Tbilissi, une belle capitale

Si nous avons été un peu inquiets des événements qui ont précédé notre arrivée en Géorgie, nous avons vite été rassurés par le calme qui régnait dans la ville. Tbilissi accueille une population cosmopolite et est une ville ouverte sur le Monde. Notre séjour a été servi par un temps ensoleillé, parfois chaud. Nous avons pris beaucoup de plaisir a déambulé dans les rues de la ville. Notre tour du Monde s’est terminé sur une très belle note.

 

Retour en France

A l’heure où cet article est publié, nous sommes dans l’avion pour la France. Après environ 11 mois de voyage, nous voilà de retour à la maison. J’ai un peu de mal à réaliser. Dans les jours qui viennent, je finirai mon récit de nos derniers jours de voyage à Erevan et Tbilissi, et puis viendra le temps des bilans.

D’ores et déjà, je peux dire que je suis heureux de notre voyage. Les choses se sont passées pour le mieux. Nous avons vu des choses extraordinaires. Nous avons vécu des moments inoubliables. Nous n’avons rencontré quasiment aucun problème tout au long du voyage. Nous n’avons pratiquement jamais été malade. Nous avons dépensé un peu moins que le budget initial. L’aventure était belle. Elle se termine. C’est dans l’ordre des choses. Je suis fier d’avoir accompli ce beau projet et je me sens détendu, serein.

Je sais qu’à Paris, je retrouverai prochainement la famille et les amis. Encore de beaux moments en perspective.

 

Nation

Une fois n’est pas coutume, je vous inflige aujourd’hui un article plus politique.

Avant d’écrire quelques mots sur l’histoire de l’Arménie, j’ai eu envie d’écrire cet article sur la notion de nation. Cela peut paraître hors de propos dans un blog de voyage. Mais ça ne l’est pas. Un voyage, surtout un tour du Monde, est une occasion de se confronter avec la différence. D’ailleurs le pluriel sied mieux au mot « différence » dans le cas présent car cette altérité est polymorphe ; elle touche la langue, la culture, l’environnement climatique et ses conséquences sur l’organisation de la vie, la géographie, l’histoire, la politique… Mais au-delà de la rencontre de l’autre, le voyage est aussi l’occasion de prendre du recul par rapport à la vie laborieuse qui accapare souvent l’esprit et l’empêche de s’ouvrir à des questions plus globales.

Lors de notre tour du Monde nous aurons visité une vingtaine de pays. Partout nous avons rencontré les mêmes constructions politiques visant à donner un sens au mot pays, à marquer la différence entre les citoyens et les étrangers, à narrer un récit national, à susciter le sentiment d’appartenance à la nation et développer une fierté nationale. Nous traversons des frontières. A chaque fois, le même processus se répète. Les douaniers auscultent les passeports, vérifient l’adéquation de la photo avec la personne physique qu’ils ont en face d’eux. Pour l’anecdote, ils ont souvent tiqué en voyant la photo d’Elise car l’orage que nous avons subi en visitant les ruines mayas de Coba, a irrémédiablement altéré la photo de son passeport. Les douaniers finissent par délivrer l’autorisation d’entrée dans le territoire en apposant leur tampon. Leur visage généralement fermé manifeste le sérieux de l’affaire! Et ensuite, les personnes que nous rencontrerons nous demanderont systématiquement comme première question, d’où nous venons, comme si le pays d’émission de notre passeport était la chose primordiale qui nous définissait. Lorsque nous naissons, nous sommes étiquetés, catégorisés, enfermés dans une entité nationale. Tout ce que je dis semble évident. Mais je crois qu’il faut se méfier des évidences, les remettre en question, pour progresser un peu sur le chemin de la liberté.

Bien sûr, je ne nie pas que le fait d’être français, d’avoir été à l’école en France, de lire essentiellement en français, de penser et de m’exprimer avec la langue française, sont des éléments déterminants qui définissent ma personne. Pour autant, je suis persuadé qu’en tant qu’être humain je suis beaucoup plus proche, par la pensée et la personnalité, de beaucoup de personnes qui ne sont pas françaises que de la plupart de mes concitoyens. Et je ne dis pas cela pour critiquer mes concitoyens, quoique parfois les réactions collectives en France me plongent dans un désarroi sans fond. La nationalité est une base qui fonde l’individu. Si le pays d’appartenance est inscrit dans l’histoire personnelle de chacun, je ne pense pas qu’il s’agisse de la caractéristique principale d’un individu.

