Taïwan, une belle découverte

Nous sommes venus à Taïwan un peu par hasard. Mais c’est une étape que je ne regrette pas. J’en garderai un très beau souvenir. Les 3 semaines sont passées très vite et même trop vite. Il nous a manqué du temps pour apprécier davantage notre tour de l’île. Taïwan est une destination complète qui compte de très belles villes, à la fois modernes et riches d’un grand patrimoine, et une nature variée qui permet aux amoureux de la marche de découvrir des chemins de randonnées bien signalés et entourés de paysages magnifiques. Taïwan est un pays baigné de culture chinoise, ayant su tirer de la période japonaise un dynamisme et une rigueur qui en ont fait l’un des pays les plus riches d’Asie. Les infrastructures touristiques sont bien développées mais elles sont avant tout destinées à un tourisme interne ou local (japonais et chinois). Nous avons d’ailleurs rencontré très peu d’occidentaux durant notre séjour, ce qui nous a donné un sentiment d’immersion que je n’avais, pour ma part, pas ressenti aussi fortement dans les pays d’Asie du sud-est. Les taïwanais sont souriants, paisibles, discrets, désintéressés et accueillants, ce qui rend le voyage très agréable. Souvent, nous avons rencontré des personnes qui ont exprimé leur joie de nous voir visiter leur pays.

 

Taipei (台北), Taitung (台東), Tainan (台南), Taichung (台中)

Avez-vous remarqué comme les noms de ces 4 villes taïwanaises se ressemblent? Le caractère (tai) peut signifier terrasse, autel, estrade ou bureau… Les caractères (bei), (dong), (nan), (zhong, prononcé « djong ») signifient respectivement nord, est, sud, milieu (ou centre). Vous noterez que les noms de ces villes écrits en caractères latins sont trompeurs. Quand je disais « taïtoung », on me regardait bizarrement et on me disait « ahhh… taïdong! ». De même quand je disais  « taïchoung », on me répondait « ohhh… taïdjong! »…

Voici, en tout cas, le mystère de ces ressemblances élucidé.

C’est l’occasion pour moi de vous dire à quel point, je trouve les idéogrammes beaux, magiques et fascinants.

 

Le Vietnam, pays multiethnique

Lors de notre dernier jour à Hanoï, nous avons tenté de visiter le mausolée d’Hô Chi Minh. Comme indiqué dans un précédent article, nous avons renoncé devant la file d’attente interminable. Du coup, nous avons changé nos plans et nous avons décidé de visiter le musée d’ethnographie consacré à la diversité ethnique du Vietnam et présentant les modes de vie et des objets caractéristiques des principales minorités.

Au cours de notre voyage au Vietnam, nous avons eu une vision assez complète de la diversité des paysages et nous avons visité de nombreux lieux culturels. Mais, finalement, nous sommes passés complètement à côté de la diversité ethnique qui est une des richesses du pays. Visiter ce musée, même s’il ne remplace pas le contact avec les groupes ethniques minoritaires, a permis de compenser en partie ce manque.

La raison pour laquelle, nous n’avions pas eu l’occasion de percevoir cette diversité ethnique est liée au fait que l’immense majorité de la population, celle qui vit dans les plaines appartient au groupe ethnique kinh (ou viet). Ce sont les gagnants de l’Histoire, ceux qui ont imposé leur culture, leur langue, ont investi le pays et ont prospéré. Les minorités ethniques se trouvent aux marges du pays, dans des zones où les frontières ont bougé ou dans des lieux difficilement accessibles et où les conditions de vie sont plus rudes, comme les montagnes. Certaines y sont installées depuis des époques ancestrales tandis que d’autres ont migré plus récemment. Finalement, le Vietnam regroupe sur son territoire un éventail d’ethnies représentatif de la diversité existant dans tout l’Asie du sud-est depuis les frontières de l’Inde jusqu’aux rives de la mer de Chine.

Le site cap-Vietnam fait une présentation synthétique à laquelle je vous renvoie si vous souhaitez plus d’informations sur le sujet. Le pays dénombre 54 groupes ethniques différents, regroupés en 8 familles linguistiques : les  viet-muongs, les thaïs, les môn-khmers, les hmong-dao, les kadaï, les austronésiens, les chinois han, les tibéto-birmans. Le site MaTonkinoise fournit une carte avec le positionnement des 54 groupes ethniques. Ils sont de taille très variés, certains comptant seulement quelques centaines d’individus.

