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Croisière aux baleines sur le Saint-Laurent

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La journée du 6 août s’annonçait bien pour une observation des baleines sur le Saint-Laurent. L’Anse-Saint-Jean était illuminée par un soleil radieux. J’avais hésité la veille au soir à réserver une croisière car la météo restait incertaine. Le matin, voyant que les conditions étaient favorables, je m’empressai de faire la réservation.

Après une bonne heure de route, nous sommes arrivés à la Baie-Sainte-Catherine. Sur le quai, le soleil était éblouissant et nous nous sommes badigeonnés de crème solaire en pensant que nous n’aurions pas besoin des pulls et autres vestes pris pour l’occasion. En voyant descendre tous les passagers de la précédente croisière tous chaudement vêtus, nous nous sommes doutés que notre première impression allait s’avérer fausse. Quand le bateau d’une contenance d’environ 200 personnes a démarré nous avons eu confirmation que nos pulls et vestes seraient les bienvenus. D’après la conférencière du bateau, l’eau du Saint-Laurent était autour de 4°C au point d’observation des baleines. Une telle température de l’eau refroidit localement l’air et provoque un épais brouillard. Celui-ci semblait compromettre fortement l’entreprise. Néanmoins, la conférencière semblait rester confiante. Après 20 bonnes minutes de navigation dans le brouillard, le bateau a ralenti et la conférencière nous a invités à écouter les bruits alentours pour repérer d’éventuelles baleines. Les minutes étaient longues et je commençais un peu à craindre l’attrape-touristes. La zone d’observation était envahie de nombreux bateaux de tailles et de formes différentes. J’en distinguais près d’une dizaine dans le brouillard autour de nous. Il semble que les capitaines s’informent les uns les autres lorsqu’ils repèrent une baleine.

De nombreux bateaux et toujours pas de baleine en vue! Tout cela semblait tourner au fiasco. Autour de moi, les commentaires se faisaient désabusés et railleurs. Et puis, la conférencière nous a invités avec enthousiasme à regarder une baleine à l’avant du bateau. J’ai fait quelques photos pour essayer de capter cette ombre à peine visible.

La photo ci-dessous a fait l’objet d’un post-traitement minutieux pour essayer de rendre discernable ce qui était quasiment invisible.

Et puis, nous nous sommes un peu approchés. Les formes sont devenues plus nettes et la proximité de l’animal plus tangible.

2018-08-06 - Baleines-3

La conférencière nous a indiqué qu’il s’agissait d’une baleine à bosse. Elle peut mesurer entre 11 et 13 m et peser jusqu’à 30 t. Apparemment, cette baleine est connue. Elle se nomme Tic Tac Toe. Elle semble habituée au balet des bateaux qui viennent l’observer comme si elle était à moitié apprivoisée. Après quelques mouvements en surface, elle a disparu dans l’eau. Le bateau était alors quasiment à l’arrêt. Elise était restée à l’intérieur du bateau et observait derrière les vitres. Il faut dire que l’observation sur le pont était compliquée. Tous les passagers se pressaient au moindre signal de la conférencière, se bousculant pour apercevoir un bout de nageoire, jusqu’à faire pencher le bateau. Alice était rentrée rejoindre Elise dès que la baleine avait replongé. Emma et moi sommes restés sur le pont. Mais nous nous sommes éloignés de la foule, un peu désabusés. Nous nous sommes mis à la poupe du bateau à tribord. Nous étions quasiment seuls à cet endroit. Nous regardions la mer tranquillement. Elise et Alice étaient également à tribord, mais à l’intérieur. Et puis soudainement, la conférencière a lancé une nouvelle alerte : « regardez à 3h! ». Juste en face de nous la baleine a de nouveau émergé. Cette fois le brouillard s’était largement dissipé. En quelques secondes, Emma et moi nous sommes retrouvés collés contre la balustrade, cernés par des dizaines de passagers qui se bousculaient pour observer le cétacé. Malgré le caractère un peu artificiel et peu spontané de la rencontre, j’ai ressenti cette fois-ci une grande émotion quand j’ai vu la baleine faire ses mouvements si près de nous.

Découverte des bleuets, merveilleuses baies bleues qui ressemblent à des myrtilles.

2018-08-08 - Bleuets-1

L’Anse-Saint-Jean

Comme je l’écrivais, il y a quelques jours, nous avons été très bien accueillis à l’Anse-Saint-Jean par Richard et Marianne, nos hôtes. Cela a été un vrai plaisir de faire leur connaissance. Richard nous a donné de nombreux conseils pour découvrir la région. Il nous a également initiés à un jeu de frisbee avec cibles qui se joue à deux équipes de deux. C’est un jeu d’adresse qui consiste à faire passer le frisbee dans un cerceau d’environ 50 cm de diamètre, situé à 10 pieds, à défaut toucher le cerceau ou le montant qui le supporte, à défaut s’en approcher le plus possible. En quelque sorte, c’est une forme moderne du lancer de fer à cheval.

L’Anse-Saint-Jean est une petite ville qui compte environ 1200 habitants. Une rivière à saumons longe la ville, saumons que nous avons d’ailleurs aperçus stagnant dans l’ombre, que nous aurions pris pour des pierres sans l’oeil averti de Richard. Comme beaucoup de villes d’Amérique du Nord, la ville s’étire sur une très longue distance le long de la route. La route c’est le fil de la vie qui relie les hommes et les services. Les maisons sont espacées. Elles sont toutes différentes mais forment pourtant un ensemble harmonieux qui respire le calme. La nature est partout ; les montagnes alentours, les forêts et l’herbe verdoyante, en toile de fond. L’air est pur, l’eau qui coule au robinet est fraîche et légère. Les filets des moustiquaires aux portes et aux fenêtres forment une protection légère qui délimitent la frontière entre la nature et l’intimité du foyer. Nous avons vécu 3 jours avec fenêtres et portes ouvertes pour faire circuler un air rafraîchissant dans la maison. La température extérieure était cependant très supportable car n’excédant que rarement les 30°C.

La route qui traverse toute la région et relie les villes entre elles s’appelle la route du fjord. Le fjord de la rivière Saguenay est l’une des merveilles naturelles de la région. Sa largeur dépasse les 2 km. Il est bordé de falaises de plus de 300 m de haut qui tombent à pic dans l’eau.  Les arbres envahissent le paysage et s’accrochent même sur les parois les plus verticales.

Nous avons pu jouir de ces panoramas magnifiques en faisant une randonnée difficile dans le Parc National du Fjord du Saguenay puis en assistant au coucher de soleil depuis l’Anse de Tabatière. Nous aurions aimé faire une escapade en kayak de mer, dans le fjord, mais le temps a manqué. Nous avons privilégié une croisière sur le Saint-Laurent pour observer les baleines – qui fera l’objet d’un prochain article.

Mardi 7 août, nous avons quitté l’Anse-Saint-Jean avec le sentiment d’avoir fait une étape trop courte. Nous avons rangé nos valises avec application – je vous en parlerai également à l’occasion – et nous avons pris la route pour la ville de Québec.

Je garderai un souvenir ému de ce coin de Québec.

Richard, Marianne, merci pour tout et au plaisir…