Temple de Confucius

Le temple de Confucius de Taipei contraste par sa sobriété avec l’exubérance des temples taoïstes. Dans ceux-ci le regard ne sait où se poser tant l’espace est empli de décorations et de statues. Souvent des oeuvres de qualité sont noyées dans un océan d’objets kitsch. Dans le temple de Confucius, priorité est donnée à l’espace et à l’architecture. Les décorations sont sobres. On franchit plusieurs portes, plus ou moins monumentales, avant de parvenir au temple. Je vois dans cette progression vers le centre du sanctuaire une représentation symbolique de l’apprentissage du disciple qui s’approche progressivement de l’idéal confucéen. L’ambiance est également bien différente des temples taoïstes où les fidèles semblent absorbés par un rituel complexe, faits de nombreux gestes, d’allers et venues, de mouvements répétés. Dans le temple de Confucius, les personnes venues prier se recueillent longuement et ont des gestes lents comme si elles cherchaient à prolonger l’instant. L’ambiance y est apaisante et plus propice à la méditation. Nous-mêmes, nous sommes restés longuement sans nous en rendre compte.


 

Temples taoïstes de Taipei

Le taoïsme est avec le bouddhisme et le confucianisme, la principale religion pratiquée à Taïwan. La capitale compte de nombreux temples taoïstes qui se caractérisent par une profusion de décors, figures peintes, statues, figurines, fresques… Le rouge et l’or dominent. Dans tous les temples, on constate chaque fois la même ferveur émanant de personnes de tous âges et de toutes catégories sociales.

A Taïwan, j’ai pu observer un rituel curieux qui met directement en relation le fidèle et la divinité qu’il est venu prier. Il consiste à lancer deux petits objets en bois en forme de quartier d’orange. Selon la position des objets sur le sol, la réponse de la divinité est positive ou négative.


Bangka Qingshan Temple


Lungshan Temple


Bao’an Temple

 

Les pagodes d’Hô Chi Minh Ville

Les pagodes d’Hô Chi Minh Ville sont à l’image de la religion vietnamienne. Elles mélangent des influences des trois religions : bouddhisme, taoïsme, confucianisme.

J’ai visité 8 pagodes. Elise et les filles ne m’ont accompagné que pour la première d’entre elles, qui se situe dans le centre historique de la ville. J’ai exploré seul les 7 autres qui se trouvent dans le quartier chinois d’Hô Chi Minh Ville. Ce tour des pagodes m’a pris environ 2 heures.

 

La pagode de l’Empereur de Jade

Cette pagode taoïste avec de nombreuses références bouddhistes a été construite en 1909. Elle est dédiée à l’Empereur de Jade (Ngoc Hoang), le dieu suprême taoïste, assimilé au seigneur du ciel.

 

La pagode Phuoc An Hoi Quan

Cette pagode construite en 1902 par la congrégation du Fujian (province du Sud est de la Chine dont la capitale est Fuzhou) est dédiée au général chinois Quan Cong (IIIème siècle, dynastie Han).

 

La pagode Ha Chuong Hoi Quan

Cette pagode du Fujian est dédiée à la déesse de la Mer, Thien Hau.

 

La pagode Ong Bon

Comme les deux précédentes, cette pagode a été construite par la congrégation du Fujian. Elle est dédiée à Ong Bon, gardien du bonheur et de la prospérité. Quand j’ai visité cette pagode, plusieurs écoliers de l’école voisine s’étaient installés à l’entrée pour discuter ou réviser des leçons?

 

La pagode Tam Son

Cette pagode a été construite en 1839 par la congrégation du Sanshan (Fujian). Elle est dédiée à Me Sanh, la déesse de la fertilité.

 

La pagode Nghia An

Cette pagode a été construite par la congrégation de Chaozhou (province du Guangdong dont Canton est la capitale). Elle est dédiée à Quan Cong.

 

La pagode Thien Hau

Cette pagode du début du XIXème siècle a été édifiée par la congrégation de Canton. Elle est dédiée à Thien Hau.