Si la reconnaissance des minorités et des spécificités culturelles est une bonne chose, je m’interroge sur la pertinence d’un tel découpage. Pourquoi vouloir ainsi mettre une étiquette ethnique sur chaque groupe? N’y-a-t’il pas un risque d’enfermer certaines catégories de la population dans des rôles de représentants d’ethnies plutôt que comme citoyen à part entière? Ces populations désirent-elles en pleine connaissance de cause perpétrer des coutumes ancestrales ou sont-elles piégées dans un rôle qu’ont leur a assigné dans un but touristique et de communication?

 

Arrivée à Ho Chi Minh Ville

Ho CHi Minh Ville est distante de Phnom Penh d’un peu plus de 200 km. En dépit de cette proximité géographique, le contraste entre les 2 villes est saisissant. A Ho Chi Minh Ville, on ne retrouve pas les tuk-tuk qui encombrent le trafic de Phnom Penh. Dans les deux villes, il y a de nombreux deux roues. Mais à Ho Chi Minh Ville, ils semblent beaucoup plus modernes et mieux entretenus que ceux de Phnom Penh. La même remarque pourrait être faite pour les voitures. Les voiries d’Ho Chi Minh Ville sont en bon état et le trafic est régulé par des feux rouges. De manière générale toute la ville vietnamienne donne un sentiment de dynamisme et de modernité que je n’ai pas ressenti chez sa voisine cambodgienne. Le paysage urbain est constitué de nombreuses habitations modernes. Dans les rues, sur les deux roues, j’ai souvent remarqué l’élégance des vietnamiens.

 

Dernier mot sur le Cambodge

Il suffit de regarder la liste des articles pour comprendre que le principal attrait du voyage au Cambodge réside dans la visite d’Angkor, qui est probablement l’un des sites les plus impressionnants que j’ai eu l’occasion de visiter. Je souhaite à chacun d’avoir un jour le bonheur de découvrir ces ruines merveilleuses.

En-dehors d’Angkor, j’avoue avoir été déçu. Le pays est très sale. Les routes sont longées d’interminables amas de détritus. Les plastiques volent partout jusque dans les champs. Personne ne semble s’en émouvoir n’y faire le moindre effort pour limiter cette contamination du paysage. Bien sûr le pays est pauvre. Mais cela n’explique pas tout.

Si le pays a connu une croissance importante depuis une vingtaine d’années, les richesses produites sont probablement très mal réparties. En effet, partout, le dénuement des populations atteste de la pauvreté qui règne encore dans le pays.

Les cambodgiens sont peu souriants. Sans doute que l’histoire qu’ils ont vécue depuis les années 70, la situation politique du pays et la misère qui persiste expliquent largement ce désespoir qu’on lit souvent sur leurs visages.

Malgré tout, je pense que les conditions de vie s’améliorent progressivement. Des efforts semblent faits pour assurer une éducation minimale aux moins de vingt ans qui représentent plus de 40% de la population et l’avenir du pays.

 

Angkor, un dernier mot

Je dois être un « bon visiteur » comme il y a de « bon spectateur ». Je ne sais si je parviens à m’auto-convaincre de l’intérêt ou de la beauté de ce que je visite, mais je constate que je suis rarement déçu. Une nouvelle fois, j’ai été ravi par un site qui figurait dans ma liste secrète et dont je craignais d’être déçu.

Angkor est un site éblouissant pour peu qu’on le visite avec un peu de méthode. Je pense qu’il peut devenir étouffant, ennuyeux, si on veut faire trop de visites dans la même journée ou que l’on se trouve dans des temples surpeuplés de touristes. Angkor continue de vivre et de se transformer au grès des rénovations. Je suis convaincu que l’on peut y revenir indéfiniment et découvrir chaque fois de nouvelles facettes. Nous l’avons vu à une période chaude et sèche, mais j’imagine que les temples sous la pluie ou enveloppés de brume doivent révéler d’autres charmes.

J’ai essayé à travers les photos de partager mon émerveillement. J’espère être parvenu à raviver des souvenirs chez ceux qui connaissent Angkor, et avoir donné aux autres l’envie de découvrir cette merveille.

 

Fille aux bras écartés

En revoyant la photo de cette petite fille les bras écartés, je repense à une photo célèbre du Vietnam où tout n’était qu’horreur et larmes. Ici, c’est le calme du soir, l’innocence de l’enfance qui joue dans l’eau et la lumière chaude du soleil couchant. Et pourtant, en voyant l’attitude de cette petite fille je ne peux m’empêcher de repenser à cette photo terrible de Nick Ut.