Excursion aux îles Phi Phi

Ah oui j’ai oublié de préciser de que le « Ph » se prononce « P »! Ceci étant corrigé, je peux vous parler de l’excursion que nous avons faîte en mer d’Andaman autour de cet archipel d’îles paradisiaques. Nous avons choisi une excursion proposée par la compagnie Sea Eagle Tour company. Ce ne fut pas facile de choisir tant il y avait d’agences de voyages et de combinaisons possibles d’excursion. Nous avons donc décidé de faire confiance au personnel de l’hôtel, que l’on trouvait sympathique, pour nous conseiller. Ils nous ont proposé plusieurs options. Nous avons opté pour une excursion en speedboat. Ce sont des bateaux rapides équipés de deux ou trois moteurs. L’hôtel s’est chargé de faire la réservation.

Une navette vint nous chercher à la résidence à 8h30. Elle s’arrêta à trois reprises pour prendre d’autres voyageurs et nous arrivâmes sur la plage de Noppharat Thara, au nord d’Ao Nang, vers 9h00. Là, nous découvrîmes plusieurs vans similaires à celui qui nous avait accompagnés et des dizaines de tuk-tuk et véhicules en tout genre qui déversaient des touristes sur la plage. Il y a avait à mon avis plus d’une centaine de personnes. Le personnel accueillait les touristes avec un sourire et des mots aimables. Chacun recevait un bracelet de couleur qui correspondait à l’excursion choisie et au bateau associé. Nous restâmes presqu’une heure à attendre sur la plage. Mais à cette heure-ci, il ne faisait pas chaud et nous étions à l’ombre. L’attente fut donc supportable. Ensuite, nous fîmes une petite marche sur la plage afin de rejoindre le bateau. Nous nous déchaussâmes avant d’embarquer. Nous étions une bonne trentaine dans le bateau. Le contraste entre les voyageurs étaient saisissants. Les russes et les occidentaux, notamment d’autres français, étaient en tenue légère. Mais il y avait aussi un groupe de musulmans, des malais peut-être ou des thaïlandais, qui eux étaient vêtus de long vêtements noirs qui leur recouvraient tout le corps, et même la tête pour les femmes. Plus tard, ils se sont baignés sans changer de vêtements et sont remontés à bord, mouillant abondamment l’intérieur du bateau. Ces voyageurs souriaient beaucoup et étaient sympathiques, en dépit de leurs moeurs que je trouvai étranges. Ils n’avaient pas l’air gênés de voir défiler devant eux tant de corps dévêtus. Je me demande quand même ce qu’ils en pensaient.

Après une demi-heure de bateau, à plein moteur, nous arrivâmes sur la première île, Ko Phi Phi Ley. Le bateau fit une halte dans la magnifique crique nommée Pileh. Plusieurs bateaux mouillaient déjà à cet endroit. L’eau était cristalline. L’heure était matinale et aussi ai-je été le seul de nous quatre à plonger. Nous repartîmes et fîmes une nouvelle halte devant la grotte marine Viking, seulement visible depuis la mer. Ensuite, nous fîmes le tour de l’île pour pénétrer dans la baie de Maya, célèbre pour avoir accueilli le tournage du film « La Plage » (avec Leonardo Di Caprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen). Les gens avaient l’air émoustillés de voir ce lieu mythique. Pour ma part, je restai froid, sans doute parce que je trouve que le film est raté! L’accès à la plage est désormais interdit pour laisser la flore marine se reconstituer. Le lieu est splendide mais le paysage est gâché par les dizaines de bateaux de touristes – dont nous faisions partie.  Notre matinée se termina sur la plage aux singes (Monkey Beach) de Ko Phi Phi Don, l’île principale de l’archipel. Nous pûmes de nouveau approcher des macaques. Mais cette fois-ci je me sentis un peu mal à l’aise en voyant ces dizaines de touristes agglutinés pour observer cette petite colonie de macaques. Leur attitude n’était pas correct. Ils s’approchaient trop des singes, les excitaient. Certains essayaient de les nourrir alors que c’était évidemment formellement interdit. Aux grottes de Batu, les choses étaient complètement différentes et l’interaction entre les singes et les hommes me semblait plus naturelle.