Ceci étant posé, je trouve intéressant de s’interroger sur ce qu’est une nation. Je défie quiconque de donner une définition claire et universelle de cette notion. Je vous laisse lire les définitions qui sont dans les dictionnaires. Je n’en ai pas sur moi! Voici la définition du Wiktionnaire : « Ethnie, peuple, communauté humaine qui possède une unité historique, linguistique, culturelle, économique plus ou moins forte ». Peut-on faire définition plus vague? On y lit les efforts faits par l’auteur pour englober des situations bien éloignées les unes des autres. Qu’est-ce qui détermine les contours d’une nation? Ses frontières? Les frontières n’ont cessé de changer depuis des siècles. Elles sont souvent la cause des guerres. Tel pays ou tel peuple veut récupérer tel territoire sur lequel il estime avoir des droits ancestraux. Malheureusement, il est difficile de définir cette notion de droit car l’Histoire est faite de conquêtes, reconquêtes, métissages, mouvements de population, échanges commerciaux et culturels, émigration et immigration… Puisqu’il n’y a pas de droit qui fasse sens, c’est souvent la loi du plus fort qui finit par dessiner le contour des frontières. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la communauté internationale a tenté de figer les frontières pour éviter de nouveaux conflits. Le droit international est une expression utilisée pour défendre l’intangibilité des frontières. Certains ont même évoqué la fin de l’Histoire. Des frontières définitives qui définissent une permanence du Monde. Est-ce que cela a du sens? La volonté d’empêcher les conflits est en soi louable. Malheureusement, nous constatons que cet espoir a vite été déçu. Les empires coloniaux se sont désagrégés et ont créé des frontières et fait naître des pays qui, pour beaucoup d’entre eux, n’avaient jamais existé en tant que tel avant la seconde guerre mondiale. Les frontières sont souvent contestées et objets de conflits ouverts ou larvés. L’Union Soviétique que l’on peut considérer d’une certaine manière comme le dernier empire à s’être effondré a donné naissance à 15 pays. On voit bien à quel point les frontières de ces pays ne sont pas stables. Plus proche de nous, il faut également se souvenir de la désagrégation de la Yougoslavie qui a donné naissance à 7 pays aux frontières fragiles. Aujourd’hui, la Serbie et le Kosovo envisagent d’échanger des morceaux de territoire pour donner plus de cohérence à leurs périmètres nationaux. Encore plus proche, qui peut dire que la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne ou le Canada garderont dans les prochaines décennies leurs frontières actuelles? Enfin, les frontières françaises elles-mêmes ne sont stabilisées que depuis 75 ans. Qu’est-ce que 75 ans à l’échelle de l’Histoire? La longue période de paix que l’Europe occidentale a connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale a fait naître le sentiment que la paix était éternelle dans ce coin du Monde. Je suis convaincu que tout cela reste fragile et que la paix n’est jamais définitivement acquise.

Les frontières ne suffisent pas à définir ce qu’est une nation.

Est-ce la langue? Nous partageons la même langue avec nos voisins wallons et romans, avec nos cousins québécois, sans parler des anciennes colonies qui ont gardé le français comme langue officielle. Formons-nous pour autant une nation? Bien sûr que non! A l’inverse donnons-nous raisons aux séparatistes flamands ou catalans qui fondent une partie de l’argumentaire en faveur de la séparation sur une différence linguistique. Est-ce que ces pays multi-linguistiques n’ont pas lieu d’être? Que dire de la Chine qui compte des dizaines de langues ou dialectes différents classés en 8 grandes familles linguistiques?

La langue, pas plus que les frontières, ne suffit à définir une nation.

La même démonstration peut être faite avec la religion.

Si ni les frontières, ni la langue ni la religion suffisent à définir la nation, alors peut-être que l’histoire commune permet-elle d’y parvenir? Mais de quelle histoire parlons-nous? Celle des bretons, celle des alsaciens, celle des bourguignons ou celle des basques? Il n’y a pas une histoire. Il y a des histoires entremêlées où les dimensions locales, régionales, nationales, globales se superposent.

