Coucher de soleil sur Uluru

Comme les monts Kata Tjuta, situés à une quarantaine de kilomètres à l’ouest, Uluru est un inselberg, c’est-à-dire une formation rocheuse isolée au milieu d’une plaine. Le sommet situé à 863 m surplombe la plaine d’environ 350 m. Uluru est en fait la partie émergée d’une roche en sous-sol dégagée par l’érosion. Il serait possible d’ailleurs qu’Uluru et les monts Kata Tjuta, soient reliés en sous-sol par la même formation rocheuse.

La forme emblématique d’Uluru en on fait la principale attraction touristique de la région. De nombreuses activités de découverte sont proposées autour du lieu. La plus controversée est l’ascension de la montagne. Les exploitants du site adoptent une position ambigüe en affichant des panneaux expliquant que les aborigènes sont opposées à l’ascension mais en ne l’interdisant pas pour autant. Cela m’a attristé de voir des touristes littéralement fouler du pied les croyances du peuple aborigène, d’autant que l’ascension en plein soleil ne doit présenter qu’un intérêt limité.

Le jour même où nous avons assisté au lever de soleil sur les monts Kata Tjuta, nous avons contemplé le coucher de soleil sur Uluru. Nouvelle première : lever et coucher de soleil dans la même journée! Quand on est sur ce lieu, on comprend aisément la fascination que ce site à exercer sur les premiers hommes à l’avoir vu, au point qu’ils en ont fait un lieu sacré. La pierre rouge solitaire émerge, régulière et majestueuse, au-dessus de la plaine.

 

Yulara, Ayers Rock Resort

Comme je l’ai écrit dans le précédent article, Ayers Rock est un complexe hôtelier, baptisé Yulara, dédié au parc national d’Uluru et de Kata Tjuta. Ces deux sites sont des lieux sacrés pour les aborigènes. Après la première guerre mondiale, ces sites étaient d’ailleurs intégrés à une réserve. Mais en 1958, l’Australie crée en ces lieux un parc national, soustrayant, par là même, ces territoires de la réserve aborigène. L’année suivante le premier motel est construit et les travaux de la piste d’atterrissage sont lancés, marquant le début de l’exploitation intensive du site dans un objectif touristique. Depuis 1985, la gestion des sites est censée être faite conjointement avec la communauté aborigène Mutitjulu. Mais, nous avons vraiment eu l’impression que l’exploitation continuait d’être faite par et pour le profit quasi-exclusif de la communauté blanche.

L’aéroport est tout petit et il ne faut que 10 minutes pour rejoindre la ville touristique de Yulara, où se trouvent les hôtels. Le complexe hôtelier est très agréable et bien entretenu. Tout est organisé autour du parc national d’Uluru et de Kata Tjuta. De grands cars viennent et vont en permanence pour amener de nouveaux touristes, les transporter vers le parc national ou les ramener vers l’aéroport. C’est une immense machine très bien huilée. Bien que je n’apprécie guère ces lieux très touristiques, je dois reconnaître que je m’y suis senti à mon aise. Les parties communes sont agréables, les circulations bien conçues ; il est possible de se rendre dans tous les restaurants du complexe quel que soit l’hôtel où on réside ; le personnel est accueillant, souriant et bienveillant. Bien sûr les hôtels tentent de vous vendre de nombreux tours (excursion au lever ou au coucher du soleil, promenade en dromadaire, dîner sous les étoiles, excursion pour découvrir la faune ou la flore ou la culture aborigène, etc.). Tout est très cher. L’avantage, quand on a une voiture, c’est que l’on est autonome et donc il est inutile de passer par une excursion. Le billet d’accès au parc s’achète sur Internet avant d’arriver à Ayers Rock, il est valable pour une durée de 3 jours à compter de la date choisie, et il suffit de le présenter sur son téléphone pour accéder au parc. Les randonnées sont bien balisées et les lieux d’intérêt facilement identifiables. Des plateformes sont même aménagées aux lieux stratégiques pour admirer les sites aux lever et coucher du soleil.

Dans le complexe hôtelier, il existe également un petit supermarché, ce qui nous a permis d’acheter le nécessaire pour déjeuner sur le pouce, dans la chambre.

