturel et observâmes les chutes depuis la rive brésilienne. En fin d’après-midi, un taxi nous fit franchir la frontière avec l’Argentine en empruntant le pont sur la rivière Iguazu. Les formalités de douane furent menées rapidement et nous arrivâmes à l’hôtel de Puerto Iguazu où nous avions réservé. Nous avions décidé de nous faire plaisir pour une fois en réservant un hôtel haut de gamme, un 5 étoiles. A 140 € la nuit, le tarif dépassait assez largement le budget de 90 € que j’avais envisagé initialement, mais restait correct pour un 5 étoiles et constituait un écart, somme toute, acceptable. Le hall de l’hôtel était à la hauteur de sa cotation. Hélas, rien d’autre ne l’était. Une fois sortis du hall, nous découvrîmes des couloirs aux moquettes râpées et décolorées, des tapisseries jaunies, déchirées, des traces d’humidité sur les plafonds… La porte de notre chambre ne fermait pas si on ne verrouillait avec la clé. La chambre était grande mais donnait l’impression de ne pas voir été rénovée depuis plusieurs dizaines d’années. Les dessus de lits étaient troués, les draps jaunis, les papiers peints fanés, les meubles en bois rayés et écaillés, les serviettes de bain effilochées et déchirées… Elise était très en colère. J’étais fatigué et déçu. Malgré tout, nous décidâmes d’aller avec les filles prendre un bain dans la piscine. Malheureusement, la piscine était tout aussi délabrée que le reste de l’hôtel : les draps de bains étaient en lambeaux, le fond de la piscine était noire, le carrelage soulevé par endroit, le toboggan était cassé… En remontant à la chambre, Elise me convainquit que nous devions essayer de quitter l’hôtel. En revoyant les photos sur booking.com, nous nous dîmes que cela relevait purement et simplement de la publicité mensongère. Nous descendîmes à l’accueil pour expliquer notre mécontentement et demander à l’hôtel de trouver une solution. Nous n’avions pas encore payé. Le responsable était gêné quand nous lui fîmes part de nos griefs. Il regarda son ordinateur et nous proposa de chercher une chambre dans un autre hôtel en annulant simplement la réservation. Normalement, il n’était pas possible d’annuler moins de 48 heures avant le début de la réservation. Mais le responsable leva la contrainte. Il nous indiqua que nous  n’aurions aucune difficulté pour réserver car il y avait beaucoup de places dans les hôtels alentours. Il nous dit de prendre notre temps, d’utiliser le wi-fi pour rechercher une alternative. Il nous proposa même de prendre une douche avant de quitter l’hôtel! Jamais, je n’avais vu un tel écart entre ce que décrivait booking.com et la réalité. Booking.com n’est pas toujours fiable!

Une demi-heure plus tard, nous avions trouvé une très belle chambre dans une « posada » à deux rues de notre hôtel, pour un prix bien inférieur!

En allant à ce nouvel hôtel avec le taxi, nous découvrîmes que les rues derrière la route principale n’étaient pas goudronnées. La misère environnante contrastait singulièrement avec ce que nous avions vu du côté brésilien. Nous n’étions pas au bout de nos surprises…

Après une demi-heure passée dans notre nouvel hôtel, très confortable, la lumière s’éteignit. Nous avions été prévenus qu’il y avait de nombreuses coupures de courant dans la ville de Puerto Iguazu. Nous expérimentâmes nos premiers instants sans électricité. Il faisait déjà nuit noire. Impossible de voir quoi que ce soit dans la chambre. Heureusement, c’était l’heure où le taxi devait venir nous chercher pour aller dîner en ville, notre hôtel étant légèrement excentré, à une quinzaine de minutes du centre. Nous n’avions quasiment pas de pesos argentins sur nous. A peine de quoi payer le taxi pour aller en ville, mais pas suffisamment pour revenir. Durant notre trajet pour aller en centre ville, l’électricité était revenue. Nous avions prévu de tirer de l’argent au distributeur automatique. Mais du fait de la panne d’électricité, tous les distributeurs étaient en cours de réinitialisation. En marchant pour trouver un restaurant qui prenait la carte de crédit, une nouvelle coupure de courant survînt. Les rues étaient noires, les feux rouges ne fonctionnaient pas, les voitures passaient devant nous sans nous voir. Les chiens errants aboyaient dans les rues. La ville de Puerto Iguazu qui nous avait déjà donné un sentiment de délabrement, devenait carrément lugubre et inquiétante. On ne mesure pas à quel point, une coupure d’électricité peut changer la physionomie d’une ville et la rendre dangereuse. J’en profite pour dire que tous ceux qui ont envie de jouer aux apprentis sorciers en France avec l’électricité, devraient réfléchir un moment à ce que signifie le risque de black-out.

Seuls les restaurants qui avaient des diesels pouvaient continuer de fonctionner normalement dans cette ville peuplée d’ombres. Nous entrâmes dans l’un d’entre eux, que nous avait recommandé le taxi. A la fin du dîner, le courant était revenu dans la rue et les distributeurs automatiques avaient eu le temps de se remettre en état de fonctionnement. Nous en profitâmes pour tirer de l’argent. J’eus une légère appréhension quand Elise mit la carte de crédit dans le distributeur. Et si une nouvelle panne survenait, juste à ce moment-là! Heureusement, il n’en fut rien. Nous pûmes tirer les pesos argentins et rentrer en taxi à l’hôtel. Nous fûmes soulagés, car l’hôtel nous avait formellement déconseillés de rentrer à pied la nuit, pour des raisons de sécurité.