La route entre Rapid City (Dakota du Sud) et Denver (Colorado)

Le jour où nous avons vu le Mont Rushmore puis Crazy Horse Memorial, nous avons pris la route pour Denver. Nous avons continué de serpenter une centaine de kilomètres entre les montagnes verdoyantes des Black Hills. Le paysage évoque par moment certaines régions vallonnées des Alpes suisses, tant la montagne est tapissée de pâturages. Quelques enclos avec le mot ranch nous rappellent que nous sommes aux Etats-Unis. Les quelques villes que nous traversons, notamment Custer, ont gardé un côté Western avec des maisons à la façade en forme de saloon.

En passant dans l’Etat du Wyoming, le paysage change radicalement. Durant environ 250 kilomètres, la route traverse d’immenses prairies desséchées, presque désertiques. Nous sommes au-dessus de 1000 m d’altitude, mais le paysage est plat ou à peine vallonné jusqu’à l’horizon où seules quelques montagnes cassent la monotonie. Très peu de traces humaines : pas de cultures, juste quelques élevages de vaches noires, des habitations isolées, quelques camions UPS ou Fedex… La route est longue sous un soleil de plomb. Nous croisons une voiture de temps en temps. Ce qui domine, c’est un sentiment d’immensité dépeuplée.

Au bout de cette route, nous arrivons dans le Colorado. Et les paysages changent de nouveau ; toujours aussi plats devant nous et sur la gauche de la route tandis qu’à droite, les montagnes se font plus hautes : ce sont les Rocheuses qui se dessinent nettement sur un ciel bleu azur. Nous retrouvons une végétation plus abondante, des cultures humaines. La route se fait plus large et le trafic plus dense. Enfin, nous voyons se dessiner au bout de notre route les tours du centre ville de Denver. Nous laissons de côté la grande ville, que nous n’aurons pas le temps de visiter, pour nous installer quelques jours dans un motel de Lakewood, dans la proche banlieue de la capitale du Colorado.

Chapelle norvégienne, Rapid City

Cette chapelle, réplique d’une église de Borgen a été construite par des citoyens américains descendants d’immigrés norvégiens. Le site comprend également une maison  ancienne importée de Norvège et remontée pièce à pièce ainsi qu’un petit musée décrivant l’habitat de ces immigrés norvégiens venus chercher fortune en Amérique au moment de la ruée vers l’or. Le drapeau norvégien flotte à l’entrée du site.

Comme de nombreux sites, l’accès est gratuit et les visiteurs sont invités à faire une donation s’ils ont apprécié la visite. L’accueil y est simple et le contact facile.

Ce site nous rappelle que l’Amérique a été, en partie, construite par de nombreuses vagues d’immigration successives venues d’Europe. Il n’est pas possible de comprendre ce pays sans avoir à l’esprit le rôle qu’ont joué ces familles pionnières qui ont construit leur existence en partant de rien, dans un pays qu’elles ne connaissaient pas.

Les Présidents américains

Le tourisme est l’une des principales activités développées par Rapid City. La ville bénéficie de la proximité des Black Hills à l’ouest où se situe notamment le Monument du Mont Rushmore. Les Black Hills offrent par ailleurs de nombreuses possibilités de tourisme sportif ou au contact de la nature.

Le Dakota du Sud étant éloigné des zones traditionnellement visitées par les étrangers (Parcs de l’ouest des Etats-Unis, Californie, Louisiane, Floride, New-York, Washington…), le tourisme développé par Rapid City vise davantage les citoyens américains. Dans le prolongement du Monument du Mont Rushmore, la ville a créé un musée à ciel ouvert dédié aux présidents américains en érigeant pour chacun d’eux une statue de bronze en pied. Ces statues à l’échelle 1 n’ont pas de piédestal et ont des attitudes très réalistes, ce qui donne l’impression qu’il s’agit d’habitants de la ville.

Au total, ce sont ainsi 42 statues de présidents qui peuplent 12 carrefours des deux rues principales de la Ville : Main Street et Saint-Joseph Street. La statue de Barack Obama est en cours de réalisation et sera inaugurée dans l’année. Vous avez ci-dessous les photos des 42 statues existantes. Petit jeu : combien en reconnaissez-vous? Solution plus bas.