 

La pagode Quan Am

Cette pagode fut construite au début du XIXème siècle par la congrégation du Fujian. Elle est dédiée à Quan Thê Âm Bô Tat, déesse de la Miséricorde également vénérée en Chine, en Corée, au Japon et au Tibet où elle a pour incarnation terrestre le Dalaï-Lama.


Les religions au Vietnam

Les vietnamiens ont subi durant des siècles l’influence de la culture chinoise. Cette empreinte se retrouve dans la religion. La plupart des vietnamiens se disent athées ou adhèrent à une forme de religion originale appelée Tam Giao (« triple religion ») mélange de bouddhisme, de taoïsme, de confucianisme et de croyances anciennes propres. Ils vouent un culte particulier aux ancêtres.

Au-delà de ce particularisme vietnamien, le bouddhisme reste la religion la plus influente et la plus présente. Le christianisme est également bien implanté dans le pays depuis sa diffusion au XVIème siècle par des missionnaires. Les catholiques représenteraient aujourd’hui plus de 8% de la population.

 

Rajabhakti Park, Hua Hin

Le Rajabhakti Park accueille un monument historique composé de 7 statues de rois thaïlandais. Dans un prochain article, je parlerai un peu de l’histoire de la Thaïlande jusqu’à sa situation actuelle.

Le monument est un lieu qui a une triple dimension : politique, militaire, religieuse. Il a été inauguré en septembre 2015 par Maha Vajiralongkorn, alors prince royal, devenu roi sous le nom de Rama X en 2016. Le projet fut lancé par les militaires (Royal Thai Army) installé au pouvoir en Thaïlande depuis le coup d’Etat de mai 2014. Il vise à glorifier ces 7 grands rois thaïlandais et à placer l’actuel gouvernement de la junte militaire dans le prolongement de ce passé mythifié. Ce lieu est utilisé pour les parades militaires et les visites de dignitaires étrangers. Ce lieu est considéré comme sacré, le bouddhisme étant religion d’Etat en Thaïlande. Il n’est possible d’y accéder qu’avec les genoux et les épaules couverts.

Les statues, en bronze, mesurent environ 14 m de hauteur en moyenne. Elles sont installées sur un piédestal en arc de cercle, long de 134 m. Les 7 rois représentés sont (entre parenthèses, années de règne) :

  • Ram Khamhaeng, (1279-1298), période Sukhotai
  • Naresuan (1590-1605), période Ayutthaya
  • Narai (1656-1688), période Ayutthaya
  • Taksin (1767-1782), période Thonburi
  • Rama I (1782-1809), période Rattanakosin
  • Mongkut (1851-1868), période Rattanakosin
  • Chulalongkorn (1868-1910), période Rattanakosin

Le lieu est tellement grand qu’il est difficile de prendre conscience de la taille des statues. Ce n’est qu’en s’en approchant que l’on prend la mesure du gigantisme des lieux.

Les attitudes des statues sont remarquables de vie. Pour ceux qui me connaissent, j’ajoute que je prendrais un plaisir certain à peindre des figurines aussi finement sculptées…

Bouddhisme

Je continue mon tour des religions asiatiques que je connaissais mal auparavant. Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler du bouddhisme, car nous avons vu de très nombreux temples bouddhistes en Thaïlande. Il me semblait utile de vous donner quelques repères avant de poster des articles et des photos sur le blog. Wikipédia est resté mon outil de travail principal dont certains passages, figurant entre guillemets, sont repris mot pour mot.

Le bouddhisme est né en Inde au Vème siècle avant Jésus-Christ. A l’origine de cette religion, on trouve un guide spirituel, Siddhārtha Gautama, né au Népal au VIème ou Vème siècle avant JC et qui aurait vécu près de 80 ans dans le nord-est de l’Inde. Fondateur d’une communauté de moines voyageurs, ses enseignements se seraient transmis par la voie orale pendant plusieurs siècles avant d’être consignés dans les textes sacrés du bouddhisme, le Tripitaka (ou trois corbeilles).

Le bouddhisme serait actuellement la quatrième religion par le nombre de pratiquants (entre 250 et 500 millions) derrière le christianisme, l’islam et l’hindouisme. Selon les historiens des religions, elle est la seule des grandes religions a avoir régressé au XXème siècle du fait des persécutions dont elle a été victime en Asie par les régimes communistes.