La matinée m’a déçu. Certes les paysages sont magnifiques. Mais les dizaines de bateaux bruyants, emplis de touristes, qui sillonnent la mer d’Andaman dans tous les sens me consternent. D’une certaine manière, je me suis senti coupable de participer à cette forme de saccage de cette merveille de la nature.

A 12h00 pétantes, nous débarquâmes sur la plage principale de Ko Phi Phi Don. Nous déjeunâmes dans un restaurant proposant un buffet. La salle principale pouvait accueillir plus de cent personnes à vue d’oeil. La nourriture était très correcte pour ce type de restauration collective. Mais ce déjeuner ne fit que renforcer mon sentiment de n’être qu’un numéro dans cette usine à touristes.

Nous faillîmes raté le départ du bateau car nous avions compris que nous repartions 120 minutes après notre arrivée, c’est-à-dire à 14h00, alors que nous devions comprendre « 1:20 » (13h20). Je me promenais tranquillement avec Alice aux alentours de 13h30, ayant laissé Emma et Elise sur la plage à quelques centaines de mètres de là, quand j’entendis quelqu’un nous héler, l’air excédé. Ce fut à ce moment que je compris notre erreur d’interprétation. Me voilà reparti en courant avec Alice pour prévenir Elise et Emma de notre méprise. Nous fîmes tous les 4 les quelques centaines de mètres qui nous séparaient du bateau en courant sur le sable!

L’après-midi, nous fîmes une séance de snorkeling de 3/4 d’heure. La compagnie fournissait masques et tubas pour chaque passager. Les filles qui attendaient ce moment furent contentes. Nous vîmes quelques poissons mais pas autant qu’en Polynésie. Les fonds marins sont assez abîmés. Sur le petit film que j’ai fait, on a l’impression que l’on nage aux milieux d’un aquarium. Mais cela est de la « publicité mensongère » car les bateaux balancent des appâts pour attirer les poissons. Nous avons tout de même passé un bon moment. Notre après-midi s’acheva sur la très belle plage de Bamboo Island. Malheureusement, elle était aussi encombrée de bateaux que les autres sites vus dans la journée.

Nous revînmes à Ao Nang vers 17h00 après une journée bien remplie, des images plein la tête, mais aussi le sentiment que ce pays est abîmé par cet excès de tourisme.

 

Ahu Vinapu

Ahu Vinapu est un site qui n’a pas été restauré. Deux ahus sont présents sur le site. Sur l’un d’entre eux, les pierres monumentales imbriquées les unes dans les autres rappellent fortement les constructions incas vues dans les Andes, notamment à Ollantaytambo. Ce site étaye la thèse d’un contact entre les habitants de l’Ile de Pâques et les Mayas.

Dans un premier temps, nous sommes passés à l’arrière des ahus et nous avons vu des amas de pierres qui ne nous évoquaient rien de particulier. En poursuivant, sur le site, nous avons découvert des têtes enterrées dans le sol, et puis des chapeaux, les pukao. Finalement, en revenant sur nos pas, nous avons compris que les amas de pierres étaient des moais brisés, allongés face contre terre. Ce site qui me paraissait peu intéressant de prime abord, révéla soudainement toute sa triste beauté.

