Shizhuo

Après notre séjour à Tainan, nous sommes partis en direction des montagnes du centre de Taïwan. La région centrale offre de nombreuses possibilités de randonnées pour tous les niveaux. Nous avons choisi de passer deux nuits en montagne dans les environs d’Alishan, réputée pour ses paysages et ses randonnées en forêt. Les taïwanais affectionnent particulièrement cette région et les prix des hébergements sont très élevés. Le meilleur compromis que j’ai trouvé en matière de logement, était une chambre d’hôtes avec deux lits doubles, situés à environ 1 heure de route du parc national de la forêt d’Alishan, dans le petit village de Shizhuo (environ 1.500 m d’altitude). Malgré l’éloignement et la simplicité du logement, nous avons payé 101€ la nuit (le logement le plus cher à Taïwan, à l’exception de l’hôtel de luxe dans le centre de Kaohsiung). Ceci étant, nos hôtes étaient très sympathiques.

Le jour où nous sommes arrivés, il y avait un épais brouillard. Je voyais à peine à 10 mètres. Les derniers kilomètres en lacets avec une pente très raide et une si faible visibilité furent particulièrement pénibles. Nous fûmes heureux, moi le premier, d’arriver à la maison d’hôtes. Evidemment, dans ces conditions, nous ne pouvions profiter de la vue sur la montagne, vantée par la maison d’hôtes. Quand l’heure du dîner fut arrivée, nous prîmes la voiture pour nous rapprocher du centre du village. Nous espérions trouver un restaurant. Le brouillard était toujours épais. Je conduisais à moins de 20 kilomètres/heure tant la visibilité était faible. Je pense n’avoir jamais conduit dans de telles conditions auparavant. Heureusement, nous avions seulement 2 ou 3 kilomètres à faire pour rejoindre le village. En arrivant, nous fûmes déçus car nous fûmes dans l’incapacité d’identifier un restaurant ouvert, susceptible de nous accueillir. Nous voyions bien quelques personnes attablées en train de manger, mais nous ignorions s’il s’agissait de cantines privées ou de restaurants. Nous décidâmes finalement d’acheter un plat dans la supérette du coin, qui disposait d’un coin restaurant avec deux petites tables.

Le lendemain, nous visitâmes le parc national de la forêt d’Alishan, à une heure de route de notre logement. Le temps était un peu plus dégagé mais plutôt pluvieux. Heureusement, durant notre promenade en forêt, la pluie cessa.

Le jour où nous avons quitté Shizhuo, les nuages étaient remontés plus haut sur les montagnes et les rayons du soleil perçaient entre les nuages. Nous pûmes découvrir les paysages alentour et notamment les grands champs de théiers, organisés en terrasses. Nous découvrîmes également un impressionnant temple taoïste, à seulement une centaine de mètres de la maison.



 

Musée Chimei, Tainan

Nous n’avions pas prévu de visiter ce musée qui est à peine mentionné par le guide touristique Lonely Planet. Mais la pluie tombant en continue, nous avons recherché une activité pouvant se faire en intérieur. Ce musée semblait parfaitement convenir à l’occasion.

Nous avons été surpris, à la fois par la splendeur du bâtiment néo-classique et la qualité des collections qu’il abrite. Chimei est un musée privé qui a été créé en 1992. A l’image des musées victoriens, il est organisé en galeries consacrées à des thèmes variés : les espèces et leur évolution ; les armes depuis l’antiquité, en Europe et dans le reste du Monde ; la peinture européenne avec de nombreuses oeuvres de grands maîtres ; la sculpture ; les instruments de musique. Enfin, le musée présente des expositions temporaires dédiées à l’art moderne. Vu la taille du musée, il n’était pas possible de tout voir en une seule visite. Nous avons choisi trois galeries : celle consacrée aux armes car elle disposait d’une collection d’armures de samouraï, la galerie sur les espèces et celle dédiée à la peinture européenne. Enfin, nous avons visité l’exposition temporaire qui portait sur l’hyperréalisme à Taïwan. C’est l’exposition que j’ai préférée! Malheureusement, vous ne verrez pas de photos de l’intérieur, car elles étaient interdites.

Le dernier jour, avant de quitter la ville, le temps était plus clément. Nous nous sommes promenés dans les très beaux jardins du musée. Les lieux étaient déserts car c’était le jour de fermeture du musée.

