Catégorie : Nature

Machu Picchu

Visiter le Machu Picchu n’est pas quelque chose qui s’improvise. Il faut venir à Cuzco, réserver les billets de train, acheter à l’avance les billets d’entrée et enfin, si on veut s’épargner les deux heures d’ascension depuis Aguas Calientes, il faut réserver les billets de bus. Tout est cher. Nous l’avons vu, les billets de train sont chers. Mais les hôtels et les restaurants d’Aguas Calientes le sont également, les billets d’entrée aussi (60 € par personne), ainsi que les billets de bus (35 € par personne). A 4, la visite du Machu Picchu, nous est revenu à plus de 1000 €. 1000 € dépensés en deux jours! Heureusement que le reste de notre voyage nous revient moins cher!

Le Machu Picchu est mythique. Les paysages des Andes sur la route d’Aguas Calientes sont magnifiques. Mais à la veille de visiter ce lieu, je me demandais si tout cela en valait vraiment la peine. Le doute était d’autant plus grand que la météo annonçait de la pluie. Et pas des petites pluies ; des orages!

Nous nous levâmes à 5h30 du matin, pour être au départ du bus à 6h30 et sur le site à 7h00. Nous avions les capes de pluie dans nos sacs. Les nuages enveloppaient les montagnes lorsque nous arrivâmes à l’entrée du site. Il se produisit ensuite quelque chose de magique. Alors que nous faisions l’ascension ultime pour arriver sur le site, les nuages se dissipèrent progressivement, laissant apparaître sous un soleil matinal les ruines et la montagne Huayna Picchu qui les surplombe, au moment même où nous atteignîmes le lieu sublime. Je ne sais dire, si c’est la fatigue, le bonheur de voir que les éléments nous étaient cléments, mais j’avoue avoir ressenti une émotion exceptionnelle. Mes yeux étaient baignés de larmes devant ce spectacle. Une nouvelle fois, je dois dire que jamais aucune photo ne pourra traduire l’émotion que peut susciter un tel lieu.

La ville inca semble avoir été posée au sommet de cette montagne par la main d’un être suprême. Elle est entourée de montagnes plus hautes qui forment comme un écrin. Et la montagne Huayna Picchu qui la surplombe directement fait comme un escalier qui mène au ciel. La lumière est irréelle. Les nuages et les brumes qui flottent adoucissent les sommets des montagnes. Nous passâmes de longues minutes qui parurent des secondes à contempler ce spectacle. J’ai été impressionné par le silence des lieux malgré les dizaines, les centaines de touristes. Les gens semblaient comme en recueillement, comme ébahis devant la magie du lieu.

Le Machu Picchu a lui seul justifie le voyage au Pérou. Mais peut-être n’aurais-je pas dit cela si je l’avais vu sous la pluie.

 

Vallée sacrée des incas, Pérou

La vallée sacrée des incas

La rivière Urubamba prend sa source dans les Andes au sud-est de Cuzco. La vallée qu’elle parcourt entre les villes de Písac et d’Ollantaytambo est la vallée sacrée des incas. L’altitude de la rivière varie entre 3000 m à Písac et 2800 m à Ollantaytambo. Elle se situe sous Cuzco et en amont du Machu Picchu.

Les personnes qui nous ont loué l’appartement à Cuzco nous ont accueillis avec beaucoup de chaleur. Elles ont toujours été extrêmement disponibles. Elles nous ont également donné des conseils avisés pour visiter la ville et ses environs. C’est avec confiance que nous avons accepté l’excursion qu’elles nous ont proposé d’organiser pour visiter la vallée sacrée. Le programme a été fait sur mesure et nous avons bénéficié durant une journée d’un chauffeur-guide extrêmement sympathique. Il nous a conduits successivement sur les sites de Chinchero, Moray, Maras, Salineras de Maras, Ollantaytambo.

Chinchero est un village de la vallée sacrée où nous avons vu, pour la première fois, les vestiges de cultures en terrasses des incas. Dans la région, les deux cultures principales sont la pomme de terre et le maïs. Le Pérou est le pays d’origine de la pomme de terre. Elle y a été domestiquée dès le néolithique. Par la suite, les incas ont perfectionné les techniques de culture. Aujourd’hui, il existerait au Pérou plus de 2000 espèces de pommes de terre différentes. A Chinchero nous avons également assisté au travail de la laine de lama et d’alpaga : nettoyage des fibres, filage, coloration, tissage, le tout avec des produits naturels.

Moray est un vestige inca de cultures en terrasses qui forme des dessins circulaires sur les flancs de la montagne. Il semblerait que ces terrasses resserrées étaient utilisées pour expérimenter différentes espèces de pommes de terre, selon l’exposition du soleil et selon l’altitude.

Maras est un village qui conserve quelques vestiges de l’époque coloniale espagnole, mais dont la principale richesse sont les salines voisines, qui exploitent un petit ruisseau saturé de Chlorure de Sodium. Les salines sont découpées en bassins répartis entre les familles du village. Chaque famille détient deux bassins. Les produits sont répartis au sein de la communauté avec un système de péréquation si la production n’est pas la même pour tous les bassins.

Ollantaytambo est le dernier village de la vallée sacrée. Au-delà d’Ollantaytambo, les montagnes se resserrent autour de la rivière et forment un canyon escarpé qui mène plus en aval à Aguas Calientes et au Machu Picchu. La route s’arrête à Ollantaytambo. Pour aller plus en aval, il n’existe que deux moyens de transport : le train, et le mythique chemin inca qui nécessite 4 jours de marche pour atteindre Aguas Calientes. Ollantaytambo a été le lieu d’une bataille acharnée entre incas et espagnols. Le village possède les vestiges d’un important temple inca bâti sur les pans de la montagne. La plupart des maisons du village ont été construites sur d’anciennes constructions incas. La taille des pierres impressionne mais c’est surtout le caractère grandiose de la nature environnante qui fait la beauté du site.

A Ollantaytambo, nous avons une nouvelle fois eu la chance d’assister à une fête.