Les pierres imbriquées de l’Ahu Vinapu, avec un moai presque enterré devant l’autel


Des amas de pierres insignifiants de prime abord


Des têtes de moais et un pukao


Les moais face contre terre

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Cité maya de Palenque

La cité maya de Palenque est le 6ème et dernier site archéologique que nous ayons visité au Mexique. Il se situe à la limite de la péninsule du Yucatán, entouré de la forêt tropicale du Chiapas. L’exploration du site est loin d’être achevée. Il resterait plusieurs centaines, peut-être plus de mille, structures encore enfouies dans la forêt. Celles qui sont accessibles sont aussi impressionnantes qu’à Chichén Itzá, Uxmal ou Edzná. Mais l’environnement du site est plus sauvage, ce qui lui donne encore plus de force. En nous promenant dans la forêt, nous avons eu la chance d’apercevoir des singes hurleurs évoluant dans leur environnement naturel. Quelle émotion et quel bonheur d’approcher ainsi la vie sauvage!

 

Singes hurleurs aperçus dans les arbres

Cité maya d’Edzná

Le site archéologique d’Edzná se trouve dans l’Etat du Campeche, à 50 km au sud-est de la ville de Campeche. Nous avons eu 2 heures de route, depuis Santa Elena, pour y arriver. A Uxmal, le nombre de touristes était faible par rapport Chichén Itzá. A Edzná, nous étions quasiment seuls. Nous sommes arrivés en fin de matinée. Seules 3 ou 4 voitures étaient garées dans le parking. Pas de boutique de souvenir, pas un seul guide, un prix d’entrée très faible en comparaison des autres sites… Nous ne nous attendions pas à découvrir un site aussi spectaculaire en entrant.

Le site est certes un peu plus petit qu’Uxmal ou Chichén Itzá, mais il abrite un ensemble de structures tout aussi impressionnantes et aussi bien restaurées. Encore plus qu’à Uxmal, nous avons été éblouis par la splendeur du site, et, étonnés d’être aussi seuls.

Cité maya d’Uxmal

Après le sentiment d’oppression ressenti à Chichén Itzá, la cité maya d’Uxmal nous a paru un havre de paix. Aucun vendeur à l’intérieur du site ; seuls quelques guides nous ont proposé leurs services que nous avons préféré décliner derechef ; et puis, il y avait très peu de touristes sur le site. Les structures sont en excellent état car elles ont fait l’objet d’une restauration importante, comme à Chichén Itzá. Mais l’éloignement du site par rapport à la Riviera maya lui donne une toute autre allure. Tout est calme, silence, sérénité, majesté. Un lieu extraordinaire, propice à la contemplation et à la méditation.

Etant donné que nous avons dormi à proximité du site, nous l’avons visité tôt le matin, et ainsi évité les trop fortes chaleurs du début d’après-midi.

 

Mérida

La ville de Mérida fut fondée en 1542 par le conquistador Francisco de Montejo « el Mozo », à l’emplacement de l’ancienne cité maya T’ho. Je vous renvoie à l’article écrit sur la Guerre des Castes pour revoir le rôle important qu’elle a joué dans l’histoire du Yucatán. Elle compte aujourd’hui près de 800.000 habitants. C’est la ville la plus importante de la péninsule, devant Cancún, qui compte un peu plus de 600.000 habitants.

La ville est très étendue et comporte peu d’immeubles. Le Paseo de Montejo, baptisé en souvenir du conquistador, est l’avenue principale du centre ville. Bordé de nombreux bâtiments élégants, classiques et plus modernes, il est un témoignage de l’influence espagnole. Le « Monumento a la Patria » qui se trouve au nord du paseo évoque pour sa part, les racines mayas du peuple yucatèque. Plus au sud, se trouve la Plaza Grande, le coeur de la ville. De forme carrée, la place est bordée à la fois par le palais gouvernemental de la province (« Palacio del Gobierno »), le palais municipal, la cathédrale San Ildefonso, la Casa Montejo (ancien hôtel particulier de la famille Montejo, aujourd’hui transformé en musée libre d’accès). Autour de l’axe principal que constitue le Paseo de Montejo et la Plaza Grande, la ville est composée de maisons individuelles colorées, plus ou moins luxueuses. Certaines ont été rénovées et sont de véritables maisons bourgeoises. D’autres, à la peinture décrépie, semblent être abandonnées.

