Vol Punta Arenas – Antofagasta

Le voyage aérien entre Punta Arenas et Antofagasta (avec escale à Santiago), nous a propulsés en une seule journée d’une ambiance grisâtre, humide et fraîche, à la clarté aveuglante et la chaleur étouffante du désert.

Les deux villes sont distantes de 3.285 km. Nous avons dormi une seule nuit à Antofagasta, ville de près de 400.000 habitants, coincée entre la façade Pacifique et les montagnes brûlées du désert. L’objectif était de faire une étape pour nous rendre ensuite en voiture à San Pedro, à 300 km au nord-est, au coeur du désert d’Atacama.

 

L’élevage des moutons

L’importance de l’élevage des moutons pour la ville est attestée par la statue hommage au berger.

 

Plusieurs maisons bourgeoises du centre ville, dont deux sont transformées en musée, ont été construites par des familles ayant fait leur richesse au début du XXème siècle grâce à l’élevage ovin. Il faut mesurer que ces familles cultivées, souvent issues de l’immigration européenne ont fait leur fortune grâce à l’exploitation des populations indigènes.

 

Palacio Sara Braun

Sara Braun était fille d’immigrés lettons, installés à Punta Arenas en 1874. Elle épousa l’entrepreneur portugais José Nogueira. Ils firent fortune grâce à l’élevage ovin et aux activités portuaires.

 

Centre cultural Braun-Menendez

Mauricio Braun, le frère de Sara, se maria à Josefina Menéndez, née à Buenos Aires, et consacra ainsi son rapprochement avec l’une des familles les plus riches de Punta Arenas. Comme sa soeur, il fit fortune dans l’élevage ovin et l’industrie portuaire.

 

Museo Nao Victoria, Punta Arenas

Le musée Nao Victoria de Punta Arenas confectionne et expose des répliques grandeur nature de bateaux célèbres.

Vues du musée

 

A l’entrée, quelques armes et une armure de conquistador permettent au visiteur de se déguiser

 

La Victoria

Réplique du bateau ayant accompli le tour du Monde sous l’impulsion de Magellan. La coque très arrondie est très haute. Mais on est impressionné par la petitesse du bateau lorsqu’on monte à bord.

 

Le HMS Beagle

Le HMS Beagle, brigantin de la marine britannique se convertit en navire d’exploration au début du XIXème siècle. L’une des expéditions permit à Charles Darwin de passer plusieurs mois dans la région.

 

Le James Caird

Le James Caird, adapté par le charpentier Harry McNish, fut le bateau qui fit la navigation en Antarctique depuis l’île Eléphant jusqu’aux îles de Géorgie du Sud durant l’expédition d’Ernest Shackleton en 1916. Le bateau fut bloqué plusieurs mois par les glaces.

 

La goëlette Ancud

Ce navire fut utilisé par le Chili en 1843 pour coloniser la région.

 

Epave de navire sur la plage voisine

 

Le voyage de Fernand de Magellan

L’explorateur portugais Fernand de Magellan (Fernão de Magalhães en portugais, Fernando de Magallanes en espagnol) est à l’initiative du premier tour du Monde maritime. Son expédition réalisée pour le compte de Charles Quint, le roi d’Espagne, rassemblait 5 navires de type caraque et partit de Sanlúcar de Barrameda (port d’Andalousie, proche de Jerez), le 20 septembre 1519, avec 275 hommes d’équipage. Fin novembre, il aborde les côtes américaines au nord de la baie de Rio, puis longe les côtes et arrive au Río de la Plata en janvier 1520. Un navire envoyé en reconnaissance plus au sud est perdu. Les 4 navires restant atteignent finalement l’entrée du détroit qui porte son nom au Cap des Vierges, le 21 octobre 1520. L’un des navires se mutinent et abandonnent l’expédition au milieu du détroit pour retourner en Espagne. Les 3 navires restant quittent le continent américain au Cap Deseado le 28 novembre 1520. La traversée du Pacifique se fait d’une traite et s’achève le 6 mars 1521, lorsque l’expédition accoste à l’île de Guam (actuellement îles Mariannes). Les équipages sont décimés par le scorbut lors de cette traversée. Magellan n’aura pas la chance de revoir les terres espagnoles. Il meurt, le 27 avril 1521, sur l’île de Mactan aux Philippines, lors d’un combat avec des indigènes. La tête de l’expédition est reprise par Juan Sebastián Elcano, lequel décide de brûler l’un des navires car il considère que les équipages restant, constitués de 113 hommes, sont insuffisants pour conduire 3 caraques. En novembre 1521, les deux navires restant sont dans le nord de l’Indonésie. L’un d’entre eux est fortement endommagé et doit faire d’importantes réparations, avant d’être arraisonné par les portugais, très présents dans cette région. Le dernier navire, la Victoria, compte 60 hommes quand il quitte l’Indonésie le 21 décembre 1521, pour entamer la traversée de l’océan Indien. Après avoir passé le cap de Bonne Espérance, il rejoint son point de départ en Andalousie, le 6 septembre 1522, après pratiquement 3 ans de voyages. Seuls 18 hommes d’équipage sont présents à bord.