 

Dans l’ordre des photos :

  • Franklin Pierce (1853-1857), Théodore Roosevelt (1901-1909), Abraham Lincoln (1861-1865), Warren G. Harding (1921-1923)
  • James Buchanan (1857-1861), Woodrow Wilson (1913-1921), Zachary Taylor (1849-1850)
  • Millard Filmore (1850-1853), William Henry Harrison (1841)
  • John Tyler (1841-1845), Harry S. Truman (1945-1953), Martin Van Buren (1837-1841), William Howard Taft (1909-1913)
  • Lyndon B. Johnson (1963-1969), John Quincy Adams (1825-1829), James Monroe (1817-1825), John Adams (1797-1801)
  • George Bush Sr (1989-1993), George Washington (1789-1797), Andrew Johnson (1865-1869)
  • Jimmy Carter (1977-1981), Ronald Reagan (1981-1989), Richard Nixon (1969-1974), Dwight D. Eisenhower (1953-1961)
  • George W. Bush (2001-2009), Grover Cleveland (1885-1889 & 1893-1897)
  • James Garfield (1881), Benjamin Harrison (1889-1893), Rutherford Hayes (1877-1881), Ulysse S. Grant (1869-1877)
  • James Polk (1845-1849),  William Mc Kinley (1897-1901), Franklin D. Roosevelt (1933-1945)
  • Chester Arthur (1881-1885), Herbert Hoover (1929-1933), Calvin Coolidge (1923-1929), Thomas Jefferson (1801-1809)
  • James Madison (1809-1817), Bill Clinton (1993-2001)
  • Gerald Ford (1974-1977), Andrew Jackson (1829-1837)
  • John Fitzgerald Kennedy (1961-1963)

Les dates en rouge soulignent les mandats interrompus pour décès ou démission. Les dates en vert soulignent les accessions au poste de président des vices-présidents.

Pour plus d’info sur chaque président, vous trouverez ici une brève biographie proposée par le site de Rapid City.

Dîner dans l’ancienne caserne de pompiers

Le centre ville de Rapid City s’articule autour de 2 rues parallèles, Main street et Saint-Joseph Street. La plupart des restaurants et boutiques se situent dans ces 2 rues, sur une longueur d’environ 500 mètres. Les 2 restaurants où nous avons dîné ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable. Mais nous avons beaucoup apprécié le cadre et l’amabilité des serveurs au restaurant Firehouse Brewing Co, situé dans l’ancienne caserne de pompiers.

Rapid City, South Dakota

Après une escale d’une heure dans l’aéroport de Chicago qui est l’un des plus grands du Monde, nous avons embarqué dans un petit avion brésilien, un Embraer RJ145, qui peut accueillir au maximum 50 passagers. Ces avions bi-moteurs, sont composés de rangées de 3 passagers ; 2 passagers à gauche du couloir en entrant dans l’avion et un passager à droite.

Nous avons atterri à Rapid City à 14h35, heure locale. L’aéroport de Rapid City est petit. Les revêtements de sol et muraux ont un côté désuet qui m’a donné l’impression que nous avions non seulement changé de pays mais également remonté le temps. La personne d’Alamo qui nous a accueillis et remis les clés de la voiture de location était vraiment charmante. Une dame d’une cinquantaine d’années, le sourire aux lèvres et à la voix claire. Elle était contente de nous annoncer qu’elle nous remettait les clés d’une voiture de catégorie supérieure à notre réservation. De fait, nous avons hérité d’une superbe Volvo V60.

Le soleil brillait mais la température était douce, autour de 25°C avec une légère brise. A l’extérieur de l’aéroport, au volant de la voiture, je découvris pour la première fois des paysages du Dakota du Sud : une belle prairie vallonnée avec très peu d’habitations ou d’espaces cultivés. Rapid City est situé à 976 m. d’altitude, mais rien ne le laisse paraître dans le paysage. Quelques collines un peu plus hautes entourent la ville. Mais rien ne donne à penser que nous sommes aussi hauts au-dessus de la mer. J’ai remarqué que l’on ressent souvent cela aux Etats-Unis : les distances sont si grandes et les plateaux d’altitude si étendus, qu’on a le sentiment d’être dans des plaines.

Après vingt minutes de voiture, nous sommes arrivés à Rapid City. La ville est à l’image de l’aéroport. C’est une petite ville dont on se dit qu’elle devait être quasiment la même il y a 50 ans. Je m’attendais à une ville plus grande. En consultant Internet, je me suis aperçu qu’elle avait moins de 80 000 habitants.

Nous avons plusieurs fois eu le sentiment que les gens étaient surpris de voir des touristes français, un peu perdus dans cette petite ville du Middle West. Dans l’ensemble les personnes que nous avons rencontrées étaient très sympathiques et enclenchaient facilement la discussion. Plusieurs d’entre elles nous ont remercié de venir visiter leur région. J’ai trouvé cet accueil vraiment très agréable et je me suis senti bien dans cette ville.