Fushimi Inari-Taisha

Fushimi Inari-Taisha est un sanctuaire dédié à la déesse Inari (principalement déesse des céréales, des fonderies et du commerce, gardienne des maisons, secondairement déesse de la montagne, des prostituées, des pompiers, de la fertilité), qui associe les deux traditions religieuses du Japon : shintoïsme et bouddhisme.

Ce sanctuaire, bâti sur les flancs d’une montagne au sud de Kyoto, est constitué de plusieurs temples éloignés les uns des autres. Il abrite surtout un magnifique chemin qui serpente dans la montagne sur plusieurs kilomètres et est jalonné d’innombrables torii (portes) peints en orange.


 

Xiangshan (象山) et Taipei 101

Le caractère (Xiang) signifie éléphant.

Le caractère (Shan) signifie montagne. Il est souvent utilisé pour les noms de ville.

象山 (Xiangshan) est donc la montagne de l’éléphant. Il s’agit d’une colline arborée à proximité de Taipei. C’est une promenade qu’affectionne les habitants de Taipei car elle permet d’avoir une vue panoramique sur la ville. Elle se situe à quelques stations de métro du centre. J’en profite pour indiquer que Taipei dispose d’un métro remarquable avec un maillage relativement serré en centre-ville.

Sur le guide et sur Google Maps, j’avais identifié le tracé de cette randonnée. J’avais indiqué à Elise et aux filles, qu’il s’agissait d’une petite promenade. En fait, j’avais sous-estimé la difficulté de l’ascension qui comptait environ 1.500 marches. Avec une température supérieure à 30°, l’exercice fut très éprouvant. Plusieurs écoles faisaient le même chemin que nous. Nos efforts furent récompensés. Arrivés en haut de la colline, nous découvrîmes d’un côté une vue splendide sur la ville et de l’autre, les montagnes arborées à perte de vue. En suite, nous suivîmes un chemin de crête au milieu de la forêt. Notre chemin était égayé par de nombreux papillons multicolores aux tailles impressionnantes. Il était saisissant d’être aussi proche de la ville et d’avoir ce sentiment d’être en pleine nature. C’est l’une des particularités de Taipei ; la ville est une grande métropole moderne. Mais la nature enserre la ville et est facilement accessible depuis le centre.


La tour Taipei 101 qui domine le paysage urbain est haute de 509 m. Elle a été la tour la plus haute du Monde entre 2004 et 2010.

 

West Mc Donnell National Park

Selon les guides touristiques, ce parc national constitue l’un des principaux attraits de la région autour d’Alice Springs. Malheureusement, un incendie de brousse qui durait déjà depuis plusieurs jours, quand nous sommes arrivés, nous a empêchés d’accéder à la plupart des sites naturels. L’accès à l’incendie étant difficile et les moyens disponibles limités, la stratégie des autorités était de laisser le feu consumer la végétation jusqu’à ce qu’il s’éteignît par lui-même. La route traversant le parc national semblait constituer le principal espoir de ne pas voir le feu se propager sur une surface trop grande. Celle-ci était donc interdite à la circulation.

Nous avons pu toutefois visiter le site de Standley Chasm, géré par les aborigènes, et qui donne l’occasion d’une balade au coeur d’un canyon jusqu’à une formation géologique en forme de défilé.


Drapeau aborigène


Promenade dans le canyon, où les arbres noircis portent les traces de précédents incendies


Le défilé


Lézard rencontré sur le chemin, peuplé d’une multitude d’oiseaux mais qui se sont tous dérobés à mon objectif…

Watarrka National Park

Contrairement à Uluru National Park, l’accès au Watarrka National Park est gratuit.

