Fille aux bras écartés

En revoyant la photo de cette petite fille les bras écartés, je repense à une photo célèbre du Vietnam où tout n’était qu’horreur et larmes. Ici, c’est le calme du soir, l’innocence de l’enfance qui joue dans l’eau et la lumière chaude du soleil couchant. Et pourtant, en voyant l’attitude de cette petite fille je ne peux m’empêcher de repenser à cette photo terrible de Nick Ut.

 

5 jours intenses à Kuala Lumpur

Notre première halte pays en Asie a été courte mais intense. Kuala Lumpur est une ville à la fois moderne et baignée de traditions. J’ai adoré jouir de la vue éblouissante de la ville depuis notre 51ème étage et me balader la nuit entre les tours illuminés, comme j’ai été émerveillé et fasciné par la découverte des temples taoïstes et hindous.

 

5 jours à Kuala Lumpur

A Kuala Lumpur, nous avons choisi de loger dans un Airbnb, situé en centre ville, pour avoir facilement accès aux transports en commun et aux principaux monuments de la ville. Notre appartement était situé au 51ème étage de la tour Vortex, avec une vue imprenable sur la tour KL et ses alentours. Les finitions dans l’appartement étaient décevantes pour un immeuble de ce standing (par exemple, les portes des salles de bain frottaient sur le sol et ne s’ouvraient pas complètement) et l’appartement était un peu défraîchi. Mais la vue était magnifique et surtout nous étions très bien situés entre deux stations du monorail urbain.

La ville compte un nombre impressionnant de tours. Dans l’ensemble, elles sont suffisamment éloignées les unes des autres pour ne pas se faire d’ombre, et sont entourées de nombreux parcs. L’espace urbain, entre les parcs, est principalement réservé aux voitures. Les circulations sont bien organisées et permettent un traffic relativement fluide. Les piétons ne sont pas à la fête. Les passages pour traverser sont très éloignés les uns des autres, les feux sont longs à leur accorder le passage et ils n’ont que peu de temps pour traverser, sans compter que les motos et voitures ne s’arrêtent pas systématiquement aux feux rouges. Les rues sont bruyantes. Les transports en commun sont en hauteur pour dégager de l’espace au niveau de la chaussée, ce qui oblige les piétons à monter et descendre souvent pour accéder aux quais ou aux cheminements prévus au-dessus des rues pour aller d’une station à une autre.

En dépit, de ces désagréments, Kuala Lumpur est une belle ville avec de grands parcs et de splendides bâtiments. Y passer quelques jours est plaisant. Mais je ne me verrai pas vivre dans une telle ville.

Ce qui frappe le visiteur, c’est le caractère très international de la ville. On y croise des personnes de toutes nationalités. Les femmes couvertes de voiles colorées rappellent que l’Islam est religion d’Etat. On voit de nombreux chinois, et des occidentaux, européens ou américains, certains faisant du tourisme, mais beaucoup semblant présents dans la capitale malaise pour des motifs professionnels.

De nombreuses religions sont présentes à Kuala Lumpur et semblent cohabiter paisiblement et dans le respect mutuel, en dépit des conflits passés. Cette vision est probablement optimiste car j’ai lu plusieurs articles depuis, soulignant que l’Islam fait ici l’objet d’un prosélytisme intense, probablement pour défendre une identité propre et résister à la pression démographique et économique chinoise. Durant nos 5 jours, nous avons eu l’occasion de visiter des lieux de culte variés : mosquées, temples hindous, temples chinois.

 

Fin de notre voyage en Australie

L’Australie m’aura laissé des impressions contrastées.

Les villes sont très agréables. Culturellement, elles semblent plus proches des capitales européennes que des grandes villes américaines. A aucun moment, je n’ai ressenti la moindre violence. On voit très peu de pauvreté. L’Australie a d’ailleurs un taux de chômage très faible. De nombreux secteurs sont même en manque de main-d’oeuvre. Sydney et Melbourne sont des villes à l’architecture variée, avec de nombreux parcs et la proximité de la mer. Il y fait bon vivre.

Le coeur rouge nous a mis au contact d’une Australie sauvage, aux paysages à la beauté brute. Mais difficile de s’imaginer y vivre, surtout avec la chaleur étouffante qu’il y règne une partie de l’année.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé les australiens assez distants. Dans tous les pays que nous avons visités jusqu’alors, nous avons eu l’occasion d’échanger avec les habitants. Parfois, il s’agit de quelques mots, d’un sourire, d’autres fois, de discussions un peu plus longues et d’échanges amicaux. Ce peut être au restaurant, dans les commerces, avec un hôte Airbnb, dans un hôtel, un taxi… Mais bizarrement, j’ai l’impression d’avoir moins eu ce type d’échanges sympathiques et bienveillants en Australie. Est-ce l’influence de la culture britannique qui explique ce relatif sentiment de froideur et de distance?

Il reste enfin, que derrière la vitrine impeccable et idéale qu’offre les grandes villes, l’Australie est un pays qui ne parvient pas à apporter une réponse à la question aborigène. La reconnaissance des crimes du passé paraît incomplète. Il semble subsister une forme de ségrégation qui ne dit pas son nom, peut-être non voulue, mais résultat d’une histoire, d’une forme de racisme qui peut perdurer et également d’une hésitation du peuple aborigène entre la perpétuation de modes de vie ancestraux et l’intégration dans la société australienne moderne. Je ne prétends pas avoir compris l’intégralité des problèmes liés à la question aborigène. Ce voyage a plutôt fait naître en moi de nombreuses interrogations.

 

Départ d’Argentine et entrée au Chili

Nous avons quitté l’Argentine, le 8 décembre, en passant en car la frontière terrestre avec le Chili, entre El Calafate (Argentine) et Puerto Natales (Chili). Le car, très confortable, met environ 6 heures et demie pour faire la liaison entre les 2 villes. A la frontière chilienne, nous descendons du car avec les bagages pour les formalités de douane, puis nous remontons pour rejoindre Puerto Natales, à une demi-heure de la frontière.

L’Argentine est, pour moi, un vrai coup de coeur. Les chutes d’Iguazu, le lac Argentina et le Perito Moreno nous ont offerts des paysages éblouissants. Les argentins se sont révélés des hôtes accueillants et sympathiques. Il est apparu comme le pays le plus sûr. Nous avons mangé une très bonne cuisine, quoique très carnée. Et pour ne rien gâter, avec le taux de change euro-peso argentin extrêmement favorable, les prix des logements et de la nourriture étaient très avantageux. Ma seule déception concerne Puerto Iguazu, qui est apparue comme une ville bien miséreuse, en comparaison avec Foz do Iguaçu. Pour les personnes qui souhaitent visiter l’Argentine, il vaut mieux prévoir de venir avec des euros en poche, car les retraits d’argent sont limités à environ 100 €, avec des frais de près 10 € à chaque fois. Autrement dit, la commission pour changer des euros est bien inférieure aux frais prélevés par les banques pour les retraits de peso. Même avec cette petite difficulté qu’il est possible d’anticiper, l’Argentine est probablement l’un des pays d’Amérique du Sud les plus intéressants économiquement pour des européens. En tout cas, c’est celui qui nous a coûté le moins cher, à l’exception de la Bolivie mais qui n’a pas la même richesse en termes de patrimoine, ni probablement en termes de paysage.