 

Quatre nobles vérités et chemin octuple

Ce sont les vérités essentielles que tout bouddhiste doit connaître. « Elles énoncent le problème de l’existence, son diagnostic et le traitement jugé adéquat :

  1. La vérité de la souffrance (duhkha) : toute vie implique la souffrance, l’insatisfaction ;
  2. la vérité de l’origine de la souffrance : elle repose dans la soif (tṛṣṇā) : le désir, les attachements ;
  3. la vérité de la cessation de la souffrance : la fin de la souffrance est possible ;
  4. la vérité du chemin : le chemin menant à la fin de la souffrance est la voie médiane, qui suit le Noble Chemin octuple. »

Le chemin octuple est composé des attitudes suivantes :

  1. la compréhension juste (Sammā diṭṭhi),
  2. la pensée juste (Samnā saṅkappa),
  3. la parole juste (Sammā vācā),
  4. l’action juste (Sammā kammanta),
  5. le mode de vie juste (Sammā ājiva),
  6. l’effort juste (Sammā vāyāma),
  7. l’attention juste (Sammā sati),
  8. la concentration juste (Sammā samādhi).

 

Trois caractéristiques de l’existence

« Les trois caractéristiques ou marques de l’existence, trilakshana sont :

  • L’Anātman (absence de soi, impersonnalité) : il n’y a rien dans le monde qui ait une existence indépendante et réelle en soi, donc aucune âme, aucun soi, mais une simple agrégation de phénomènes conditionnés.
  • L’Anitya (impermanence) : tout est constamment changeant dans les phénomènes, on ne peut absolument rien y trouver de permanent.
  • Le Duḥkha (souffrance) : aucun phénomène ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive. »

 

Renaissances

Les 3 poisons de l’esprit selon les bouddhistes (tṛṣṇā : soif ou avidité ; dveṣa : colère ou aversion ; moha : ignorance) emprisonnent les hommes dans le cycle des renaissances (Saṃsāra). Le monde dans lequel ils renaîtront après leur mort dépend de leur karma (la somme de leurs actions). Toutefois, il ne s’agit pas de réincarnation car les bouddhistes ne croient pas en l’existence d’une âme. Celui qui renaît n’est pas le même.

 

Eveil ou bodhi, bouddha

L’objectif du bouddhisme est d’atteindre l’éveil, par une extinction du « désir égotique et de l’illusion, causes de la souffrance de l’homme. » Cet éveil doit conduire à l’altruisme.

Un bouddha est une personne qui a atteint l’éveil. Siddhārtha Gautama est considéré comme le bouddha historique.

Il existe différentes branches dans le bouddhisme.

Pour les adeptes du Theravāda (Thaïlande, Cambodge, Myanmar, Laos), « l’éveil est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre nobles vérités ; il s’agit de se réveiller du cauchemar des renaissances successives. L’homme éveillé atteint le nirvāṇa (l’illumination), et échappe complètement à la souffrance lors de sa mort. Le cycle des renaissances et des morts est donc brisé. »

Pour les adeptes du Mahāyāna (Chine, Vietnam, Corée, Japon), « l’éveil est la sagesse personnelle et est utilisée pour venir en aide à autrui, par le biais du transfert de mérites et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha (la nature essentielle de tout être possédant une conscience, de tout être vivant). » Pour cette branche du bouddhisme, une personne ayant atteint l’éveil ( bodhisattvas) peut continuer de vivre dans le monde en aidant par compassion les autres êtres vivants à s’éveiller à leur tour.