On le voit, il n’est pas possible de trouver une définition claire et universelle de la nation. C’est une notion fortement colorée de politique. On construit des récits nationaux, on s’invente une histoire commune, on glorifie des héros, pour créer une cohésion nationale, susciter l’adhésion et la fierté. Vous comprenez pourquoi je me méfie de ce mot. Parce qu’il correspond à une construction artificielle qui fait oublier aux hommes leur caractéristique principale : leur humanité. Dans son livre « Sapiens : une brève histoire de l’humanité », l’historien Yuval Noah Harari nous rappelle que les nations sont des pures inventions humaines : des concepts, autrement dit des idées. Le mot nation exclut, oppose, pointe du doigt l’étranger voire désigne un ennemi.

La notion de pays me semble plus aisée à manier. Un pays se définit par un territoire, une citoyenneté, un régime politique, des lois, à un moment donné de l’Histoire. Je crois que ce serait une erreur de considérer que les pays tels qu’ils existent aujourd’hui sont des entités stables. L’Histoire n’est pas finie. Est-ce que le Monde continuera à évoluer vers un morcellement en entités politiques toujours plus petites ou est-ce qu’au contraire émergeront des ensembles plus vastes? Les 2 mouvements, vers plus de globalité ou vers plus de proximité, ont leurs atouts et leurs défenseurs. La gestion plus globale permet de mieux appréhender l’intérêt général (pour peu que les mécanismes en place permettent d’éviter que cette gestion ne soit accaparée par de grands pays prédateurs à leurs seuls profits!). L’Europe, l’ONU ou les conférences internationales sur le climat correspondent à une tentative de prendre en compte l’intérêt général. Malheureusement, nous constatons que ces organisation souffrent de certaines limites et qu’elles restent dominées par la confrontation des intérêts nationaux. Malgré tout l’Europe me semble une tentative plus concrète et plus aboutie de dépasser les seuls intérêts particuliers. Et n’oublions jamais que ce travail en commun avec nos voisins, s’il est compliqué, mal aisé, est infiniment préférable à la concurrence des nations, qui mène in fine à la confrontation. La gestion globale est compliquée. Les progrès paraissant lents et la globalisation économique (qui est souvent confondue avec la globalisation de la politique) étant souvent source de souffrances, de nombreuses personnes ne croient plus aujourd’hui aux solutions globales et cherchent un refuge dans des organisations de proximité, ressenties comme étant plus à taille humaine et plus en adéquation avec les enjeux écologiques de notre temps. Je crois évidemment que la solution réside dans une bonne articulation entre le niveau global et le local. Penser l’un sans l’autre me semble être une erreur.

 

6 jours passés en Arménie

Erevan a été la première étape de notre court séjour dans le Caucase, entre Arménie et Géorgie. Après un voyage de 24 heures un peu éprouvant pour sa longueur, mais finalement confortable dans les avions d’Aeroflot, nous sommes arrivés à Erevan à 1 heure du matin. Nous avions demandé à notre hôte de nous organiser un transfert depuis l’aéroport jusqu’à l’appartement car c’est un luxe appréciable de savoir que quelqu’un nous attend quand nous arrivons dans un nouveau pays, surtout quand c’est en pleine nuit.

Les bagages récupérés, nous nous sommes dirigés vers la sortie. Nous attendait un homme pas très rassurant de prime à bord, trapu, les cheveux presque rasés, avec des tatouages sur tout le corps jusqu’au visage. Il était accompagné d’un acolyte, grand et mince. Les deux, ensemble, donnaient l’impression d’être des hommes de main de la mafia locale. En fait, le premier était notre hôte, Eric. Il nous a accueillis avec le sourire et nous a mis à l’aise tout de suite. Après 20 minutes de route, nous avons découvert le superbe appartement où nous allions loger, nous sommes allés au supermarché en bas de l’immeuble (ouvert 24h sur 24) pour acheter quelques boissons et de quoi faire un petit-déjeuner le lendemain et puis, à notre grand soulagement, nous nous sommes allongés pour profiter d’un sommeil réparateur.

Le lendemain en nous levant, nous avons découvert la superbe vue sur la cathédrale Saint-Grégoire, située à 50 m de l’immeuble. Le temps était ensoleillé. Notre façade étant exposée à l’ouest, la cathédrale était illuminée de la douce lumière matinale. Derrière elle, un large panorama de la ville en terrasse d’Erevan s’offrait à nos yeux. Et au fond, nous apercevions le mont Aragats enneigé (4090 m). Erevan se situe elle-même à peu près à 1000 m d’altitude. Notre appartement était magnifique, bien équipé et nous bénéficions d’un support permanent du staff de l’immeuble : une jeune fille présente toute la journée pour nous donner des conseils, Eric qui passait de temps en temps, les gardiens en bas de l’immeuble. Tous étaient souriants, sympathiques et dévoués.