Nous avons eu la chance de trouver une maison en Airbnb dans ce quartier à deux rues du Paseo de Montejo. Derrière la façade verte, repeinte récemment, d’apparence modeste, se cachait une maison très bourgeoise. C’est le plus beau logement que nous ayons eu au Mexique et c’était le moins cher. Nous avons profité de 4 jours de repos dans cette magnifique demeure.

Le dimanche matin, nous sommes allés nous promener vers la Plaza Grande. Tout un quartier est fermé à la circulation et ainsi réservé aux cycles de tous genres et aux rollers. L’ambiance est joyeuse et chaleureuse avec beaucoup de musique.

Mérida est une ville très agréable.

Cité maya de Chichén Itzá

Chichén Itzá se trouve à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Valladolid, sur la route de Mérida. La cité aurait été le centre religieux le plus important de la péninsule à l’époque classique. Certains éléments architecturaux montrent des similitudes fortes avec des bâtiments des cités Toltèques du centre du Mexique, ce qui atteste d’échanges importants entre les 2 communautés.

Chichén Itzá jouit d’une réputation mondiale. Il a notamment été désigné en 2007 comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde. Situé à 2h de route de Cancún et de Tulum, il peut faire l’objet d’une excursion d’une journée depuis ces deux villes de la Riviera maya. Ce serait le deuxième site le plus visité du Mexique après Teotihuacán. Il est donc conseillé de le visiter le plus tôt possible. Même si nous sommes arrivés un peu tard sur le site, l’affluence n’était pas excessive. Nous avons pu circuler facilement.

En revanche, nous avons rencontré sur place un autre désagrément bien plus gênant : l’enceinte du site regroupe des dizaines de vendeurs de souvenirs, peut-être plus! Des lignes continues d’étales font comme des haies d’honneur qui accompagnent les touristes le long des chemins ombragés du site. Les vendeurs haranguent les touristes en permanence, circulent avec les statuettes, les colliers, imitent le bruit du jaguar avec un petit objet en terre cuite. Les statues et babioles se vendent à 20 pesos ou 1 $. C’est à se demander comment ces vendeurs peuvent gagner leur vie avec une telle concurrence et des prix aussi bas. Malheureusement, ces sollicitations incessantes gâchent vraiment le plaisir de la visite. Difficile de se projeter mentalement dans le passé dans ces conditions. Je dois ajouter, pour finir sur ce sujet, que tous ces vendeurs m’ont fait de la peine. Dans l’ensemble, ils sont sympathiques. J’aurais aimé leur faire plaisir en achetant une ou deux bricoles. Mais la place dans nos bagages est vraiment trop comptée.

Il reste que le site est magnifique. Je pense qu’il faut vraiment faire la visite très tôt le matin pour pouvoir l’apprécier au mieux.

 

La Guerre des Castes

Dans l’histoire du Yucatán, il est un événement majeur qui survient dans le milieu du XIXème siècle qui permet de mieux comprendre le pays.

En 1821, le Mexique et le Yucatán déclarent conjointement leur indépendance vis-à-vis de l’Espagne. Le Yucatán intègre le Mexique en 1823. Le Mexique se dote d’une constitution en 1824, proclamant l’égalité entre tous les individus, et abolit les distinctions de race. En 1829, le Mexique abolit l’esclavage (pour rappel, l’esclavage est définitivement aboli en France par la loi du 27 avril 1848 ; il est aboli aux Etats-Unis par la loi du 18 décembre 1865, à l’issue de la guerre de sécession).