 

Les représentations de Bouddha

Les statues de Bouddha sont représentées avec des gestes symboliques (mudrā en sanskrit). Chaque attitude a une signification particulière. Voici les principales représentations :

  • « La Dhyāni-Mudrā, ou mudrā de la méditation. En position assise, la main droite repose dans la main gauche posée dans le giron, paume en l’air et les deux pouces s’effleurant.
  • La Bhûmisparsha-Mudrā, ou mudrā de la prise de la terre à témoin. Même position que la Dhyâni-Mudrâ, mais la main droite est posée sur le genou, les doigts effleurant la terre. Dans sa dernière méditation avant l’éveil, Bouddha subit les attaques de Māra, personnification du mal, qui tenta divers stratagèmes pour interrompre sa méditation. Finalement, Māra nia la réalité de l’éveil du Bouddha, arguant qu’il n’y avait pas de témoin ; celui-ci toucha alors la terre, qui était son témoin.
  • La Vitarka-Mudrā, ou mudrā de l’enseignement et de l’argumentation. En position debout ou assise, la main droite est relevée au niveau de l’épaule et le pouce forme avec l’index un cercle, les autres doigts étant relevés. Le bras gauche est au niveau de la taille, la main effectuant le même geste ou parfois la paume tournée vers le haut.
  • La Dharmachakra-Mudrā, ou mudrā de la mise en marche de la roue de la loi (dharma). En position assise ou debout, les deux mains sont devant le corps au niveau de la taille, la paume droite tournée vers l’extérieur, la gauche vers l’intérieur, pouce et index joints formant deux cercles tangents, la main droite à la verticale, la gauche à l’horizontale.
  • L’Abhaya-Mudrā, ou mudrā de l’absence de crainte et de la protection. En position assise ou debout, avec une seule main en avant, doigts joints vers le haut, paume vers l’extérieur. En Asie du Sud-est (mais pas en Inde), les deux mains sont parfois utilisées, cette attitude étant alors appelée « calmant l’océan ».
  • La Mettakaruna-Mudrā, ou mudrā de la bienveillance et de la compassion. En position debout, les deux bras le long du corps, les mains dans le prolongement, légèrement détachées du corps, paume vers l’intérieur.
  • L’Añjali-Mudrā, aussi appelée Pūjā-Mudrā, ou mudrā du salut et de la considération. Les deux mains sont paumes jointes, doigts tendus, au niveau de la poitrine, les doigts sous le menton. C’est le geste traditionnel du salut en Asie.
  • Position de la contemplation de l’arbre de la Bodhi : les deux bras descendent le long du corps et les mains sont croisées au niveau du poignet, paumes reposant sur les cuisses. »

 

Les grottes de Batu

Les grottes de Batu se situent dans la banlieue nord de Kuala Lumpur. Elles abritent le plus grand sanctuaire hindou hors d’Inde. Une statue monumentale du dieu Murugan accueille les visiteurs (42,7 m de haut). Murugan, Kârttikeya, Kumara ou Skanda, est le dieu de la guerre (ce qui sonne étrangement pour une religion qui prône la non-violence), fils de Shiva et Pârvatî. Un escalier de 272 marches conduit aux grottes qui accueillent plusieurs temples. Des temples sont également présents au pied des marches et dans deux autres grottes plus petites.

Nous avons visité les grottes un dimanche, jour de repos hebdomadaire en Malaisie. Le site bouillonnait d’activité. Nous avons eu l’impression d’être transportés en Inde, tant il y avait de fidèles venus prier, faire des offrandes, célébrer des événements. Les femmes étaient vêtus de saris multicolores qui faisaient écho aux couleurs éclatantes des statues et des temples.

En gravissant, les escaliers, nous découvrîmes une importante colonie de singes qui se promenaient en liberté et tentaient de chiper des choses à manger aux visiteurs. Certains arrachaient les colliers de fleurs que les fidèles apportaient en offrande. D’autres scrutaient anxieusement les mouvements des personnes qui portaient des sacs, à l’affut de la moindre nourriture. Jamais, je n’avais approché de singes sauvages d’aussi prêt, c’est-à-dire à moins d’un mètre.

La montée des marches fut pénible par la chaleur humide ambiante et ce fut avec bonheur que nous pénétrâmes dans une immense grotte cathédrale. Il y régnait la même activité qu’à l’extérieur…


La statue monumentale de Murudan


Les divinités qui accueillent le visiteur au bas des marches


Les marches colorées qui conduisent à la grotte principale


Une foule colorée


Pénitent


Macaques


La grotte monumentale