Surat Thani

Surat Thani est une ville de 130.000 habitants (2009). Elle présente très peu d’attraits touristiques. J’avais tout de même repéré deux petits temples intéressants en centre ville.

Nous avons dormi 2 nuits à Surat Thani pour disposer d’une journée de repos complète entre le voyage en bus depuis Krabi et le train vers Hua Hin. Nous avions trouvé un hôtel en centre ville, que l’on pourrait qualifier de luxueux, à un prix très intéressant : 17,5€ la nuit pour une chambre double avec lit « queen size« . En arrivant à l’hôtel, nous avons eu le plaisir de constater que les deux chambres que nous avions réservées étaient accolées avec portes communicantes, ce qui faisaient comme une suite.

Hormis dans l’hôtel, nous avons croisé très peu de touristes et encore moins de touristes occidentaux. J’ai apprécié de me retrouver dans une ambiance moins artificielle qu’à Ao Nang et d’avoir le sentiment d’être dans une ville pas faite uniquement pour les touristes. Question alimentation, c’était en revanche un peu plus compliqué de trouver notre bonheur. Du coup, le midi nous mangions une bricole à la chambre et le soir nous allions au restaurant.

A Surat Thani, nous avons expérimenté l’application Grab, équivalente d’Uber. Elle fonctionnait remarquablement bien. Du coup, nous l’avons utilisée ensuite à Hua Hin, Bangkok et Chiang Mai. Il se passait très peu de temps entre le moment où nous commandions la course et le moment où le véhicule arrivait. Il est aisé de communiquer via l’application avec le chauffeur ayant accepté la course, car Grab fait une traduction en anglais depuis et vers la langue locale. Aller au restaurant nous coûtait moins de 5 euros pour 30 minutes de voiture. A Hua Hin, deux jours plus tard, nous avons constaté que même les tuk-tuk étaient plus chers que Grab.

 

Alice Springs

Alice Springs est une ville d’environ 24.000 habitants selon le recensement de 2016. C’est la troisième ville en taille du Northern Territory après Darwin (140.000 hab.) et Palmerston (33.000 hab.), ce qui donne une idée de la faible densité sur ce Territoire grand comme 2,5 fois la France métropolitaine. Quand on regarde une carte, on s’aperçoit qu’Alice Springs se situe vraiment au centre du pays, à mi-chemin entre la côte ouest et la côte est, et à mi-chemin entre la côte nord et la côte sud sur la route qui traverse le pays et relie Darwin (nord) et Adélaïde (sud).

 

La ville a été fondée en 1862, par le colon John McDouall Stuart, qui donna son nom à la route qui relie Darwin et Adélaïde (Stuart Highway). Alice Springs s’appelait d’ailleurs Stuart jusqu’en 1933 quand elle fut rebaptisée Alice Springs.

Une voie de chemin de fer circule également entre Darwin et Adélaïde, en passant par Alice Springs. Mais il n’y a que deux trains par semaine dans chaque sens.

Nous avons dormi trois nuits dans un très bel hôtel près du casino, le Crowne Plaza, pour un tarif de moins de 80 € par nuit, c’est-à-dire nettement moins cher que dans le taudis de Kings Canyon!

Pour la première fois depuis notre arrivée en Australie, nous avons croisé régulièrement des aborigènes dans les rues et les commerces. Ils représentent près de 20% de la population de la ville.

 

Kings Canyon Resort

Initialement, j’avais conçu Kings Canyon comme une étape dans notre route entre Ayers Rock et Alice Springs. En fait, la route passant par Mereenie n’étant pas praticable sans 4×4, cette étape s’est avérée être un vrai détour. En effet, par la route, la distance entre Yulara (Ayers Rock) et le Crowne Plaza (notre point de chute à Alice Springs) est de 445 km, tandis que la distance entre Kings Canyon Resort et le Crowne Plaza est de 473 km!