Malheureusement, ce sont à peu près les seules personnes sympathiques que nous ayons rencontrées durant notre séjour. Je me rappelle encore de trois dames souriantes à l’accueil du musée de l’Arménie et encore une autre à l’entrée du mémorial du génocide arménien. Et voilà, c’est à peu près tout. Pour le reste, je ne me pas rappelle pas d’avoir été dans un lieu avec une telle impression désagréable d’être persona non grata. Dans la rue, dans les supermarchés, à l’entrée des musées, dans les églises, au restaurant, dans les transports, les gens nous toisaient avec des regards scrutateurs et ouvertement hostiles. Répondre à ces regards noirs par des sourires ne changeaient en rien leur attitude. Même les filles s’en sont rendues compte. Pas de sourire, mais pas de « bonjour », de « merci », ni de quelque mot que ce soit, juste une attitude glaciale. Quelle en est la raison? J’avoue l’ignorer totalement. Pourtant, partout la relation forte entre l’Arménie et la France est vantée. Charles Aznavour, le franco-arménien, est un héros national. J’ai pensé un temps que c’était leur façon d’être y compris entre eux. Mais au bout du compte, je pense qu’il y a autre chose. Est-ce une fermeture de principe à tout ce qui vient de l’étranger et aux touristes? Est-ce une souffrance par rapport à leur histoire dont ils n’arrivent pas à se départir? Est-ce de la jalousie? Cela reste un mystère à mes yeux. J’ai beaucoup aimé la ville d’Erevan et la campagne alentour que nous avons eu l’occasion de visiter en voiture. Mais cette attitude des arméniens nous a un peu gâché le plaisir. Je me rends compte qu’en écrivant ces lignes, je peux blesser certaines personnes qui les liront. Je m’en excuse par avance auprès d’elles. Malheureusement, la sincérité de ce que j’écris est réelle. Et cela m’attriste.

Evidemment, après le Japon où les gens étaient aussi aimables et souriants, cela a été un choc. Mais nous avons fait contre mauvaise fortune bon coeur, en nous intéressant à la ville et au pays. Heureusement, en rentrant de nos escapades nous retrouvions le staff charmant de l’immeuble ainsi que notre très bel appartement.

La ville n’est pas très grande. Nous avons emprunté plusieurs fois le métro pour nous rapprocher des centres d’intérêts, situés à une ou deux stations de chez nous. Le métro date de l’époque soviétique. Il ressemble dans sa conception aux métros de Moscou et Saint-Pétersbourg, mais en beaucoup moins luxueux. Sa construction a été terminée dans les années 80. Mais, il semble avoir été construit au début du siècle dernier tant il est vétuste, bruyant, humide. Les filles riaient beaucoup avec les escalators extrêmement rapides, les plus rapides que je n’ai jamais vus.


Vue sur la cathédrale Saint-Grégoire depuis notre appartement, matin


Vue sur la cathédrale Saint-Grégoire depuis notre appartement, début d’après-midi

 

You know what ? On rentre dans une semaine… les impressions.

 

A l’heure où j’écris, il ne nous reste même pas une semaine à vrai dire 😉

Cette année est passée à la fois très vite et nous a permis de voir tant de choses… Je vois déjà fuser les questions telles que « quelle est votre destination favorite ? » et « celle des enfants ? ».

Je ne peux répondre pour tout le monde mais en ce qui me concerne, le Japon tient réellement le haut du pavé, et en même temps, c’était la destination que j’attendais de découvrir avec le plus d’impatience ! Il y a donc des destinations qui tiennent leurs promesses et d’autres qui, pour des raisons diverses, nous ont laissés un peu plus mitigés. Mais tout de même, si c’était à refaire – et croyez-moi, ce n’est pas pour tout de suite, je ne suis pas prête – on le ferait exactement de la même manière.

Tous ces souvenirs que nous nous sommes créés tous les quatre, et puis cette joie de pouvoir vivre cette superbe aventure en famille ! Je constate déjà à quel point les filles ont grandi, et pas que physiquement 🙂 Elles ont, je pense, pris conscience de la chance qu’elles ont de vivre dans un pays tel que le nôtre, et surtout elles ont beaucoup appris des autres cultures et des personnes que nous avons croisées tout au long de ce voyage.

Nous avons des tas d’anecdotes que nous pourrons partager lors des longues soirées d’hiver, ça c’est sûr ! Ce voyage nous aura tous profondément marqués, et ce de différentes manières.