Comme pour le reste de l’Australie, Ayers Rock m’a laissé un sentiment mêlé d’admiration devant les splendeurs de la nature, et de surprise devant l’absence des aborigènes. Tout juste avons-nous croisé quelques aborigènes employés dans le complexe hôtelier, ultra minoritaires en comparaison des légions asiatiques. Nous en avons vus quelques uns également autour du petit supermarché, semblant désoeuvrés et vivre dans une situation extrêmement précaire, sans que nous comprenions d’ailleurs pour quelle raison ils se trouvaient en ce lieu. Le musée dédié à la culture aborigène, à l’intérieur du parc national, était quant à lui tenu par un ranger blanc!

Beaucoup de discours sont écrits en faveur d’une collaboration entre les communautés, vantant la maîtrise de l’environnement des aborigènes. Ils apparaissent souvent en photo sur les couvertures des plaquettes commerciales. Hommage est rendu à leur tradition, à leur art. Mais, dans la réalité, ils sont absents.

 

8 jours sous une chaleur étouffante dans le « coeur rouge » de l’Australie

La carte ci-dessous permet de visualiser les lieux où nous avons séjourné, ainsi que ceux que nous avons visités entre Ayers Rock et Alice Springs dans la province du Northern Territory.

 

Venant de Sydney, nous avons atterri à l’aéroport d’Ayers Rock où nous avons récupéré un véhicule de location, ce qui est indispensable pour explorer la région. Certaines personnes viennent uniquement à Ayers Rock pour visiter les deux sites d’Uluru et de Kata Tjuta, et repartent aussi vite en avion dans une autre région. Ayers Rock n’est d’ailleurs pas une ville mais uniquement un complexe hôtelier comprenant plusieurs établissements, conçus spécialement pour accéder au parc national d’Uluru et de Kata Tjuta. Des navettes sont disponibles pour se rendre depuis l’aéroport vers les hôtels et depuis les hôtels vers les deux sites du parc national. Mais, je trouve que c’est dommage de se contenter de cette vision très policée du coeur rouge.

Les locations de voiture sont chères dans cette région, contrairement aux villes. Et le prix est accru par le fait que la voiture est prise à Ayers Rock et restituée à Alice Springs. J’ai opté pour un SUV avec un coffre suffisamment grand pour accueillir nos bagages. Ce type de véhicule permet de passer sur des routes de mauvaises qualités ou des pistes caillouteuses. Il est plus robuste qu’une berline. En revanche, contrairement aux 4×4, il ne peut pas circuler sur des pistes sablonneuses. Je déconseille de suivre notre choix bâtard. Il vaut mieux soit prendre une berline, suffisante pour visiter les nombreux sites avec accès goudronnés, soit opter carrément pour un 4×4, nécessaire pour explorer plus avant la région. Un 4×4 est par exemple indispensable pour emprunter la piste qui va de Kings Canyon à Alice Springs en passant par Mereenie. Je ne m’en suis aperçu qu’une fois sur place. Donc, en fin de compte, notre SUV n’a pas vraiment été utile.

Nous avons dormi 3 nuits à Ayers Rock, avant de prendre la route pour Kings Canyon, distant de 300 km. La route de bonne qualité traverse les superbes paysages du bush. Il faut quand même compter 4 heures pour arriver à Kings Canyon car c’est une route à double sens avec de nombreuses limitations de vitesse. Comme Ayers Rock, Kings Canyon n’est pas une ville. Deux, peut-être trois, hôtels ont été bâtis à cet endroit, au coeur du parc national de Watarrka. Nous y avons dormi deux nuits. Ensuite nous avons fait la route, longue d’environ 480 km pour rejoindre Alice Springs, la seule ville de la zone. Elle compte environ 25.000 habitants. Nous sommes restés 3 nuits à Alice Springs avant de quitter le coeur rouge pour Melbourne.

Nous avons passé 8 jours sous une chaleur accablante avec des températures dépassant les 40°C tôt dans la journée. Plusieurs fois nous nous sommes levés à l’aube, voire avant, pour profiter des heures où la température était encore supportable. A Ayers Rock et à Kings Canyon, le thermomètre dépassait les 30°C dès 9h00 et les 35°C dès 10h00. A Alice Springs, nous avons eu des températures un tout petit peu plus clémentes.