Ce détour a, qui plus est, été décevant. Le site de Kings Canyon en lui-même est intéressant mais pas exceptionnel et la chaleur nous a empêchés de faire le tour complet du canyon qui est la randonnée phare des lieux. Mais ce qui a été le plus décevant, c’est l’hôtel. Les prix étaient très élevés, aussi avons-nous choisi une chambre sans douche privative. Même cette chambre nous a coûté plus de 90 € la nuit (la chambre supérieure était dans les 200 €!). Sur booking.com, les photos donnaient le sentiment de chambres simples mais propres et joliment décorées. En arrivant sur le site, nous avons découvert un complexe hôtelier laissé plus ou moins à l’abandon, constitué de préfabriqués et de bâtiments vétustes. Notre chambre avait l’air d’une cellule de prison ou d’asile psychiatrique avec ces gros carreaux de faïence blancs et ses grillages aux fenêtres. Les douches collectives juste en face étaient envahies par les insectes et mal entretenues. Heureusement, la climatisation fonctionnait plutôt bien. Malgré tout, nous avons passé un bon moment dans ce lieu et nous avons beaucoup ri de l’austérité toute carcérale de notre cambuse.

 

Yulara, Ayers Rock Resort

Comme je l’ai écrit dans le précédent article, Ayers Rock est un complexe hôtelier, baptisé Yulara, dédié au parc national d’Uluru et de Kata Tjuta. Ces deux sites sont des lieux sacrés pour les aborigènes. Après la première guerre mondiale, ces sites étaient d’ailleurs intégrés à une réserve. Mais en 1958, l’Australie crée en ces lieux un parc national, soustrayant, par là même, ces territoires de la réserve aborigène. L’année suivante le premier motel est construit et les travaux de la piste d’atterrissage sont lancés, marquant le début de l’exploitation intensive du site dans un objectif touristique. Depuis 1985, la gestion des sites est censée être faite conjointement avec la communauté aborigène Mutitjulu. Mais, nous avons vraiment eu l’impression que l’exploitation continuait d’être faite par et pour le profit quasi-exclusif de la communauté blanche.

L’aéroport est tout petit et il ne faut que 10 minutes pour rejoindre la ville touristique de Yulara, où se trouvent les hôtels. Le complexe hôtelier est très agréable et bien entretenu. Tout est organisé autour du parc national d’Uluru et de Kata Tjuta. De grands cars viennent et vont en permanence pour amener de nouveaux touristes, les transporter vers le parc national ou les ramener vers l’aéroport. C’est une immense machine très bien huilée. Bien que je n’apprécie guère ces lieux très touristiques, je dois reconnaître que je m’y suis senti à mon aise. Les parties communes sont agréables, les circulations bien conçues ; il est possible de se rendre dans tous les restaurants du complexe quel que soit l’hôtel où on réside ; le personnel est accueillant, souriant et bienveillant. Bien sûr les hôtels tentent de vous vendre de nombreux tours (excursion au lever ou au coucher du soleil, promenade en dromadaire, dîner sous les étoiles, excursion pour découvrir la faune ou la flore ou la culture aborigène, etc.). Tout est très cher. L’avantage, quand on a une voiture, c’est que l’on est autonome et donc il est inutile de passer par une excursion. Le billet d’accès au parc s’achète sur Internet avant d’arriver à Ayers Rock, il est valable pour une durée de 3 jours à compter de la date choisie, et il suffit de le présenter sur son téléphone pour accéder au parc. Les randonnées sont bien balisées et les lieux d’intérêt facilement identifiables. Des plateformes sont même aménagées aux lieux stratégiques pour admirer les sites aux lever et coucher du soleil.

Dans le complexe hôtelier, il existe également un petit supermarché, ce qui nous a permis d’acheter le nécessaire pour déjeuner sur le pouce, dans la chambre.

Comme pour le reste de l’Australie, Ayers Rock m’a laissé un sentiment mêlé d’admiration devant les splendeurs de la nature, et de surprise devant l’absence des aborigènes. Tout juste avons-nous croisé quelques aborigènes employés dans le complexe hôtelier, ultra minoritaires en comparaison des légions asiatiques. Nous en avons vus quelques uns également autour du petit supermarché, semblant désoeuvrés et vivre dans une situation extrêmement précaire, sans que nous comprenions d’ailleurs pour quelle raison ils se trouvaient en ce lieu. Le musée dédié à la culture aborigène, à l’intérieur du parc national, était quant à lui tenu par un ranger blanc!