Mais bon, je ne vous fait pas languir plus et vous donne mon « top 5 destinations ». Encore un mot avant le top 5 pour le Canada et le Brésil qui sont hors catégorie à mes yeux car nous y avons reçu un accueil exceptionnel par la famille… et puis, la baie de Rio, quoi! (ceux qui savent, savent…).

Bon voici, donc, le top 5 :

  • le Japon, donc, comme vous l’aurez compris 😉
  • Le Pérou et le Machupichu parce que c’est vraiment magique !
  • Le Mexique, qui nous a tous enchantés
  • L’Argentine et plus particulièrement la Patagonie (je pense que Jacques et Diana ne me contrediront pas 😉
  • Et puis, je la place en 5ème position mais ce classement n’est pas à prendre par ordre de préférence : l’Amérique et ses parcs fabuleux, la Californie… bref, c’était génial !

C’est quand-même difficile de se contenter d’un « top 5 » parce que je ne peux évoquer les temples d’Angkor Vat, la Thaïlande et ses paysages magnifiques, la Polynésie française et Bora Bora, le Vietnam, la découverte de Taïwan, et enfin le désert d’Atacama au Chili qui est tout simplement incroyable… pfiou, je m’égare, je vais finir par vous dire que j’ai tout aimé. Et vous savez quoi ? C’est vrai !

Pour clore ce dernier post, je vous laisse méditer sur ces quelques citations sur le voyage:

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »
Nicolas Bouvier

« Le voyage apprend la tolérance. »
 B Disraeli

« Le voyage est un retour vers l’essentiel. »
Proverbe tibétain

« On ne voyage pas si on ne rêve pas le voyage qu’on fait. Je ne parle pas du rêve qui endort, mais de celui qui réveille, en nage, à la gorge, l’hirsute, le traviole, le pas racontable, le si beau qu’on arrête de vieillir. »
Daniel Mermet

« Et il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses. »
Milan Kundera

Et voilà, à bientôt donc pour un nouveau chapitre, tchuss 🙂

 

Impressions sur le Japon

Nous avons eu l’impression que les 5 semaines de notre séjour au Japon étaient passées très vite. Dès notre arrivée à Osaka, nous nous sommes sentis bien. Contrairement à ce que j’avais craint, il est facile de séjourner au pays du soleil levant. Bien sûr la connaissance de l’anglais est assez peu répandue dans la population. Mais dans les transports et sur les lieux touristiques les instructions sont presque toujours écrites en anglais, et, les personnes en charge de l’accueil connaissent généralement les quelques mots d’anglais nécessaires pour se faire comprendre. Si la barrière de la langue est indéniable, nous avons souvent rencontré des gens qui passaient outre cette difficulté et cherchaient malgré tout à communiquer. Partout, nous avons rencontré des gens bienveillants, souriants et heureux d’accueillir des touristes venus visiter leur pays. Les japonais sont aidants. En 35 jours, je ne me rappelle pas d’un seul contact déplaisant ou froid. Evidemment, dans les grandes villes, notamment à Tokyo, la multitude fait que les gens se croisent un peu comme des robots. Mais même dans ces lieux surpeuplés, il y a toujours beaucoup de civilité dans les comportements. Il ne s’agit pas là de détails, mais de choses fondamentales qui fondent les bases de la société. Respect, dignité, élégance.

Ceci étant, la perception que l’on peut avoir en tant que touriste ne suffit probablement pas à comprendre le pays dans sa complexité. Les personnes qui ont vécu au Japon disent généralement qu’il est difficile de s’intégrer réellement. Sans doute est-ce lié à la situation géographique et à l’histoire du pays? Nous avons constaté lors de notre séjour à quel point, les japonais étaient soucieux de préserver leurs traditions, leurs spécificités culturelles. J’ai ressenti comme une volonté de se protéger d’un monde extérieur (voire d’un futur) potentiellement dangereux car susceptible de menacer une certaine harmonie.