Si le Yucatán a intégré le Mexique en 1823, il subsiste un fort sentiment régional qui résiste à la tendance centralisatrice de Mexico. Des velléités indépendantistes voient le jour. Le Yucatán est déchiré entre Mérida, l’indépendantiste, et Campeche, la légitimiste. Mérida est la ville où vit la plus forte communauté blanche. Y vivent également des métis et des indiens asservis. Le port de Campeche a construit sa richesse sur l’exportation des matières premières et a besoin de Mexico pour protéger ses routes commerciales. Dans le reste du Yucatán, le pouvoir est morcelé. Dans le centre de la péninsule, il est partagé en petites communautés, espagnoles, métis ou mayas qui exercent un contrôle sur les populations paysannes mayas. Au sud, le pays est recouvert par la forêt tropicale et les mayas vivent libres de toute contrainte.

La fin de la tutelle espagnole, réduit les échanges commerciaux avec Cuba. Le Yucatán développe ses propres cultures de canne à sucre, pour remplacer le sucre cubain. Progressivement, les élites de la région investissent le sud du pays qui bénéficient de terres plus fertiles et plus arrosées, réduisant au fur et à mesure les espaces où les mayas évoluent librement. Le développement fulgurant de la canne à sucre apporte une prospérité nouvelle à Mérida, qui vote en 1846 pour l’indépendance de la province. Un conflit s’engage avec Mexico et Campeche, restée fidèle à la capitale fédérale. Dans le même temps, Mexico entre en conflit avec les Etats-Unis, auxquels le Texas vient de demander son rattachement (1845-1848). Le Yucatán autour de Mérida, bénéficie de cette situation et parvient à préserver l’intégrité de son territoire. Dans ce conflit, les mayas sont utilisés comme chairs à canon entre les deux camps.

Si les frontières du Yucatán semblent sauvegardées pour un temps, la situation se dégrade à l’intérieur du pays. La disparation progressive de leur terre, l’exploitation par les élites de Mérida et les séquelles du conflit armé, poussent les mayas à la révolte. Les batabs, les chefs de clans mayas, seraient à l’origine du déclenchement de la Guerre des Castes, considérée comme la plus longue des rébellions paysannes d’Amérique latine. 85.000 personnes se seraient ainsi soulevées contre la domination exercée par l’élite blanche. Les révoltés mayas trouvent un appui en arme du côté de l’Angleterre qui cherche à étendre son influence dans la région. Au début de l’année 1848, les yucatèques sont tellement affaiblis qu’ils envisagent une évacuation de la péninsule. Le gouverneur propose un rattachement de la péninsule aux Etats-Unis pour trouver un soutien armé. Mais les Etats-Unis rejettent la proposition et mettent comme condition à la fourniture d’armes, la réintégration du Yucatán dans la fédération mexicaine. Forcée de s’allier de nouveau avec Mexico, Mérida parvient à stabiliser la situation et regagne progressivement du territoire. Le conflit va se transformer en une guerrilla qui durera officiellement jusqu’en 1901. En 1858, le Mexique créé l’Etat du Campeche et partitionne ainsi le Yucatán, au détriment de Mérida, meurtrie et appauvrie par le conflit.

Les mayas, quant à eux, payeront cher ce conflit. Après la fin officielle de la guerre, la plupart d’entre eux se retrouvent dans des conditions misérables.

 

Référence : Les Mayas et Cancún, Lucie Dufresne (publié aux Presses de l’Université de Montréal)

Pluies tropicales à Cobá

Le site maya de Cobá se situe à peu près à mi-distance de Tulum et de Valladolid (les deux villes étant elles-mêmes distantes d’environ 100 km). Cobá constituait donc une visite idéale avant de nous rendre à Valladolid, notre nouvelle étape.

Cobá a été l’une des cités importantes du monde maya à la période classique (entre 500 et 1000). La plupart des vestiges du site datent d’ailleurs de cette époque. Comme Tulum, la cité a été abandonnée au XVIème siècle, la jungle envahissant progressivement toutes les structures jusqu’à ensevelir la plupart d’entre elles. Ce n’est que dans les années 1920, que les archéologues entreprirent l’exploration du site. Jusque dans les années 1970, aucune route ne menait à Cobá.