Beaucoup de discours sont écrits en faveur d’une collaboration entre les communautés, vantant la maîtrise de l’environnement des aborigènes. Ils apparaissent souvent en photo sur les couvertures des plaquettes commerciales. Hommage est rendu à leur tradition, à leur art. Mais, dans la réalité, ils sont absents.

 

Bora-Bora, photos

La résidence où nous avons séjourné

En haut, la maison, en bas, deux autres logements voisins appartenant au même propriétaire.


Le lagon avec les maisons sur pilotis des grands hôtels

Compter plus de 6000 € la nuit pour les chambres les plus luxueuses!


Au loin, la barrière de Corail qui donne l’illusion que la surface du lagon est sous le niveau de la mer


Le Mont Otemanu


Une végétation luxuriante


Temple protestant

Le protestantisme s’est fortement implanté au XIXème siècle, sous l’impulsion de missionnaires britanniques. Elle est aujourd’hui la religion dominante en Polynésie Française, devant le catholicisme.


Promenade


Quand la tempête souffle


Bateaux

Pirogue polynésienne à balancier dans sa version sportive et bateau suspendu. La plupart des bateaux dans le lagon sont ainsi suspendus au-dessus de l’eau.


Vestiges de la seconde guerre mondiale


Alice à la mode polynésienne

Portée à l’oreille gauche, la fleur indique que la personne est prise, portée à droite, elle indique qu’elle est disponible.


Coucher de soleil sur le lagon

 

Foz do Iguaçu vs Puerto Iguazu

Foz do Iguaçu, la ville brésilienne voisine des chutes d’Iguazu et de la triple frontière avec le Paraguay et l’Argentine, compte plus de 200.000 habitants. En quittant l’aéroport, j’ai remarqué la qualité des infrastructures et le soin apporté à l’environnement. La ville a confirmé ma première impression. Tout est parfaitement entretenu : les routes sont impeccables, les pelouses vertes soigneusement tondues. La ville dégage une impression de prospérité et de tranquillité. L’hôtel où nous avons dormi n’était pas cher mais très luxueux. En regardant les tarifs affichés, je me suis aperçu que nous avions à peine payé le tiers du prix normal. Booking.com a parfois du bon.

Après un bon dîner au restaurant de l’hôtel et une belle nuit de sommeil, nous visitâmes le parc naturel et observâmes les chutes depuis la rive brésilienne. En fin d’après-midi, un taxi nous fit franchir la frontière avec l’Argentine en empruntant le pont sur la rivière Iguazu. Les formalités de douane furent menées rapidement et nous arrivâmes à l’hôtel de Puerto Iguazu où nous avions réservé. Nous avions décidé de nous faire plaisir pour une fois en réservant un hôtel haut de gamme, un 5 étoiles. A 140 € la nuit, le tarif dépassait assez largement le budget de 90 € que j’avais envisagé initialement, mais restait correct pour un 5 étoiles et constituait un écart, somme toute, acceptable. Le hall de l’hôtel était à la hauteur de sa cotation. Hélas, rien d’autre ne l’était. Une fois sortis du hall, nous découvrîmes des couloirs aux moquettes râpées et décolorées, des tapisseries jaunies, déchirées, des traces d’humidité sur les plafonds… La porte de notre chambre ne fermait pas si on ne verrouillait avec la clé. La chambre était grande mais donnait l’impression de ne pas voir été rénovée depuis plusieurs dizaines d’années. Les dessus de lits étaient troués, les draps jaunis, les papiers peints fanés, les meubles en bois rayés et écaillés, les serviettes de bain effilochées et déchirées… Elise était très en colère. J’étais fatigué et déçu. Malgré tout, nous décidâmes d’aller avec les filles prendre un bain dans la piscine. Malheureusement, la piscine était tout aussi délabrée que le reste de l’hôtel : les draps de bains étaient en lambeaux, le fond de la piscine était noire, le carrelage soulevé par endroit, le toboggan était cassé… En remontant à la chambre, Elise me convainquit que nous devions essayer de quitter l’hôtel. En revoyant les photos sur booking.com, nous nous dîmes que cela relevait purement et simplement de la publicité mensongère. Nous descendîmes à l’accueil pour expliquer notre mécontentement et demander à l’hôtel de trouver une solution. Nous n’avions pas encore payé. Le responsable était gêné quand nous lui fîmes part de nos griefs. Il regarda son ordinateur et nous proposa de chercher une chambre dans un autre hôtel en annulant simplement la réservation. Normalement, il n’était pas possible d’annuler moins de 48 heures avant le début de la réservation. Mais le responsable leva la contrainte. Il nous indiqua que nous  n’aurions aucune difficulté pour réserver car il y avait beaucoup de places dans les hôtels alentours. Il nous dit de prendre notre temps, d’utiliser le wi-fi pour rechercher une alternative. Il nous proposa même de prendre une douche avant de quitter l’hôtel! Jamais, je n’avais vu un tel écart entre ce que décrivait booking.com et la réalité. Booking.com n’est pas toujours fiable!