Le Japon serait le pays au Monde avec le taux de criminalité le plus bas. La violence est rare. De fait, je ne me suis jamais senti autant en sécurité. Mais cela ne signifie pas que la société japonaise est douce pour tout le monde. Je pense, au contraire, que la reconstruction s’étant faite à marche forcée dans une logique très libérale, l’individu est souvent confronté à une violence émanant de la société. J’ai été impressionné de voir autant de gens semblant épuisés au point de s’endormir dans les transports. C’est un phénomène généralisé. Et puis, il y a surtout ces personnes dont on pourrait supposer qu’elles ont atteint l’âge de la retraite, mais qui continuent à travailler, souvent dans des petits emplois tels que le nettoyage ou le gardiennage. Il semble même que le pays enregistre une croissance des petits délits perpétrés par des personnes âgées, tels que le vol. Au sujet des personnes âgées, une chose nous a choqués qui vient nuancer mes propos du premier paragraphe : dans les transports, il est très rare que les plus jeunes se lèvent pour laisser la place aux anciens. Quand nous l’avons fait, nous avons souvent suscité de la surprise. A mes yeux, c’est un petit signe supplémentaire de la dureté de la société.

Malgré ces réserves, le Japon est un pays admirable par sa force collective, sa capacité à avancer et à dépasser les tragédies nationales. J’ai été émerveillé par le patrimoine. Mes plus beaux souvenirs resteront, sans doute, le château d’Osaka, le parc de Nara et la ville de Kyoto dans son ensemble. Tokyo est une très belle ville qui est incontournable si on visite le Japon, mais elle ne m’a pas touché avec la même force que ces autres lieux. Comme nous avions fait le choix de ne pas louer de voiture, nous avons découvert le Japon urbain. Dans l’ensemble, les villes sont surprenantes de calme et de sérénité. Il existe de nombreux parcs qui constituent des lieux de retraite féériques même dans le plein coeur de Tokyo. Malheureusement, le temps ne nous a pas permis de faire une escapade au Mont Fuji. Ca sera pour une prochaine fois…

Découvrir le Japon des campagnes, voir le Mont Fuji, retrouver la délicieuse ambiance japonaise et les sourires bienveillants des japonais sont autant de raisons qui alimentent une envie de revenir.

 

Le Japon

J’imaginais le Japon comme l’un des moments phares de notre tour du Monde. Avec la suppression de la Chine et de la Russie de notre programme, nous avons d’ailleurs allongé la durée de notre séjour au Japon à 35 jours. Avec les Etats-Unis, ce sera donc le pays où nous serons restés le plus longtemps. Nous avons beaucoup hésité sur le contenu de notre voyage, nous interrogeant, en particulier, sur les moyens de locomotion et, par voie de conséquence, sur les lieux à visiter. Longtemps, j’avais envisagé des périodes avec une voiture de location pour faire des circuits autour de Kyoto et de Tokyo. Mais les personnes qui sont déjà allées au Japon ont plutôt eu tendance à nous dire que conduire au Japon n’était pas si simple, à cause des embouteillages en ville et des difficultés pour se garer, ou même des difficultés pour comprendre les instructions données sur la route. A l’inverse, la plupart nous ont dit que le réseau de chemin de fer était performant avec des trains agréables. Considérant que la voiture de location, qui représente un surcoût, ne nous apportait pas d’avantage décisif, nous avons choisi de nous déplacer uniquement en train et métro. Par ailleurs, étant donné que nous sommes en fin de voyage, nous avions envie de ralentir un peu le rythme et de passer moins de temps dans les transports. Du coup, choisir le train nous a conduit à réduire le nombre d’étapes et à allonger le temps passé dans chaque lieu. L’idée est de se choisir des lieux de vie agréables et de rayonner à partir de ces lieux. Notre programme prévoit ainsi 4 étapes : Osaka (7 nuits), Nara (3 nuits), Kyoto (11 nuits), Tokyo (14 nuits). Je craignais tout de même que certaines étapes fussent trop longues. A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes déjà à Kyoto. Nous ne voyons pas passer le temps! Nous sommes conquis par le Japon. Les gens sont tellement gentils! Le pays est si différent de ce que nous avons vu jusqu’à présent! Il y a tellement de choses à voir! Finalement, la semaine à Osaka ne nous a permis de voir qu’une partie de la ville, alors que j’avais prévu que nous ferions quelques excursions dans les villes voisines de Kobe ou d’Himeji. De même, à Nara, nous aurions pu passer le double de temps sans nous ennuyer. Et pour ce qui est de Kyoto, où nous sommes depuis 3 jours, je me suis rendu compte que nous devions faire des choix car nos 10 jours nous permettraient de voir qu’une partie des merveilles de la ville. Jusqu’à présent nous avons également eu de la chance avec le temps. Nous n’avons pratiquement pas eu de pluie. Les températures sont agréables sans être excessives. Que du bonheur!