Contrairement au site de Tulum qui est très aéré, la cité de Cobá est encore largement envahie par la jungle. On se sent un peu comme Indiana Jones, au milieu de ces temples, transpercés par les arbres ou cachés sous la végétation tropicale. Le site est très vaste. Il s’étendrait sur 80 km2. Seule une petite partie est accessible.

En arrivant à Cobá, nous avons été surpris par le nombre de touristes. Sur la route, entre Tulum et Cobá, il n’y avait pratiquement aucune voiture. J’en ai déduit, a posteriori, que ces touristes devaient venir de Cancún, la distance permettant de faire l’aller-retour dans la journée.

Les billets en poche et avec quelques boissons achetées à la supérette du coin, nous entrâmes dans le site. Nous déclinâmes les propositions des nombreux guides locaux, préférant explorer à notre rythme les ruines enfouies dans la jungle. Les distances étant assez grandes entre les ensembles à visiter, des vélos sont proposés à la location, et de nombreux cyclo taxis haranguent les touristes après l’entrée, pour leur proposer d’économiser leurs forces. Bien que le ciel était couvert, nous décidâmes de privilégier la marche. J’avais lu auparavant qu’il ne devait pas pleuvoir avant la toute fin d’après-midi. Nous n’étions alors qu’en début d’après-midi. Après 3/4 d’heure de visite des premières ruines, la pluie se mit à tomber, doucement d’abord, puis un peu plus violemment. Manque de chance, nous avions oublié nos capes de pluie dans le coffre de la voiture. Pourtant, je les avais bien préparées en vue de notre visite! Nous nous abritâmes sous les épais feuillages de la forêt tropicale. D’autres personnes s’abritèrent à une centaine de mètres sous le toit végétal d’une ruine maya restaurée. Au début, notre abri suffit. Puis, la pluie se mit à tomber beaucoup plus dru. Nous commencions à être bien mouillés. Et l’orage s’intensifia encore jusqu’au moment où un éclair déchira le ciel avec le fracas quasi simultané du tonnerre. La foudre ne devait pas être tombée très loin de nous! Nous sursautâmes.  Prenant conscience que nous ne pouvions rester plus longtemps sous les arbres, nous nous mîmes à courir vers la structure maya au toit végétal. Cette course d’une centaine de mètres sous une pluie tropicale intense nous trempa jusqu’aux os. Nous restâmes peut-être une demi-heure sous ce nouvel abri, sans que la pluie ne réduisît d’intensité. Finalement, l’orage s’éloigna et la pluie s’arrêta quasiment. Elle était alors suffisamment douce pour que nous pussions marcher sous les arbres de la forêt tropicale sans nous mouiller davantage. Nous sortîmes prudemment de notre abri nous apprêtant à retourner à l’entrée du parc. Finalement, la pluie s’arrêta complètement et nous pûmes marcher jusqu’à la pyramide de Nohoch Mul, la plus haute structure du site, avec 42 m de haut.

L’ascension de la pyramide de Nohoch est difficile. Contrairement à ce que l’on a pu voir par la suite sur d’autres sites, l’escalier de pierres, très raide, avec des marches hautes et irrégulières, n’a pas été restauré. Il est d’autant plus dangereux quand il a plu. L’ascension est difficile. Mais la descente l’est encore plus, car il n’est alors plus possible de s’aider des mains, sauf à descendre face à la pyramide, ce qui est également compliqué. Malgré les conditions, avec beaucoup de prudence nous fîmes l’ascension. Nous fûmes récompensés par une vue extraordinaire sur la canopée. Depuis le haut de la pyramide, nous prîmes conscience que cette région était couverte par la jungle à perte de vue dans toutes les directions.

Pour faire les 2 km nécessaires pour revenir à l’entrée, nous fûmes bien heureux de trouver des cyclos taxis que nous avions snobés à l’aller.

La voiture retrouvée et après une heure de route, nous arrivâmes à l’hôtel de Valladolid, dans un état piteux. Plus que jamais, la douche fut un moment délicieux.