Une demi-heure plus tard, nous avions trouvé une très belle chambre dans une « posada » à deux rues de notre hôtel, pour un prix bien inférieur!

En allant à ce nouvel hôtel avec le taxi, nous découvrîmes que les rues derrière la route principale n’étaient pas goudronnées. La misère environnante contrastait singulièrement avec ce que nous avions vu du côté brésilien. Nous n’étions pas au bout de nos surprises…

Après une demi-heure passée dans notre nouvel hôtel, très confortable, la lumière s’éteignit. Nous avions été prévenus qu’il y avait de nombreuses coupures de courant dans la ville de Puerto Iguazu. Nous expérimentâmes nos premiers instants sans électricité. Il faisait déjà nuit noire. Impossible de voir quoi que ce soit dans la chambre. Heureusement, c’était l’heure où le taxi devait venir nous chercher pour aller dîner en ville, notre hôtel étant légèrement excentré, à une quinzaine de minutes du centre. Nous n’avions quasiment pas de pesos argentins sur nous. A peine de quoi payer le taxi pour aller en ville, mais pas suffisamment pour revenir. Durant notre trajet pour aller en centre ville, l’électricité était revenue. Nous avions prévu de tirer de l’argent au distributeur automatique. Mais du fait de la panne d’électricité, tous les distributeurs étaient en cours de réinitialisation. En marchant pour trouver un restaurant qui prenait la carte de crédit, une nouvelle coupure de courant survînt. Les rues étaient noires, les feux rouges ne fonctionnaient pas, les voitures passaient devant nous sans nous voir. Les chiens errants aboyaient dans les rues. La ville de Puerto Iguazu qui nous avait déjà donné un sentiment de délabrement, devenait carrément lugubre et inquiétante. On ne mesure pas à quel point, une coupure d’électricité peut changer la physionomie d’une ville et la rendre dangereuse. J’en profite pour dire que tous ceux qui ont envie de jouer aux apprentis sorciers en France avec l’électricité, devraient réfléchir un moment à ce que signifie le risque de black-out.

Seuls les restaurants qui avaient des diesels pouvaient continuer de fonctionner normalement dans cette ville peuplée d’ombres. Nous entrâmes dans l’un d’entre eux, que nous avait recommandé le taxi. A la fin du dîner, le courant était revenu dans la rue et les distributeurs automatiques avaient eu le temps de se remettre en état de fonctionnement. Nous en profitâmes pour tirer de l’argent. J’eus une légère appréhension quand Elise mit la carte de crédit dans le distributeur. Et si une nouvelle panne survenait, juste à ce moment-là! Heureusement, il n’en fut rien. Nous pûmes tirer les pesos argentins et rentrer en taxi à l’hôtel. Nous fûmes soulagés, car l’hôtel nous avait formellement déconseillés de rentrer à pied la nuit, pour des raisons de sécurité.