Toji, Kyoto

Le temple bouddhiste Toji se situait à 10 minutes de marche de notre appartement. C’est donc naturellement le premier site que nous avons visité à Kyoto. Le temple comprend une pagode en bois à 5 niveaux, mesurant 57 mètres de haut. Il s’agit de la plus haute structure en bois du Japon. Elle fut construite initialement en 796. Un incendie la détruisit en 1486 et elle fut reconstruite sous le règne du shogun Iemitsu Tokugawa en 1643 (période Edo). Le site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, contient plusieurs autres bâtiments abritant de très belles statues en bois de Bouddha (mais vous n’en verrez pas de photos car elles étaient interdites).

Je profite de cet article pour souligner que le fait de reconstruire à l’identique, idéalement avec les mêmes matériaux, mais parfois avec d’autres, est une tradition qui ne soulève aucun débat au Japon. Contrairement aux idées qui dominent en France en matière de gestion du patrimoine, ce qui est important pour les japonais, ce n’est pas tant la préservation de la structure et des matériaux d’origine mais la perpétuation de l’apparence originelle. C’est quelque chose que nous avons pu observer dans d’autres pays d’Asie, notamment au Cambodge (Angkor) ou au Vietnam (palais impérial de Hué). On pourrait citer des exemples plus proches de nous : la reconstruction des palais en Allemagne ou en Russie à la suite de la seconde guerre mondiale. En France, nous sommes généralement très réticents à la reconstruction de monuments classés. Je comprends la volonté de ne pas altérer un matériau utile aux historiens. Mais je trouve que cette position est parfois excessive. Dans la querelle entre partisans de la reconstruction et partisans de la conservation, j’ai plutôt tendance à me classer dans la première catégorie. Vouloir conserver dans un état figé me semble vain car l’Histoire est faite de construction, destruction, transformation, reconstruction… S’opposer à la reconstruction quand elle est raisonnée (et financée!) c’est, me semble-t’il, se priver de la chance de donner une nouvelle vie à un monument et, au contraire, courir le risque de l’amener à mourir doucement par désintérêt du public. Evidemment, vos commentaires et vos avis sont les bienvenus…