 

Promenade dans Tainan

Durant les deux jours que nous avons passés à Tainan, le temps était gris et même souvent pluvieux. L’hôtel où nous avons dormi nous a beaucoup déçu car les photos de Booking étaient trompeuses. La ville nous est apparue triste et moins riche que sa voisine du sud (moins riche au sens littéral). Elise qui fêtait son anniversaire était déçue de ce contexte. Néanmoins, nous avons eu l’occasion de faire une promenade plaisante dans le centre historique de Tainan. Et nous avons découvert un très beau musée, à l’image de la grandeur passée de la ville. Voici quelques photos de notre promenade dans la ville. Dans l’article suivant, vous verrez quelques photos des extérieurs du musée.


Le temple du vent


On trouve dans le centre historique de nombreuses échoppes qui proposent une cuisine de rue


La rue Shennong


Temple du Grand Mazu


Temple du Dieu de la guerre


Fort Provintia, emplacement du fort néerlandais, reconverti en temple pour le Dieu de l’enseignement

 

Tainan (台南)

Tainan est une ville de près de 800.000 habitants, située à une heure de route au nord de Kaohsiung.

La ville a été fondée en 1624 par la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, sous le nom de fort Zeelandia. En 1662, après un siège de 9 mois contre fort Zeelandia, le général Zheng Chenggong obtient la reddition des néerlandais, mettant fin à leur domination de 38 ans sur l’île. Fort Zeelandia est rebaptisé Anping. Lorsqu’en 1681, les chinois assujettissent l’île, ils rattachent Taïwan à la province de Funan, changent de nouveau le nom de la ville en Taïwan-fu et en font la capitale de l’île. La ville se développe fortement dans les deux siècles suivants et restera capitale jusqu’en 1885, année où le centre administratif de l’île est déplacé plus au nord, à Toatun (aujourd’hui Taichung). En 1885, la ville change de nouveau de nom pour s’appeler Tainan.

La guerre sino-japonaise de 1895 voit la défaite de la Chine qui est contrainte de céder Taïwan à la Chine. Après le départ des chinois et avant l’arrivée des japonais, les taïwanais tentent de proclamer leur indépendance en créant la République de Formose depuis Tainan, en mai 1895. Le 21 octobre, les troupes japonaises entrent dans Tainan et reprennent le contrôle de la ville.

En 1904, avec 50.000 habitants, Tainan est encore la ville la plus peuplée de Taïwan. Après la seconde guerre mondiale, Tainan perd jusqu’à sa position dominante dans le sud de l’île au profit de Kaohsiung qui connaît un fort développement économique grâce à son port.

 

Lotus pond, Kaohsiung

Avant de quitter Kaohsiung et de prendre la route pour la ville voisine de Tainan, nous avons fait une promenade autour du plan d’eau baptisé « Lotus pond (蓮池潭) ». Le tour du lac fait environ 3 km et regroupe de nombreux lieux de culte plus ou moins kitsch. Nous avions revêtu nos vestes à capuche car il pleuvinait.


Fleur de lotus


Statue monumentale au sommet d’un temple taoïste


Temple de Confucius


Statue monumentale du temple Zuoying Yuandi


Temple taoïste


Le comble du kitsch avec des statues devant les pavillons du printemps et de l’automne


Pavillon Wuliting, sur le lac


Les pagodes du dragon et du tigre

 

Arrivée à Kaohsiung (高雄)

Taitung, sur la côte est, et, Kaohsiung, sur la côte ouest, sont distantes d’environ 80 km à vol d’oiseau. Mais par la route, la distance est d’environ 170 km. La route contourne les monts les plus élevés de la chaîne de montagne par le sud. Elle est faite de nombreux lacets. Il faut trois heures et demie de conduite pour boucler le trajet. Nous sommes arrivés à Kaohsiung en début d’après-midi.

Nous avions choisi un hôtel avec parking et près d’une station de métro pour pouvoir circuler sans la voiture le temps de notre court séjour (2 nuits). Kaohsiung est la deuxième ville du pays.

Elle compte près de 3 millions d’habitants. C’est aussi le premier port industriel de Taïwan. C’est une ville dynamique sur le plan économique. Elle est reliée à Taipei par un train à grande vitesse depuis 2007. Son métro très moderne a ouvert en 2008 et compte aujourd’hui 3 lignes.