De Lakewood (Colorado) à Green River (Utah)

Le 1er septembre au matin, nous avons quitté Lakewood pour rejoindre Green River. Depuis le début du voyage, j’utilise l’application Google Maps, qui fait fonction de GPS, avec des cartes routières téléchargées à chaque étape. Entre parenthèses, c’est l’une des applications les plus utiles du téléphone lorsqu’on n’a pas d’abonnement « data ». Mais, ce 1er septembre, j’aurais pu me passer de Google Maps : pour aller de Lakewood à Green River il suffit d’emprunter la route 70 sur environ 540 km!

La route longe Eagle River puis Colorado River jusqu’à la frontière de l’Etat. Au début, la route est entourée de hautes montagnes et est jalonnée de stations de ski. Après 200 km, elle passe entre les falaises rouges, hautes de 400 m, de Glenwood Canyon, au-delà duquel les montagnes se font progressivement moins hautes et la végétation plus clairsemée. Puis elle longe les étranges formations géologiques de Grand Mesa qui donnent l’impression d’être sur une autre planète, avant d’arriver à Grand Junction, ultime ville à l’ouest de l’Etat du Colorado. Grand Junction construite le long de Colorado River offre un paysage relativement verdoyant avec même quelques vignobles. En quittant l’Etat du Colorado, la route monte légèrement, fait quelques lacets et bascule en Utah.

En l’espace de quelques heures de route, nous sommes passés des paysages alpins du Colorado au désert pierreux, peuplé de dunes pétrifiées, de l’Utah. Le ciel du désert est un patchwork de bleu, de nuages noirs, de nuages blancs, jaunes, oranges, colorés par la lumière du soleil qui décline.

Arrivée à Green River

 

La route entre Rapid City (Dakota du Sud) et Denver (Colorado)

Le jour où nous avons vu le Mont Rushmore puis Crazy Horse Memorial, nous avons pris la route pour Denver. Nous avons continué de serpenter une centaine de kilomètres entre les montagnes verdoyantes des Black Hills. Le paysage évoque par moment certaines régions vallonnées des Alpes suisses, tant la montagne est tapissée de pâturages. Quelques enclos avec le mot ranch nous rappellent que nous sommes aux Etats-Unis. Les quelques villes que nous traversons, notamment Custer, ont gardé un côté Western avec des maisons à la façade en forme de saloon.

En passant dans l’Etat du Wyoming, le paysage change radicalement. Durant environ 250 kilomètres, la route traverse d’immenses prairies desséchées, presque désertiques. Nous sommes au-dessus de 1000 m d’altitude, mais le paysage est plat ou à peine vallonné jusqu’à l’horizon où seules quelques montagnes cassent la monotonie. Très peu de traces humaines : pas de cultures, juste quelques élevages de vaches noires, des habitations isolées, quelques camions UPS ou Fedex… La route est longue sous un soleil de plomb. Nous croisons une voiture de temps en temps. Ce qui domine, c’est un sentiment d’immensité dépeuplée.

Au bout de cette route, nous arrivons dans le Colorado. Et les paysages changent de nouveau ; toujours aussi plats devant nous et sur la gauche de la route tandis qu’à droite, les montagnes se font plus hautes : ce sont les Rocheuses qui se dessinent nettement sur un ciel bleu azur. Nous retrouvons une végétation plus abondante, des cultures humaines. La route se fait plus large et le trafic plus dense. Enfin, nous voyons se dessiner au bout de notre route les tours du centre ville de Denver. Nous laissons de côté la grande ville, que nous n’aurons pas le temps de visiter, pour nous installer quelques jours dans un motel de Lakewood, dans la proche banlieue de la capitale du Colorado.