Nous y avons fait deux petites randonnées d’une heure chacune, tôt le matin. La première se situait à Kings Canyon même. Nous avons marché dans le bas du canyon et nous avons gravi la falaise qui mène au sommet. En revanche, nous n’avons pas entrepris la marche de 3 heures qui fait le tour du canyon (Kings Canyon Rim Walk), trop éprouvante avec des températures dépassant les 35°C. La seconde randonnée se situait à environ 20 km au sud-est et se nomme Kathleen Springs walk. Je l’ai trouvée plus intéressante que la première car le chemin traverse une ancienne ferme d’élevage bovins, jalonnée de quelques vestiges du passé, ce qui permet d’imaginer la vie des premiers colons. Elle offre, par ailleurs, une vision plus dégagée sur la végétation du bush.

C’est un euphémisme si j’écris que nous avons rencontré beaucoup moins de touristes qu’à Uluru. A Kathleen Springs, notre voiture était même la seule garée sur le parking lorsque nous sommes arrivés et nous avons dû croiser moins de 10 personnes sur le chemin du retour!

Finalement, notre séjour à Kings Canyon, dans un lieu moins spectaculaire mais aussi moins envahi par les touristes, a bien complété notre exploration du Coeur rouge.

 

Kings Canyon

 

Kathleen Springs

 

Kata Tjuta

Kata Tjuta, qui signifie « beaucoup de têtes » en langue aborigène, est le regroupement de plusieurs dizaines de formations rocheuses, qui émergent au milieu du bush. Elles couvrent une surface d’environ 22 km². Le sommet le plus haut, le mont Olga, culmine à 1070 m et domine la plaine environnante de 400 m à 600 m. Le parc national propose plusieurs parcours de randonnées pour tous les niveaux. La plus longue mesure 15 km ; elle s’enfonce entre deux grands massifs puis fais une boucle. Lorsque nous y étions, l’accès à la boucle était fermée dès 11h du matin, car cette randonnée, qui présente quelques difficultés techniques, devient trop dangereuse quand la température avoisine les 40°C.

Tous les guides invitent les voyageurs à assister au spectacle du lever et/ou du coucher de soleil sur Kata Tjuta. Ce sont des moments privilégiés où la lumière est plus douce, la roche prend des tonalités rouges briques, et le ciel se colore des nuances de l’aube et de l’aurore, ou, du couchant et du crépuscule.

Etant donné que le thermomètre s’enflammait tôt dans la journée et ne redescendait pas sous les 35°C avant le coucher du soleil, nous avons choisi de nous lever très tôt pour assister au lever de soleil sur les monts Kata Tjuta, puis faire un peu de marche avant 10h du matin.