 

Carte du tour du Monde de l’expédition Magellan

Carte Magellan

 

Réplique de la Victoria au musée Nao Victoria à Punta Arenas.

 

Punta Arenas, Patagonie

Punta Arenas est une ville de 131.000 habitants (selon le recensement de 2012), bâtie sur la rive ouest du détroit de Magellan. Fernand de Magellan fut le premier européen à naviguer dans le détroit en 1520. Mais la ville ne fut officiellement fondée qu’en 1848, après la colonisation de la région par le Chili. Avant l’ouverture du canal de Panama en 1914, la ville fut le principal point de passage entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique. La ville a été peuplée par des colons européens venus de différents pays. Etrangement 50% de la population a des origines croates. La ville a connu son essor grâce à l’activité portuaire, mais également grâce à l’élevage des moutons.

Le climat est influencé par la latitude très australe et adouci par la proximité de l’océan. Les précipitations ne sont pas très importantes mais régulières tout au long de l’année. Les températures moyennes ne dépassent pas les 14°C en été (de décembre à mars). Lors de notre séjour, le vent soufflait fort et la température ressentie était nettement inférieure à 10° C. Les pulls, les doudounes et les bonnets étaient les bienvenus!

Sans doute pour compenser la grisaille du paysage, les maisons de la ville sont très colorées. Le centre ville témoigne de la prospérité qu’elle a connue dès le XIXème siècle. Les faubourgs, quant à eux, sont envahis par les activités industrielles probablement favorisées par la situation portuaire stratégique.

Punta Arenas est le point le plus austral que nous atteindrons lors de notre tour du Monde. La distance entre Charlottetown (Prince Edward Island, Canada), où nous étions le 1er août, et Punta Arenas est de 11.277 km à vol d’oiseau. C’est le point le plus austral, mais nous étions beaucoup plus loin du pôle sud à Punta Arenas (53° sud), que du pôle nord à Charlottetown (63° nord). Il faut également noter que Punta Arenas, qui se trouve pratiquement à la pointe de l’Amérique du Sud est beaucoup plus au sud que Le Cap (Afrique du Sud, 33° sud) ou Christchurch (Nouvelle-Zélande, 43° sud). La position symétrique en Europe de Punta Arenas, en termes de latitude, serait Hambourg (53° nord). Avec ces quelques données géographiques, on comprend pourquoi l’expression « pays du sud » qui désigne généralement les pays du globe situés au sud de l’Europe (à l’exclusion de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande), a également la connotation « pays où il fait chaud », les populations de l’hémisphère sud étant, dans leur immense majorité, plus près de l’équateur que les européens.

 

Puerto Natales – Punta Arenas

250 km séparent Puerto Natales et Punta Arenas. Nous aurions pu faire la route en car. Mais nous avons choisi de louer une voiture à Puerto Natales et de la rendre à l’aéroport de Punta Arenas au moment de reprendre l’avion pour le nord, c’est-à-dire pour Antofagasta. Le véhicule de location nous apporte un peu plus de confort. Il nous donne plus de liberté pour visiter. Il nous permet également de choisir un logement éloigné du centre ville, plus grand, plus au calme et plus économique (ce qui compense en partie le surcoût de la voiture).

Le jour où nous avons fait la route, le paysage qui s’offrait à nos yeux était gris, pluvieux, balayé par un vent violent. Dans cette zone, la steppe patagonique est plutôt monotone avec de grandes étendues planes où les arbres sont tous penchés vers l’est, signe que le vent souffle fort et souvent. Ce n’est qu’à quelques dizaines de kilomètres de Punta Arenas, qu’apparaît sur la gauche de la route une immense étendue d’eau : le détroit de Magellan (estrecho de Magallanes en espagnol).