J’ai remarqué que quand je dois me lever à une heure exceptionnellement matinale. Je dors très mal la nuit. Je ne parviens pas à plonger dans un sommeil profond et je me réveille plusieurs fois pour vérifier que l’heure du réveil n’est pas dépassé. Cette fois-ci ne fit pas exception. La veille au soir, je mis le réveil à 4h30 pour que nous pussions partir à 5h15 et être à la plateforme d’observation du site, dédiée au lever du soleil, à 6h00, soit un quart d’heure avant le premier rayon du soleil. Nous avions acheté croissants, muffins, laits chocolatés et jus d’orange, la veille, pour prendre le petit-déjeuner face au spectacle de la nature qui s’éveille. J’aurais dû attendre 47 ans, pour voir pour la première fois de ma vie, le soleil se lever! J’avais déjà fait des nuits blanches, mais je n’avais jamais observé le soleil au moment où il apparaît à l’horizon. Le lever fut difficile pour tout le monde. Quand nous sortîmes, la température s’élevait déjà à 24°C.  Quand nous partîmes, il faisait nuit. Sur la route, j’appréciai avec émotion la montée progressive d’une lueur bleue à l’horizon, tandis que de l’autre côté du ciel, la nuit noire était encore présente. Après 40 minutes de route, nous arrivâmes sur le site, nous marchâmes 200 à 300 mètres, environnés par le bush silencieux et semblant s’éveiller doucement, et nous rejoignîmes la plateforme. Plusieurs dizaines de personnes étaient déjà présentes, ce qui ne posait pas de problème pour observer les monts Kata Tjuta. En revanche, la place pour observer le premier rayon de soleil était étroite, et les dizaines de personne présentes s’agglutinaient dans cet espace réduit. Tout le monde attendait le premier rayon. Et quand celui-ci apparut, de nombreuses personnes expirèrent un « Ah » d’admiration. Voir tous ces gens ainsi tournés vers l’astre du jour dardé sa première lueur fut également un moment émouvant. Je me suis dit que ces gens avaient, comme moi, l’envie de se reconnecter à la nature. Ces instants de communion suffisent à me rendre optimiste. L’aube laissant la place à l’aurore, le ciel s’illumina de couleurs incandescentes et les lumières chaudes montèrent progressivement sur les monts Kata Tjuta. Je continuai à prendre quelques photos et nous finîmes avec bonheur notre petit-déjeuner. Ensuite, nous reprîmes la route pour nous rendre à l’un des départs de randonnée. Dès 8h00, la chaleur était déjà pesante. Nous marchâmes malgré tout une dizaine de kilomètres, jusqu’à 10h00. A cette heure, la chaleur était déjà insupportable. Nous avions bu près d’un litre d’eau chacun. Nous souffrîmes de la chaleur mais nous fûmes également importunée par des nuages de mouches tournant autour de nous et nous obligeant à battre des bras sans arrêt. Sur le chemin, nous nous étions d’abord moqués des personnes qui portaient une moustiquaire sur la tête. A la fin nous les enviions. L’après-midi, Elise eu la bonne idée d’acheter lesdites moustiquaires pour faire les randonnées suivantes, sans cette nuisance.

Au cours de cette première randonnée, j’ai découvert des paysages conformes à ce que mon imagination avait bâti à partir des images vues de l’Australie. La terre est rouge ; les herbes et les buissons sont jaunis par le soleil ; les arbres sont noueux, tordus, comme s’ils souffraient eux-mêmes de la chaleur, parfois regroupés en bosquets, ils font de nombreuses tâches vertes dans le paysage ; les cours d’eau sont asséchés. On marche prudemment et bruyamment pour éloigner les serpents, potentiellement dangereux, même si le risque d’une mauvaise rencontre est infime. J’ai été séduit par la beauté brute de ces paysages qui semblent intemporels.


L’aube sur les monts Kata Tjuta, avec la Lune qui reflète les rayons du soleil


Lever du soleil


Les lumières de l’Aurore


Randonnée entre les monts Kata Tjuta

 

Grande randonnée sur l’Ile de Pâques

Le 28 décembre, le lendemain de notre atterrissage sur l’île, nous partîmes en randonnée d’Hanga Roa, à la rencontre de nos premiers moais. Notre première halte se fit rapidement pour découvrir le seul cimetière de l’île. Le temps était très ensoleillé et le soleil bien orienté, ce qui me permit de faire des photos lumineuses que je diffuserai dans le prochain article.

Cimetière d’Hanga Roa


400 m plus loin, nous découvrîmes les premiers moais sur les sites d’Ahu Vai Uri (4 statues) et Ahu Tahai (1 statue solitaire). Et puis, presque attenant, Ahu Ko Te Riku (1 seule statue). Nous étions quasiment seuls sur ces sites délimités par des murets en pierre, entourés d’une herbe vert intense, la mer d’un bleu profond en décor et les rayons du soleil illuminant idéalement les statues. C’est un instant que je n’oublierai pas. Je ressentis une grande sérénité comme si j’étais dans un lieu magique, chargé de mémoire, un lieu habité. Les statues d’Ahu Vai Uri et d’Ahu Tahai, bien qu’abîmés par le temps, semblaient vivantes, se dressant droites, regardant toutes dans la même direction, stoïques. Ahu Ko Te Riku, la seule statue de l’île dont les yeux ont été restaurés m’apparut dans toute sa splendeur.

Ahu Vai Uri


Ahu Tahai et Ahu Ko Te Riku


Voilà! En moins d’un demi kilomètre de marche, nous étions entrés en contact avec ces statues venues d’un passé oublié, tournant le dos à la mer, portant les stigmates du temps, comme au garde à vous, les gueules cassées empreintes d’une éternelle tristesse. L’instant me fit frissonner d’émotion. Les minutes s’étiraient et je ne bougeais pas, contemplant longuement les moais qui me faisaient face. Je les trouvais fascinants car ils semblaient porteurs d’un message secret à l’adresse des visiteurs. Ces statues, dans leur simplicité, dans leur expressivité, disent quelque chose d’intemporel sur la relation de l’homme avec l’univers, ses interrogations sur la vie, ses inquiétudes par rapport à la mort, sur sa volonté de créer, de laisser une trace qui lui survivra. Cet art est absolu car il s’adresse directement à ce qu’il y a de plus profond en nous, et communique à tous les hommes, par delà les cultures, par delà les siècles. Il exprime quelque chose d’essentiel.

Après de longues minutes et une pause pique-nique – le corps nous arrache parfois à nos rêveries nous ramenant à des considérations toutes matérielles – qui nous permit de prolonger la contemplation, nous repartîmes en direction du site suivant, Ahu Hanga Kio’e (également 1 seule statue). Celui-ci est un peu plus éloigné, à 800 mètres de marche d’Ahu Ko Te Riku. Le moai est différent des précédents car son visage est davantage allongé ainsi que son nez, et son arcade sourcilière est plus marquée. Nous vîmes par la suite, beaucoup d’autres visages semblables, notamment dans la carrière de Rano Raraku. De toutes les statues vues ce premier jour, je crois qu’elle est celle qui est la plus emblématique des moais de l’Ile de Pâques.

Ahu Hanga Kio’e


J’avais lu sur un blog qu’il était possible de faire une marche de 7 km pour se rendre sur un autre site archéologique et revenir à Hanga Roa, en passant par les moais de Ahu Haviki, les seuls moais de l’île qui regardent l’océan. Portés par l’enthousiasme des premières rencontres, nous nous lançâmes dans la randonnée.

Sur le chemin, nous visitâmes une grotte accessible depuis un trou d’homme dans le sol, à quelques dizaines de mètres de la falaise, et aboutissant après une progression difficile dans le noir absolu sur des fenêtres ouvertes en à-pic au-dessus la mer.

Grotte Anna Kakenga


Et puis, nous reprîmes notre route. Celle-ci semblait bien plus longue que prévu. Petit à petit, notre enthousiasme s’éroda. Mais nous semblions si proche du site archéologique visé que nous prolongeâmes encore notre effort. Finalement, je fis les dernières centaines de mètres seul, laissant Elise et les filles se reposer en attendant mon retour. Ce faisant, nous renoncions à faire la route retour par Ahu Akivi. Le retour fut un vrai calvaire. Il faisait chaud. Le vent soufflait et adoucissait quand même la chaleur des rayons du soleil. Mais nous mourions de soif, et plus une goutte d’eau pour nous aider à avancer. Les derniers kilomètres furent un enfer. Et quel ne fut pas notre soulagement lorsque nous aperçûmes le premier moai, signe que nous approchions de la voiture.

Finalement, les 7 km annoncés sur un blog se transformèrent en 15 bons kilomètres dans la campagne, sur des chemins accidentés et caillouteux. Nous étions épuisés le soir. Qui plus est, avant de partir, nous avions omis de mettre de la crème solaire. Mal nous en prit! Elise et moi reçûmes, en paiement de notre inconséquence, nos pires coups de soleil depuis des années. Les filles furent moins touchées, sans doute du fait de la matité de leurs peaux.

Nous souffrîmes les nuits suivantes! Mais nous n’oublierons pas cette longue marche le long des côtes escarpées de la côte ouest de l’Ile de Pâques et ce premier contact avec les moais. Inoubliable!